Au sujet du livre : Cher corps, petit salopard de Zoé Vintimille
Avec une écriture aussi ardente que précise, Zoé Vintimille a su décrire une expérience personnelle du rapport au monde d’une grande profondeur. C’était ainsi le cas dans Ceci n’est pas un roman érotique (2023) et deux ans plus tard l’autrice revient avec un récit autobiographique d’une année déterminante, puisqu’elle vit successivement une relation amoureuse intense et découvre qu’elle porte un cancer du sein. L’introspection qu’elle propose ici est d’une densité vertigineuse quant à la réflexion suivie pour comprendre intimement et sans tabou la réalité de la maladie et l’isolement d’une femme. Le fil chronologique avec chaque chapitre associé à un mois, inscrit pas à pas l’appréhension de l’héroïne dans ses désirs avec les ressources de son époque et à travers ses propres élans à faire face à l’adversité.
Le passé s’invite également au présent ainsi que la dynamique de travail sur un tournage de film essentielle pour stimuler sa propre vitalité. Les relations aux hommes sont analysées avec finesse de manière non univoque afin de rappeler la diversité toujours ressourçante de la manière d’embrasser la vie et de découvrir une inscription sociale au monde, avec tendresse, bienveillance et douceur, qui n’exclut jamais la conscience d’un monde fracturé durant le génocide à Gaza de l’année 2024 où le récit s’installe.
Un livre inoubliablement profond qui peut être considéré comme le double féminin du film Nino (2025) de Pauline Loquès.
Cher corps, petit salopard
de Zoé Vintimille
Nombre de pages : 147
Format : 12,20 x 18,80 x 1,30 cm
Date de sortie (France) : 6 mars 2025
Éditeur : La Musardine