liken
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

Bifurquons ensemble !

Suivi par 22 abonnés

Billet de blog 22 juin 2022

Bifurquer : le design au service du vivant

15 ans d'évolution pour dériver les principes du design graphique vers une activité pleine de sens en faveur du vivant. La condition : aligner son activité professionnelle avec ses convictions, l'orchestrer au croisement des chemins entre nécessité économique et actions bénévoles : une alchimie alliant pour ma part, l'art, le végétal, le design graphique et l'ingénierie pédagogique.

liken
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bifurcation : ce terme m’a parlé immédiatement et m’a renvoyé quelques années en arrière, une quinzaine, où j’ai compris que mon métier de graphiste communiquant pouvait être sorti des standards qui veulent que la plupart des moyens mis en œuvre ont pour but essentiel de pousser à la consommation. Je ne suis pas ingénieur malgré mes 5 ans d’études en design, je n’ai pas fondé une grande entreprise, j’ai travaillé pour tout type de structures et mis mes compétences de designer au service du marketing, du merchandising… mais voilà maintenant 20 annnées que j’ai pris conscience de l’importance de la sauvegarde des écosystèmes, et disons 5 ans que ma bifurcation a pris la tournure qui donne enfin du sens à ma vie (professionnellement parlant).
Au delà de mon engagement pour l’environnement, j’ai pensé très vite que le marketing pouvait être inversé et mis au service du vivant. La communication peut tout à fait promouvoir des structures « vertueuses » et permettre une sensibilisation continue des acteurs usant de procédés consuméristes. Je pourrais énumérer plusieurs classiques des actions à mettre en place mais là n’est pas le sujet. J’ai évolué dans mon mode de pensée pendant une quinzaine d’année pour aboutir aujourd’hui à une dynamique cohérente qui pourrait entrer dans une notion de décroissance économique permettant un confort de vie tout à fait correct. Je me suis donné les moyens de gagner moins pour vivre mieux.

Parmi les paramètres essentiels, le premier consiste à accepter que le bonheur n’est pas une question d’accumulation d’argent et qu’atteindre un niveau de salaire correct (2000/2500 euros) est très largement suffisant pour vivre en famille. Cela implique donc qu’en limitant une ambition de gain économique, en se limitant à l’essentiel, on peut dégager du temps qui se construit ainsi : 1/3 au travail, 1/3 associatif, 1/3 famille et amis, l’ensemble tendant à se fondre pour créer un tout assez harmonieux.
Le deuxième point, c’est d’appliquer ma compétence de designer au profit de structures environnementales. Je travaille depuis 15 ans et encore aujourd’hui essentiellement au développement d’outils pédagogiques de sensibilisation écologiques pour diverses structures liées de prêt ou de loin aux problématiques environnementales. C’est donc une orientation choisie de travailler dans ce sens.
Le troisième, c’est de savoir quoi faire de mon temps associatif, de ce temps de bénévolat. Et c’est là que tout prend forme. J’ai structuré il y a 6 ans une association qui avait pour objectif de créer du lien entre les gens autour de valeurs environnementales. Je passe les détails de cette évolution et je veux juste préciser que toutes les actions menées ont un caractère participatif et écocitoyen. L’art, le land art, le street art ont servi de moyen pour faire parler les gens entre eux autour du thème de la Nature. Ça fonctionne très bien !

Depuis 3 ans, nous œuvrons à des projets de végétalisation urbaine toujours en mode écocitoyen et participatif. Parmi les végétaux, l'arbre est un être qui évolue en améliorant continuellement son écosystème. C'est un sujet idéal et passionnant pour développer des actions de sensibilisation autour d'une grande variété de thématiques, techniques ou/et sensibles. 

Étant designer et pour accompagner cette mutation, je me suis formé au métier d’éco paysagiste qui finalement, est un autre modèle pour explorer sa créativité mais autour du vivant. Cette formation m’a renforcé techniquement dans ces initiatives d’afforestation urbaine et l’association agglomère plusieurs compétences liées à l’éducation, la pédagogie, l’arboristerie, la rénovation des sols, l’artisanat local sur la base de la récupération de matériaux, etc.
En seulement 3 ans, à une dizaine de personne et des centaines de citoyens de tout âge, dans le Béarn, nous avons planté plus de 8000 arbres, créé des haies fruitières, développé des outils pédagogiques basé sur la plantation de mini bosquet au sein d’écoles, accompagné des services techniques pour évoluer dans leurs pratiques, sensibiliser des centaines d’enfants en intervenants dans les écoles, créé des outils graphiques plutôt fun pour tenter de rendre l’agroforesterie un peu sexy ;).

Nous développons aujourd’hui une pépinière citoyenne qui a pour objectif de générer notre propre approvisionnement en végétaux afin de limiter notre dépendance aux subventions qui du jour au lendemain, peuvent vous rendre totalement dépendant d’un système politique au point de devoir mendier pour survivre. Hors de question.
Cette histoire est plus complexe mais j’ai essayé en quelque signes de résumer 15 ans d’évolution vers un modèle à cheval entre capitalisme et bénévolat, l’ensemble axé sur l’environnement, la transmission, la formation continu et l’autocritique, la remise en question perpétuelle et l’entraide, la convivialité.
Il ne faut pas lésiner sur les heures et cela demande beaucoup d’investissement en temps. Mais quel bonheur que d’être vraiment fier de ce qu’on réalise et d’œuvrer pour les générations futures.

Si parfois j’ai l’impression d’être un peu seul et mettre des coups d’épées dans l’eau, le fait d’être en association avec des membres en parfaite adéquation philosophique est un véritable soutien et une source de motivation pour ne rien lâcher.

Le rôle de ma famille est aussi primordial, celle-ci étant la condition sine qua non pour pouvoir s'investir autant et un soutien moral de première importance.  Tou-te-s ensemble, nous nous rappelons aussi que partout dans le monde, d’autres font de même. Nous ne sommes pas seuls et c’est très important de ce relier à cette idée.
Merci d’avoir lu jusqu’ici.

Bonne journée

-___-

L'arbre essentiel à la vie.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Médias
La redevance sabordée, l’information en danger
Emmanuel Macron l’a décidé presque seul : l’audiovisuel public sera privé dès cette année des 3,2 milliards d’euros que lui rapporte cette ressource prélevée depuis 1948. Au nom du « pouvoir d’achat », le gouvernement s’apprête à faire peser de lourdes menaces sur les médias publics.
par Dan Israel
Journal
Outre-Manche, la BBC dans le collimateur du gouvernement
L’exécutif britannique veut changer le mode de financement du groupe audiovisuel public pour des raisons économiques et électoralistes. En janvier dernier, la ministre de la culture, Nadine Dorries, a expliqué vouloir mettre fin à la redevance, un système de financement qu’elle juge « obsolète ».
par Marie Billon
Journal — Gauche(s)
Le conflit russo-ukrainien divise la gauche anti-guerre
La cohérence du camp anti-impérialiste, a priori uni par son rejet des blocs militaires, a été mise à l’épreuve par l’invasion de l’Ukraine. Certains refusent les livraisons d’armes, craignant l’engrenage d’un conflit interimpérialiste, tandis que d’autres estiment incontournable cette solidarité. 
par Fabien Escalona
Journal
Yaël Braun-Pivet, première femme au perchoir
La députée des Yvelines succède à Richard Ferrand au terme de deux tours de scrutin. Un poste qu’elle convoitait depuis de nombreux mois. 
par Christophe Gueugneau et Ilyes Ramdani

La sélection du Club

Billet de blog
Autorisation de l'interdiction de l'IVG aux USA, sommes nous mieux lotis en France ?
« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant ».
par bennoursahra
Billet de blog
États-Unis : le patient militantisme anti-avortement
[Rediffusion] Le droit à l'avortement n'est plus protégé constitutionnellement aux États-Unis. Comment s'explique ce retour en arrière, et que peuvent faire les militantes des droits des femmes et les démocrates ?
par marie-cecile naves
Billet de blog
Roe VS Wade, ou la nécessité de retirer le pouvoir à ceux qui nous haïssent
Comment un Etat de droit peut-il remettre en cause le droit des femmes à choisir pour elles-mêmes ? En revenant sur la décision Roe vs Wade, la Cour suprême des USA a rendu a nouveau tangible cette barrière posée entre les hommes et les femmes, et la haine qui la bâtit.
par Raphaëlle Rémy-Leleu
Billet de blog
Quel est le lien entre l’extrême droite, l’avortement et les luttes féministes ?
La fuite du projet de décision de la Cour suprême qui supprimerait le droit à l'avortement aux Etats Unis en est l'exemple. L’extrême droite d’hier comme d’aujourd’hui désire gouverner en persécutant un groupe minoritaire sur des critères raciaux pour diviser les individus entre eux. Quant aux femmes, elles sont réduites à l’état de ventres ambulants.
par Léane Alestra