Toute honte bue (2)

En octobre de l'année dernière, j'avais signalé le cas de Drita, cette jeune albanaise réfugiée, avec sa famille à Bordeaux. Où elle s'était intégrée de manière assez exceptionnelle - en servant de traductrice auprès de nombreux organismes et en créant une page Facebook pour venir en aide aux gens de la rue. Toutes les demandes de régularisation ayant échoué, Drita et sa famille devaient quitté le territoire. L'émotion suscitée par cette décision avait été grande. Un comité de soutien avait été créé, une pétition lancée (3819 signatures) et l'appui de personnalités politiques (Alain Juppé, Loïc Prudhomme) avaient obtenu que le cas de Drita soit réexaminé.

La nouvelle est tombée hier. La préfecture refuse de revenir sur sa décision et Drita et sa famille doivent quitter le territoire dans les plus brefs délais . Aucun des arguments présentés n'a été retenu ; ce qu'elle a fait n'a aucune valeur aux yeux des autorités et les craintes qu'elle a pour sa vie sont visiblement nées dans sa tête - le Préfet  balaie tout ça d'un revers de main.

Mais qu'est-ce qu'ils ont dans le coeur et dans la tête, ces gens qui tranchent ainsi de ce que va être le destin d'hommes et de femmes qui se sont tournés vers la France parce qu'ils avaient confiance en sa tradition d'accueil, d'asile, de respect des droits humains ? Pas de coeur, c'est net. Mais pas de tête non plus - dans la situation actuelle, ajouter un motif nouveau de rejeter un système qui n'est fort qu'à l'égard des faibles alors qu'il n'est pas un jour où il ne fait la preuve de sa faiblesse devant les forts, est une faute politique.

Soyez le plus nombreux possibles à manifester votre soutien ; je transmettrai vos appels au comité qui devrait se réunir aujourd'hui.

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