forte initiative des féministes bordelaises

 En cette journée du 8 mars, une belle manifestation a eu lieu à Bordeaux. Elle s'est clôturée place Stalingrad où débute l'avenue Thiers qui relie le Pont de Pierre à Cenon. Les manifestantes ont débaptisé l'avenue dédiée à celui qui fut le bourreau de la Commune de Paris et l'ont appelé avenue Louise Michel en hommage à celle qui fut une des figures féminines les plus marquantes de cette même Commune. Belle manière de commémorer le 150ème anniversaire de la Commune et de montrer que jusque dans les noms de nos rues, boulevards et avenues les noms des femmes sont d'une rareté qui en dit long sur l'état d'esprit des hommes au pouvoir.

Il est difficile voire impossible de débaptiser une rue. Je ne sais pour quelle raison. Peur de changer les habitudes des habitants ? Peur d'une valse des noms de rue au gré des changements politiques ? En tout cas les procédures administratives qui permettraient de la faire sont d'une complexité telle qu'elles découragent toute velléité de changement. A Bordeaux, le problème se pose des rues dédiées à des armateurs, à des négociants qui ont fait la richesse de la ville et la leur propre grâce à la Traite. Une solution intelligente consiste à ajouter aux plaques une courte notice biographique qui restitue la vérité historique, à organiser des parcours mémoriels - cela commence, après des années de déni et de refoulement, à se faire à l'initiative pionnière de Karfa Diallo.

Du côté de la féminisation des noms des rues, il y a encore beaucoup à faire.

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