Se passe-t-il quelque chose encore à Bordeaux ?

                                Si on en juge par le petit nombre d'articles publiés sur cette édition, il faut croire qu'il ne se passe pas grand chose dans cette bonne ville de Bordeaux. Et pourtant, Rue89Bordeaux a été remis à flot par la prise de conscience de ses lecteurs qu'ils avaient là un outil indispensable pour s'informer en dehors des ronrons habituels - c'est une heureuse surprise !

                                 Et pourtant, il y a eu un premier tour des municipales qui a vu pour la première fois depuis la Libération le maire sortant, représentant de la droite traditionnelle, ne pas être élu au premier tour. Quand se tiendra le second tour - dans un mois, dans un an...-, qui l'emportera des quatre candidats ayant dépassé les 10% et qui ont déclaré leur intention de se maintenir. On comprend les deux premiers arrivés dans un mouchoir de poche, l'héritier de Juppé, Nicolas Florian et l'écologiste Pierre Hurmic soutenu par les partis de gauche, hormis la France insoumise. On comprend moins que la liste menée par Poutou préfère faire cavalier seul au risque de voir reconduite la liste du maire sortant qui trouvera dans les électeurs de Thomas Cazenave un soutien plausible. Bon, mais tout cela appartient à un autre monde.

                                 Et pourtant, Bordeaux est sur le point de remporter le premier prix (vous savez qu'elle les collectionne) du nombre des joggers dont l'addiction est telle qu'ils ne soucient pas de souffler au visage de ceux qui auraient le malheur de les croiser tout un nuage de postillons chargés de virus - à tel point qu'il a fallu interdire l'accès aux quais. Ce qui fait évidemment pousser les hauts cris aux défenseurs inconditionnels des libertés fondamentales.

                                  Et pourtant, il fait beau à Bordeaux. Le bruit des autos a laissé la place aux chants des oiseaux, les fleurs éclatent dans les jardins publics aussi clos que les jardins privés, les abeilles et les bourdons s'en donnent à coeur joie. A regarder le ciel, on finirait par oublier les périls qui nous menacent. On peut marcher sur les trottoirs sans risquer de se faire renverser par un cycliste ou un skater. Le seul regret c'est qu'il y a toujours autant de merdes de chien puisqu'ils ne sont pas confinés - ce qui me paraît raisonnable -. et que leurs proprios en profitent pour se garder de ramasser leurs étrons.

                                 La "belle endormie", cet insupportable cliché pour journaliste en mal d'imagination, se serait-elle endormie de nouveau ? Ce serait trop triste.

 

 

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