une édition qui se meurt

                   Voici des mois que rien n'a été publié dans cette édition - par moi et par celles qui en partageaient avec moi la responsabilité . Liliane préfère son blog et la fidèle Corinne est trop prise pour y écrire ; moi-même, j'ai eu un peu de mal à supporter le sort réservé à un reportage réalisé à Bordeaux et qui a mobilisé des étudiants de l'IJBA sur les abonnés de la région - une mise aux oubliettes dont je n'ai pas compris les raisons ; et s'il y en avait de ne pas avoir été prévenu. Je trouvais indélicat que soient traités ainsi de vieux fidèles. D'excellentes raisons mais qui ont pour résultat que Bordeaux sur Gironde n'a plus rien publié depuis le mois de mars.

                  Mais, bon, cela donne à croire qu'il ne se passe rien de neuf à Bordeaux et cela est très préjudiciable à l'entretien de notre esprit critique. Je fais vite le tour de la question - et je reviendrai d'ici peu pour parler d'événements qui me paraissent porteurs d'espoir. Bordeaux est fière des milliers de touristes qui envahissent ses rues (6 millions, l'année dernière ???)- c'est sans doute pour cela qu'elle offre l'image d'une ville éventrée par les travaux qui y rendent la circulation impossible : j'avais cru comprendre que gouverner c'était prévoir - visiblement personne n'avait prévu que les chantiers partout ouverts pourraient entraîner quelques encombrements. Qu'elle offre l'image d'une ville presque aussi sale que Naples où les poubelles débordant d'immondices, les dépôts sauvages, les habituelles merdes canines s'étalent jusque au coeur du Bordeaux historique (ailleurs, ce n'est pas grave, ce sont des quartiers de pauvres) - une néo-bordelaise se consacre d'ailleurs à recenser toute cette pouagre  et les photos qu'elle publie sont édifiantes- elle a du boulot (Mélanie Lecoanet, twitter "DirtyCityBx" - dommage que le titre soit en anglais ! je préfère "pouagre", un peu vieilli, certes, mais tellement évocateur de la saleté dégoûtante qui envahit Bordeaux); une ville où les transports en commun ont adopté un horaire d'été, ce qui est assez étrange puisque c'est la saison où il y a le plus de monde ;  une ville, enfin, où se loger quand on est étudiant ou jeune couple devient impossible parce que les propriétaires préfèrent gagner plus d'argent sans payer d'impôt en s'affiliant à Airbnb - ils auraient tort de s'inquiéter, la chasse aux  fraudeurs est menée avec une lenteur de sénateur.

                  Tout cela mériterait d'être développé mais on s'endort (on nous endort) dans la touffeur de ces mois d'été, et, comme l'exemple en est donné plus haut, la seule réponse est que tout se passe très bien et si les gens ne sont pas contents, c'est qu'ils sont des malveillants qui ne comprennent pas que le pouvoir veille sur eux et décide à leur place.

                 Vivement qu'on puisse refaire un peu de politique ! J'attends vos témoignages, ô bordelais !!!!

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