Du Modem à LREM à Rennes : rétrospective 2007-2019

Petit tour d'horizon de la politique nationale telle qu'elle se pratique sur le terrain rennais : de 2007, où le Modem avait fait 25% des voix aux Présidentielles, à LREM et à sa difficile tentative d'implantation en vue des Municipales de 2020. Problématique sur le terrain d'un parti se réclamant d'un monde nouveau. Histoires, analyses, anecdotes de terrain sans prétention d'objectivité.

Acte un, 2007, Présidentielles, législatives, François Bayrou, Modem : une résurrection de la démocratie-chrétienne en Ille-et-Villaine ?

Législatives 2017 : à la suite de l'élection sans surprise d'Emmanuel Macron devant Madame le Pen, la politique nationale est vite marquée par le passage-éclair de François Bayrou au ministère de la justice. Mais revenons en 2007 : le Modem, nous le connaissons bien en Bretagne, terre modérée, de racines chrétiennes-démocrates (René Pleven, par exemple, important dans cette tradition, est né à Dinan). Aux élections présidentielles de 2007, après le score historique de François Bayrou au premier tour (18,57%), jamais les salles n'ont été aussi pleines de sympathisants qui avaient pris au premier degré son discours électoral. Mais très vite, les salles se vident, les sympathisants le deviennent de moins en moins, puis plus du tout : eux qui avaient rêvés que naisse un parti vraiment démocratique à partir de ces racines, ils se rendent compte sur le terrain que la désignation des candidats aux Législatives est décidée d'en haut, que les réseaux de notables tiennent le terrain, et ne sont pas près de le lâcher. Ils partent sans un mot : je le vois, ce sont les discours qui les font fuir, où un sénateur s'exprime des dizaines de minutes sur le candidat, puis le candidat sur le sénateur, et ainsi de suite. Quand il s'agira de renouveller les instances départementales du Modem aux élections internes ("Modem35"), les deux listes citoyennes à l'intérieur du mouvement réuniront à peine 10% des voix, Grégoire Leblond, maire de Chantepie, emportant tout sur son passage.

Mais à l'époque, la salle ne réunit plus que quelques dizaines de personnes, contre 200 ou 300 juste après les présidentielles : c'est le naufrage du Modem dans le département, ce qui n'est pas négligeable, et non seulement symboliquement.

Grégoire, réélu en 2011, quittera le Modem en septembre 2013 pour le "Mouvement centriste Force Européenne Démocrate" créé par Jean-Christophe Lagarde, porte-parole du groupe centriste Union des démocrates et indépendants à l’Assemblée nationale et député-maire de Drancy (Seine Saint-Denis). Il intégra le bureau national de ce parti dont il se déclara proche des valeurs "démocrates-chrétiennes et humanistes".

Mais revenons en 2007 : le candidat désigné par les instances du Modem dans la Troisième circonscription, Jean-Claude Pincemin, "UDF-Mouvement démocrate", recueille à peine plus de 8% des voix (alors que François Bayrou avait réuni un quart des électeurs de l'Ille-et-Villaine au premier tour des présidentielles !). Echec absolu. Sera élu le "divers gauche" Marcel Rogemont, avec près de 53% des voix. 64% de participation pour 91 000 inscrits de cette circonscription qui s'étire de l'ouest de Rennes aux lisières de la forêt de Brocéliande, mêlant urbains plutôt à gauche et des populations rurales plutôt conservatrices, mais en général modérées. Aux élections de 2013, notre cher Marcel Rogemont (que j'ai vu une fois aux voeux de notre Maire le visage couvert de fond de teint, pour bien présenter face au photographe d'Ouest France), bref, notre cher Marcel qui nous a donné quelques sous pour la rénovation de notre musée-école sur sa réserve parlementaire, notre cher Marcel ne se représente plus et est remplacé comme candidat de "gauche" par François André, socialiste "le drianesque", qui l'emporte avec près de 59% des voix contre l'éternel candidat de l'UMP. Quoi qu'il en soit, exit le Modem. Mais il reste intéressant de voir, aujourd'hui, que c'est sur la promesse d'un renouvellement profond de la vie démocratique que le Modem avait atteint, en 2017, son plus haut historique : mais, au-delà du discours, la pratique sur le terrain, de ce moment-là à l'arrivée de François Bayrou au ministère de la justice (ci-dessous) sous Emmanuel Macron a bien montré que les hommes n'avaient pas changé en profondeur.

François Bayrou, éphémère ministre de la justice, avait tweeté son désaccord avec certains journalistes. © Droits réservés François Bayrou, éphémère ministre de la justice, avait tweeté son désaccord avec certains journalistes. © Droits réservés

2012-2017 : François André, du socialisme à LREM, ou de Jean-Yves Le Drian à Jean-Yves Le Drian

François André, je le rencontre en 2014, dans le feu de l'action, pour tenter de le persuader de convaincre ses amis politiques de renoncer à l'idée ubuesqque d'implanter une stade d'athlétisme en lisière de la forêt de Brocéliande. Très vite, l'homme se défausse : la décision ne lui appartient pas, il ne peut aller contre les voeux de la Communauté de communes de Montfort-sur-Meu, du maire de Bédée, de celui de Breteuil, du bourg d'Iffendic... en fait de trois personnes, quatre au maximum, à l'origine de ce projet destructeur, d'un autre temps. La suite de cette conversation roule sur l'urbanisation des terres agricoles et naturelles : je lui dis qu'il faut tout geler, mais il me répond que c'est impossible. Puis je m'étonne poliment de le voir, lui, à la Commission de la défense. A-t-il des compétences en la matière? Il me rétorque que le jeu, justement, c'est de mettre dans ces commissions parlementaires des novices. Je n'en pense pas moins. Puis nous nous quittons, tout aussi poliment. Viendront la fin du hollandisme, le piteux retrait d'un président qui n'ose même pas se présenter, après avoir espérer cependant qu'un "trou de souris" lui permettrait de se faufiler à la tête du quinquennat à venir. Je vous ai recyclé une caricature de ce moment, mais ce que j'ai confirmé, depuis, c'est que son affreuse expression des "Sans-dents", référence aux gens qui ne peuvent se payer des prothèse dentaires puisque insuffisamment remboursées, eh bien oui il l'avait bien prononcé. Et trouvait cela très drôle. Merci à son ex-compagne de nous l'avoir dit, et redit, posant, par la seule gravité de son regard, le sérieux de son témoignage.

Le "Trou de souris" : ce n'est pas une fable, c'est l'expression qui courrait sur le seul espace qui restait à F. Hollande s'il voulait rester Président, ainsi que nous le conte RTL (voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=cSh1HxcoLfc) © Anouck Depeyrot (droit de reproduction : Pierre-Gilles Bellin) Le "Trou de souris" : ce n'est pas une fable, c'est l'expression qui courrait sur le seul espace qui restait à F. Hollande s'il voulait rester Président, ainsi que nous le conte RTL (voir ici : https://www.youtube.com/watch?v=cSh1HxcoLfc) © Anouck Depeyrot (droit de reproduction : Pierre-Gilles Bellin)

Pour ce qui est des éléctions législatives de 2017, je vous mets ce lien : "Législatives : la troisième circonscription d’Ille-et-Villaine restera-t-elle hollandiste ?" Vous y apprendrez tout des premiers et arrière-plans de cette élection. De nombreux liens sur François André ne sont plus valides, vous m'en excuserez, mais son équipe les a fait disparaître quand elle a remodelé le site. Vous verrez aussi que l'accent est beaucoup mis sur les libertés individuelles, rognées progressivement sous le coup des lois sur le renseignement, après les attentats terroristes. Vous y découvrirez l'opposition législative fragmentée que la député-vainqueur affrontait, et son adhésion renouvellée à l'homme fort de la région, Jean-Yves Le Drian, alors ministre de la Défense, aujourd'hui ministre des Affaires étrangères. Anecdote : quand il a su le ralliement de son allié à Emmanuel Macron, François Hollande lui a dit (en substance) : "Tu es fou, il va te faire descendre les marches". Pour les écologistes du département, Monsieur Le Drian restera l'homme qui a tout fait pour mettre un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, un illogisme économique puisque cela revenait à mettre un concurrent presque à un jet de pierre (aérien) de l'aéroport de Rennes (qui, depuis, se porte de mieux en mieux).

Surnommé le Menhir, Le Drian crée son mouvement, le «Breizh Lab» , pour rassembler Modem, PS, droite modérée, régionalistes, République en Marche. Soutiens : de nombreux députés macronistes, Laurence Maillard-Méhaignerie, Gwendall Rouillard, Gaël le Bohec, Bruno Joncour, Jean-Michel Jacques, Paul Molac. Surnommé le Menhir, Le Drian crée son mouvement, le «Breizh Lab» , pour rassembler Modem, PS, droite modérée, régionalistes, République en Marche. Soutiens : de nombreux députés macronistes, Laurence Maillard-Méhaignerie, Gwendall Rouillard, Gaël le Bohec, Bruno Joncour, Jean-Michel Jacques, Paul Molac.

La République en Marche, l'une des problématiques de fond

En faisant surgir d'une sorte de boîte de Pandore un mouvement "Nouveau monde", ultra-connecté aux datas du Net, avec un site inter-actif à faire pâlir d'envie, à mon avis, tous les autres partis, la République en marche s'est dotée d'un appareil logistique et numérique impressionnant qui donne à penser, pour reprendre l'expression du philosophe Paul Ricoeur (il y a une imposante école ricoeurienne à Rennes). Mais qui donne à penser quoi ? Qu'on va nous demander notre avis. Voire en tenir compte. Pour qui a déjà vu, en 2007, François Bayrou surfer sur une telle vague, la prudence interprétative (pour être à nouveau ricoeurien dans le texte et l'esprit) est de rigueur.

Mais le Mouvement, qui refuse de se dire "parti", sort de la notion d'adhésion et d'encartement pour s'ouvrir un peu à La Mélenchon à des éléments exogènes, tentant d'attraper tout, se trouve confronté à un problème de racines, d'assise sociologique hors des métropoles et des milieux qui l'ont soutenus, type cadres, bobos et chefs d'entreprises. Comment l'avons-nous vécu sur le terrain, ici, en Ille-et-Vilaine? En effet, en dépit de l'existence d'un certain nombre de groupes (la référente de LREM, Carole Gandon, qui se félicite dans Le Télégramme en 2019 que notre département soit dans le Top 10 des départements les plus actifs (voir ici), tient en tant que candidate LREM à Rennes une réunion devant 200 personnes (voir ici), puis nous explique le 8 juin 2018 dans Ouest France (voir ici) : "Le nombre d’adhérents est stable. Nous comptons 2 500 adhérents « actifs » (soit les militants qui commentent et suivent l’actualité de LREM) à échelle départementale, dont 550 mobilisés aux quatre coins de l’Ille-et-Vilaine. Un tel chiffre ne trompe pas, nous sommes la première force politique et militante du département."

Bon. Ce n'est pas du tout l'impression que j'en ai. Sur ce point, le 22 janvier 2018, je me suis présenté de mon propre chef à une réunion où étaient conviés l'ensemble des maires d'Ille-et-Vilaine, à Bruz (en périphérie de Rennes). J'ai été aimablement accueilli, non pas en tant que blogueur sur Mediapart (je n'aurais pas été accepté), mais en tant qu'ex-conseiller municipal, et animateur aux Municipales de 2014 d'une liste citoyenne qui avait reccueillie 40% des voix. Moment de flottement à mon arrivée. Carole Gandon arrive puis, fort aimablement, me laisse entrer. Je dois dire qu'ils sont très polis à En marche, très bien élevés. L'idée qui règne, à ce moment, c'est de trouver une méthode pour créer des racines territoriales au mouvement. Il est donc logique de passr par les maires du départements, et de constituer un réseau de notables (en l'occurrence) qui fait cruellement défaut. Si les députés LREM sont là, un absent de marque : François André, qui appartient au réseau Le Drian, que nous avons examiné précédemment ; sa suppléante, Claudia Rouault, n'est pas davantage présente. Et là c'est un flop. Il y a peu de maires (quand je tente de leur parler, ils m'évitent, sauf un ou deux, ex-Modem), et ils en veulent profondément à LREM de quelque chose : l'abandon du projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes. Montant au front, Carole Gandon indique alors que c'est en raison du problème sécuritaire que cette décision a été prise (l'évacuation aura bien lieu, et ne sera pas douce). Dans cette assemblée, plutôt conservatrice, qui a soutenu le projet de l'aéroport pour des raisons éminemment politiques, ça ne passe pas. Qu'on ait peur de taper sur des Zadistes, cela hérisse. Puis il y a le problème de la chute des dotations aux collectivités locales. Bref, c'est l'échec.

Mais sur la force du mouvement, je dirais : en vrai, 200 ou 300 personnes à l'échelle du département, peut-être moins, et en tout cas surtout concentrées dans la métropole rennaise. Ceux qui "agissent" sur le site, ce sont des bulles, en matière de soutien. Et plus on s'éloigne, plus il y a rien. Le discours européen, anti-nationaliste d'Emmanuel Macron passe en effet de moins en moins au fur-et-à-mesure qu'on s'enfonce vers l'ouest du département. Là-bas, pour beaucoup de gens, le grand remplacement est devenu plus qu'une légende, une réalité, quand bien même qu'il n'y ait pas un musulman à l'horizon (et quand il y en a un, tout le monde l'aime bien). Dans un bourg voisin de chez nous, il y a longtemps que le drapeau de l'Union européenne a été descendu; seule restent, fières et battantes au vent, les trois couleurs.

LREM, un mouvement-parti bien peu démocratique : ou comment gérer sur le terrain une contradiction de fond ?

L'expérience du Modem de 2007 nous montre que, sous les 200 vrais militants actifs, un rassemblement politique (quel que soit le nom qu'il se donne), ne peut se prévaloir d'une assise et d'une représentativité départementale, à moins qu'il n'ait le temps de se muer en parti de notables qui saura tenir son morceau de géographie. En pays de Brocéliande, avec une dizaine de notables très actifs, très "réseauteurs", très relationnés, disant oui à tout le monde, sans étiquettes affirmées, ou avec étiquettes fluctuantes, on tient plusieurs dizaines de milliers d'électeurs, avec le tour de force de se représenter sans opposition dans de nombreuses municipalités. Face à cela, les candidats d'opposition ne comprennent toujours pas que les élections se jouent désormais au niveau des Communautés de communes et se présentent en ordre dispersé aux Municipales. D'où la nécessité de faire alliance, dans ce contexte très contre-démocratique.

Si je mettais le doigt sur ces contradictions, bref, si je leur posais la question, comment réagiraient par exemple Carole Gandon, Florian Bachelier (député LREM d'Ille-et-Vilaine), Laurence Maillard Méhaignerie (députée LREM). Je me suis donc présenté le 16 mars 2019 à Rennes, à la Maison des association, à l'occasion du lancement des élections européennes. Présentes : une petite centaine de personnes. J'avais essayé, en vain (et j'essaierai après ce petit coup, mais en vain), d'interroger les protagonistes dans un contexte officiel de rendez-vous. Donc, comment faire quand vous n'avez jamais de réponse, d'autant que la réunion de lancement des Européennes se fait dans le seul cénacle des adhérents du Mouvement? On se présente. Et il se peut qu'on vous laisse très aimablement entrer. Ce qui s'est passé.

Je vous mets en lien le débat que j'ai pu engager. Voir ici. Une question porte directement sur le thème "LREM est-il un mouvement démocratique?" La deuxième, que j'ai laissée (quoique un peu hors propos dans notre sujet) éclaire la méthode du parti par rapport au changement climatique, posant la question des moyens financiers. Au verre de l'amitié, j'ai rejoint le groupe où se tenait Florian Bachelier, député et questeur (celui qui vérifie les comptes) à l'Assemblée nationale. Là s'est engagée la suite du débat : je lui demandé, plusieurs fois, où ils allaient trouver les fonds nécessaire à la transition écologique, avec des partenaires européens parfois réticents, mais à chaque fois il m'a parlé de négociation... à quoi je lui ai dit que pour négocier il fallait apporter quelquechose, et donc qu'apportait-il, et selon quelle trame, et selon quels rapports de force ? Ces deux monologues ont un peu continué puis, je ne sais par quel biais, nous avons reparlé de la vie démocratique du mouvement. Florian m'a alors indiqué que chacun "pouvait envoyer son CV" (donc moi), à quoi j'ai répondu que pour cela il fallait avoir connaissance avant des critères de sélection... Un silence s'est fait, tant il était évident que c'était une vue de l'esprit. Puis, soudain, un reponsable s'est porté vers moi, m'accusant de ne m'être pas inscrit, de m'être introduit sans leur accord. A quoi Florian Bachelier a aimablement indiqué que cela n'avait nulle importance. Je lui ai alors proposé une interview dans un cadre plus formel, il n'a pas écarté l'option, mais n'a jamais répondu à la proposition que je lui ferai ensuite. Dur-dur, des fois, de ne pas être Ouest France. Mais ma position, commentateur et acteur, n'est pas facile pour garantir l'objectivité.

Conclusion

2019, c'est aussi l'année des Gilets jaunes et d'une répression immense, massive, des interdictions de manifester aux provocations policières, du fichage systématique, aux écoutes systématiques et aux filatures, aboutissant à des blessures graves... La police a beau se dire victime (mais instrumentalisée certainement), je me souviens de cet épisode où, tirant sur des manifestant mal abrités, deux agents quand ils faisaient mouche commentaient calmement : "A voté", référence à la demande d'un référendum d'initiative populaire. 2019, c'est aussi l'année du Grand débat.

De 2007 à 2019, la trame que l'on observe, du Modem à LREM, c'est l'impossibilité de sortir de la politique traditionnelle. A mon sens, cette contradiction de base sape la légitimité de LREM et, au-delà, celle de la légitimité de la République. Quand Carole Gandon me dit qu'elle n'a pas de problème avec la "verticalité", que cela rend le mouvement plus "agile", je serai tenté de lui répondre : agile, pour quoi? Agile, pour qui? Agile, vraiment? Carole a eu la chance éphémère d'être cooptée, d'abord comme référente départementale, ensuite comme porte-parole de LREM, maintenant comme candidate à la mairie de Rennes. Oui, mais pourquoi, et pour quoi faire? 2007-2019, je les vois comme douze années de stagnation institutionnelle, qui ramènent à cette image de la tête fracassée de la République, quand des Gilets jaunes avaient investi l'Arc-de-Triomphe à Paris.

A ceci j'ajoute, et c'est pourquoi j'ai posé cette image à la fois en fin et en début de mon analyse, que ce questionnement politicien se fait sur fond d'une crise majeure : si cette crise interpelle les rouages institutionnels, ce désaisissement de la souveraineté populaire dont l'une des conséquences a été de porter Emmanuel Macron au pouvoir (dont la suite prouve que c'est un quiproquo), bref, ce déssaississement s'inscrit sur fond d'accélération du changement climatique. Bloqués institutionnement, par les carriérismes, nous n'avons plus d'outils de décision assez "agiles" pour réunir un consensus sur les changements rapides à conduire.

Parmi les destructions à l’intérieur de l’Arc De Triomphe en décembre 2018, la copie en plâtre d’une statue de François Rude appartenant à un ensemble nommé "Le Départ des volontaires", glorifiant les engagés de 1792 partant défendre les frontières et la Révolution française. Cette composition, dite aussi "La marseillaise", a été commandée par le roi Louis-Philippe. Louis-Philippe, monarque ambigüe, avait voulu s’approprier un symbole républicain et démocratique, avant d’être lui-même renversé p Parmi les destructions à l’intérieur de l’Arc De Triomphe en décembre 2018, la copie en plâtre d’une statue de François Rude appartenant à un ensemble nommé "Le Départ des volontaires", glorifiant les engagés de 1792 partant défendre les frontières et la Révolution française. Cette composition, dite aussi "La marseillaise", a été commandée par le roi Louis-Philippe. Louis-Philippe, monarque ambigüe, avait voulu s’approprier un symbole républicain et démocratique, avant d’être lui-même renversé p

 

 

 

 

 

Et pendant ce temps... © Getty/Shana Novak Et pendant ce temps... © Getty/Shana Novak

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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