Billet de blog 22 févr. 2012

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Tout est sous contrôle

Par Aurélie ROUSTANLe 11 mars 2012, un an après Fukushima, aura lieu de Lyon à Avignon une grande chaîne humaine, pour sortir du nucléaire. Renseignements pour rejoindre la chaîne :http://chainehumaine.org/

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Par Aurélie ROUSTAN

Le 11 mars 2012, un an après Fukushima, aura lieu de Lyon à Avignon une grande chaîne humaine, pour sortir du nucléaire. Renseignements pour rejoindre la chaîne :

http://chainehumaine.org/

Il paraîtrait qu’à la centrale de Fukushima Dai-ichi tout soit sous contrôle. C’est en tous cas le discours tenue par les autorités japonaises. Pour appuyer une telle déclaration les dirigeants japonais sont apparus, à la télévision, secondés par des spécialistes en risque sanitaire lié aux radiations tel que le Professeur Yamashita, qui n’a pas hésité à conseiller à la population de sourire pour lutter contre la radioactivité ( faits remontant à Août/Sept 2011). Ce qui voudrait dire que ceux qui ne sourient pas auraient plus de chance d’être atteint par les radiations.

Cette déclaration, visant à faire croire que la peur de la radioactivité engendre plus de malades que la radioactivité elle-même, a dû certainement rassurer les plus sceptiques et provoquer des sourires, des sourires au goût amer.

Alors se pourrait-il que tout ne soit pas sous contrôle à Fukushima Dai-ichi ?Nous pouvons sans peine imaginer qu’un accident de cette ampleur ne se règle pas en quelques mois, ni même en un an. Nous pouvons tout autant imaginer que des substances radioactives continuent à s’échapper de la centrale. (28 ruptures de tuyauterie survenues en une semaine au mois de février, à cause du froid ; la question de l’évacuation de l’eau de refroidissement ne semble pas être réglée, sans parler des matériaux contaminés par les retombées radioactives dont le gouvernement ne sait pas quoi faire, si ce n’est de les brûler et de les disperser sur tout le territoire japonais). D’un point de vue technique, la gestion de l’accident ne semble pas être sous contrôle.

D’autres problèmes viennent se greffer à ceux de la centrale. D’un coté les autorités sont incapables d’accepter la dangerosité du nucléaire, de l’autre la mafia qui possède 3% à 4% de l’industrie du bâtiment a trouvé dans la reconstruction de la zone sinistrée un moyen de faire des profits importants. Ce qui donne lieu à des scandales sanitaires comme le mélange d’aliments contaminés dans le circuit de l’alimentation non contaminée ou le relogement des sinistrés de Fukushima dans des constructions faîtes à partir de matériaux fortement radioactifs.

Ce qui est bien sous contrôle en revanche c’est la diffusion d’une réelle information.

Au Japon, il semble que l’information sur le déroulement de la gestion de la catastrophe continue à occuper les médias, même si la plupart diffusent des discours aussi nuisibles que celui du Professeur Yamashita. Il est possible de trouver, sur internet surtout, des journaux (Days Japan), des associations ( 100 femmes de Fukushima se sont mobilisées pour la Protection des Enfants contre le Rayonnement) et des témoignages d’habitants qui dénoncent le déni de l’état à reconnaître les risques sanitaires pour sa population.

En France, bizarrement, cela fait longtemps que « les grands médias », grands  par leur spectre de diffusion, n’ont pas prononcé le mot de Fukushima.Ce dont on ne parle pas n’existe pas. Y aurait-il une sorte de déni autour du risque du nucléaire en France aussi ? La question ne se pose pas. Quand le gouvernement français parle du nucléaire c’est surtout pour signaler que nos centrales peuvent durer 20 ans de plus. Par contre, quand il se produit une fuite de tritium, dans la nappe phréatique, comme dans la centrale de Civaux dans la Vienne, en janvier dernier et que le public n’en est informé que cinq jours après, de façon assez brève, il n’y a aucune réaction des autorités.

Mais l’opacité de l’information lorsqu’on aborde le sujet du nucléaire, que se soit en France ou ailleurs ne date pas de Fukushima.

Après l’accident au Japon, secouristes, pompiers, militaires, civils ont travaillé sur le site, comme l’avaient fait les « liquidateurs » à Tchernobyl pour éviter une catastrophe de plus grande ampleur, alors que les taux de radioactivités dans l’air étaient bien au-dessus des doses admissibles.

De ces personnes, nous ne savons plus rien.Les autorités ne reconnaîtront sûrement jamais ou très difficilement les décès et maladies liés à la radioactivité. Pourtant, il existe des témoignages de ses secouristes japonais, ou plutôt de leurs proches, mais pour y avoir accès, il faut aller les chercher, souvent sur internet, faire marcher les réseaux sociaux, il faut parler japonais ou anglais, ce qui rend plus difficile l’accès et la diffusion de l’information.

Car ce ne sont jamais les victimes qui possèdent les portes voix les plus puissants,malheureusement ce sont toujours les Professeurs Yamashita qui bénéficient du matériel d’amplification le plus imposant. 

Le 11 mars 2012, un an après Fukushima, aura lieu de Lyon à Avignon une grande chaine humaine, pour sortir du nucléaire. Renseignements pour rejoindre la chaine :

http://chainehumaine.org/

Voici un lien vers une chanson faite pas des musiciens japonais (Sous-titres en anglais)

Les paroles rappellent (sûrement aux membres du gouvernement) que les radiations de font pas de discrimination.

http://www.youtube.com/watch?v=mpsnXiitHv8

A.R

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