En Hongrie, des intellectuels dénoncent l'atmosphère de peur et d'autocensure

Des intellectuels hongrois de toutes tendances politiques dénoncent, dans une lettre ouverte, une « attaque tous azimuts » menée par le gouvernement de Viktor Orbán contre les universités, les médias, les instituts recherche et les théâtres.

Le groupe des Intellectuels responsables (« Felelős Értelmiség ») rassemblant des intellectuels, professeurs d’université, avocats, journalistes et artistes de toutes tendances politiques, a publié une lettre ouverte le 16 septembre dans laquelle il s’oppose formellement au gouvernement de Viktor Orbán.

Nous reproduisons leur lettre ouverte ci-dessous :

« Nous, les initiateurs du groupe « Intelligence Responsable », observons avec une inquiétude grandissante que les actions d’un gouvernement en roue libre et profitant de la situation épidémique.

Abusant de la diversion de l’attention publique, il a lancé une attaque tous azimuts contre les universités, les médias d’opposition, la recherche scientifique et les théâtres.

Son soutien inconditionnel à la vie intellectuelle basé sur le goût et la préférence politique et les pratiques de nomination par l’État dépassent toutes les normes qui caractérisent une démocratie civique. L’atmosphère de peur, la primauté absolue de la loyauté au-dessus des compétences professionnelles, le contrôle de la presse rappelant des temps anciens, la manipulation des données statistiques, et plus encore, l’autocensure, se sont généralisés.

Tandis que les projets de développement telles que la construction de Paks-2 et de la ligne de chemin de fer Budapest-Belgrade, contestés par l’OLAF et d’autres organismes indépendants, se poursuivent, malgré la crise économique, de même que le soutien non-responsable et non-transparent aux organisations transfrontalières.

L’utilisation inutile d’une rhétorique guerrière dans la situation actuelle ne fait qu’occulter le fait que les mesures économiques ne visent pas à aider ceux qui sont vraiment dans le besoin, mais à enrichir davantage les riches soudainement.

Cette situation est source de dangers évidents. Il n’est peut-être pas trop tard pour s’arrêter. »

Budapest, 16 septembre 2020.

Liste des signataires ici.

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