Un terreau pour les cinémas palestiniens

Parler de La Mémoire fertile de Michel Khleifi c’est un peu revenir aux sources du cinéma palestinien qui s’illustre actuellement à travers les regards des cinéastes singuliers et aussi distincts que Hany Abu-Assad, Elia Suleiman ou plus récemment Arab Abu Nasser et Tarzan Abu Nasser avec leur film Dégradé.

"La Mémoire fertile" de Michel Khleifi © Les Films du Paradoxe "La Mémoire fertile" de Michel Khleifi © Les Films du Paradoxe

À propos du DVD : La Mémoire fertile de Michel Khleifi

Parler de La Mémoire fertile de Michel Khleifi c’est un peu revenir aux sources du cinéma palestinien qui s’illustre actuellement à travers les regards des cinéastes singuliers et aussi distincts que Hany Abu-Assad, Elia Suleiman ou plus récemment Arab Abu Nasser et Tarzan Abu Nasser avec leur film Dégradé. Michel Khleifi avec ce premier long métrage participe à la construction d’un cinéma aussi engagé dans la réflexion du devenir et de l’actualité de ce que signifie être palestinien, que dans la forme cinématographique pour l’exprimer. On lui doit ainsi Ma'loul fête sa destruction (1985), Noce en Galilée (1987), Cantique des pierres (1990), L'Ordre du jour (1992), Mariages mixtes en Terre sainte (1996), Le Conte des trois diamants (Hikayat al-Jawahir al-Thalath, 1996), Route 181 : fragments d’un voyage en Palestine-Israël (coréalisé avec Eyal Sivan, 2003) Zindeeq (2009).
La Mémoire fertile est un documentaire qui suit patiemment deux femmes : Farah Hatoum et Sahar Khalifeh. La première a plus de 50 ans et vit à Nazareth en Galilée tandis que la seconde est une jeune romancière palestinienne de Ramallah, en Cisjordanie occupée. Autour de ses expériences de vie, Michel Khleifi rend compte du quotidien de l’occupation, sans jamais appuyer le trait de l’explication sociopolitique et historique des conséquences de ce que l’on nomme furtivement « conflit israélo-palestinien ». La voie du documentaire qu’a choisi le cinéaste se révèle d’autant plus pertinente qu’elle privilégie la quotidienneté et le témoignage direct de la « vie sous occupation ». Libre ensuite au spectateur de tirer ses propres conséquences et d’alimenter sa compréhension du contexte historique à travers des sources extradiégétiques. On imagine dès lors que ce regard distancié vis-à-vis de l’action militante palestinienne annonce également le cinéma d’Elia Suleiman tout autant qu’un état d’esprit de Palestiniens entre résignation, circonspection et ébullition d’un sentiment de rage enfoui.

 

 

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La Mémoire fertile
Al Dhakira al Khasba
de Michel Khleifi
Belgique – 1980.
Durée : 104 min
Sortie France du DVD : 20 novembre 2013
Format : 1,85 – Couleur
Langue : arabe - Sous-titres : français.
Éditeur : Les Films du Paradoxe

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