"Le Traducteur" un film de Rana Kazkaz et Anas Khalaf

Alors que le printemps arabe débute en Syrie, les manifestations pacifiques sont violemment réprimées. Sami, traducteur syrien réfugié en Australie, décide de retourner dans son pays natal pour retrouver son frère qui a été emprisonné.

"Le Traducteur" de Rana Kazkaz et Anas Khalaf © Alba Films "Le Traducteur" de Rana Kazkaz et Anas Khalaf © Alba Films
Sortie nationale (France) du 13 octobre 2021 : Le Traducteur de Rana Kazkaz et Anas Khalaf

Une décennie après les promesses lancées par le printemps arabe, la Syrie est encore plongée dans une guerre civile où la population est prise entre les violences du régime de Bachar Al-Hassad et les groupes armés de Daech, entre autres groupes armés.

Pour leur premier long métrage de fiction, Rana Kazkaz et Anas Khalaf ont voulu rappeler une histoire inédite au cinéma : les débuts de la révolution en Syrie, ce moment particulier où la population pouvait encore espérer l’accès prochain à l’exercice démocratique dans leur pays. Le régime syrien a depuis voulu faire oublier ses crimes à l’égard de ses concitoyens en menant sa lutte contre Daech. C’est alors pour lutter contre l’oubli et prendre la mesure de cette longue décennie de souffrance en Syrie que le couple de réalisateurs a voulu ainsi témoigner par son film.

L’histoire est des plus simples, contenue entièrement sur les épaules de son personnage principal qui n’a rien d’un héros mais souhaite lutter contre une culpabilité originelle personnelle après avoir vu impuissant son père disparaître lors de manifestations pacifiques en 1980 et à présent son frère en 2011. L’histoire politique se répète et les droits élémentaires des êtres humains ne sont toujours pas respectés. Dans cette descente aux enfers dans un pays en guerre, le traducteur du titre tente de survivre tout en se donnant pour mission de retrouver son frère. La tâche est un prétexte pour rendre compte de la réalité du pays au moment où la communauté internationale n’y prêtait guère attention. Le récit avance selon les codes de la tragédie qui laisse peu d’espoir sur la fin des hostilités qui dix ans plus tard semble toujours inaccessible.

Le film souffre d’un scénario qui ne cherche pas à détailler les enjeux sociaux et politiques de la Syrie de 2011 et une mise en scène réalisée avec soin mais sans sortir des sentiers ultra rebattus des films « reportages » sur un pays en guerre. Il reste que le film a pour mérite de reposer la question syrienne au cœur des débats contemporains pour rappeler le droit à la liberté et au respect de l’intégrité physique des Syrien.nes d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

 

 

media
Le Traducteur
The Translator
de Rana Kazkaz et Anas Khalaf

Fiction
105 minutes. Syrie, France, Suisse, Belgique, Qatar, USA, 2020.
Couleur
Langues originales : anglais, arabe

Avec : Ziad Bakri (Sami Najjar), Yumna Marwan (Karma), David Field (Chase), Sawsan Arsheed (Loulou), Miranda Tapsell (Julie), Fares Helou (Jad), Reem Ali (Aya), Rami Farah (Iyad), Carlos Chahine (le général), Zayd Khalaf (Kareem), Ramzi Maqdisi (Moneeb), Kamel El Basha (le professeur Raed)

Scénario : Rana Kazkaz & Magali Negroni, d’après une idée originale de Rana Kazkaz & Anas Khalaf
Produit par : Nicolas Leprêtre & Raphaël Alexandre,Anas Khalaf
Production : Georges Films & Synéastes Films
Coproducteurs : Francine Lusser, Gérard Monier, Patrick Quinet
Coproduit par : Tipi’mages Productions, Artémis Productions
Producteurs associés : Sawsan Asfari, Kelly Aisthorpe Waller, John Waller, Ted Reilly, Ossama Bawardi, Brian Cobb, Mahveen Shahraki
Coproduction : Arte France Cinéma, Rts – Radio Télévision Suisse, Srg Ssr, Alba Films
1er assistant réalisateur : Baudouin Du Bois
Directeur de la photographie : Éric Devin
Montage : Monique Dartonne
Musique : Thomas Couzinier, Frédéric Kooshmanian
Décors : Catherine Cosme
Costumes : Kay Devanthey Giovanoni
Maquillage : Marina Aebi
Scripte : Catherine Grossen
Son : Luc Cuveele, Benjamin Benoit, Denis Séchaud
Distributeur (France) : Alba Films

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.