Entretien avec Bouchera Azzouz, auteure de "Fille de daronne et fière de l’être"

"C’est parce que je m’interroge depuis toujours sur ce lien si particulier qui me lie à ma mère qu’est né au fil des années ma conscience féministe et ma curiosité au monde. Elle fut donc le point de départ de mon livre et même le moteur de mon écriture." Bouchera Azzouz

Cédric Lépine : Lorsque vous avez commencé à écrire ce livre autobiographique, aviez-vous conscience de la place que prendrait votre mère dans ce récit ou bien c’est en allant en quête de vos souvenirs que sa place a ainsi émergé ?
Bouchera Azzouz :
C’est parce que je m’interroge depuis toujours sur ce lien si particulier qui me lie à ma mère qu’est né au fil des années ma conscience féministe et ma curiosité au monde. Elle fut donc le point de départ de mon livre et même le moteur de mon écriture. La place qu’elle occupe je ne la découvre pas en écrivant, mais je tente de l’expliquer en écrivant. On ne peut pas comprendre ma relation aux autres, au militantisme et même à la République en dehors de ce lien qui façonne ma conscience féministe et politique. C’est à la fois mon premier lien social et la genèse de mon idée de la justice sociale.

C. L. : Comment le film et la rédaction de ce livre se font écho ? L’un est-il le prolongement de l’autre ? Est-ce la rédaction de ce livre qui vous conduit à considérer la réalisation du film ou le contraire ?
B. A. :
Le film Nos mères nos daronnes (coréalisé avec Marion Stalens) et le livre (coécrit avec Caroline Glorion) sont évidemment liés. Il est difficile de dire qui prolonge qui. Je dirai que les deux sont le produit d’une réflexion globale sur le « féminisme populaire ». Les deux font donc écho à cette pensée. Si le désir d’écrire ce livre a précédé l’idée même d’un film sur nos mères, j’ai eu du mal à en accoucher ! Il était là en gestation, il m’habitait !
L’écriture du film a été un très long travail d’argumentations pour expliquer la nécessité de faire un film qui raconte ces luttes silencieuses qu’ont menées nos « daronnes » dans les quartiers populaires au début des années 1970. Ces histoires non dites d’avortements clandestins, de combats invisibles pour maîtriser leur grossesse dessinaient les prémisses d’un féminisme tout aussi invisible, d’actions plus que de discours. Cette masse de contenus ouvrait la perspective d’un livre pour aller plus loin dans l’analyse. J’ai eu la chance de croiser sur mon chemin Caroline Glorion, chargée de programme à France 2 qui a porté à bout de bras le film et avec qui j’ai travaillé d’arrache pied pour accoucher du livre ! Et j’ai aussi une grande reconnaissance pour ma coréalisatrice Marion Stalens avec qui j’ai réalisé ce film.
Le film précède le livre parce qu’il fallait d’abord mettre en lumière le combat de nos mères. Si il y a « des » femmes dans leur très grande diversité, il n’y a qu’un combat universel pour leur émancipation : le féminisme. Une fois que cette idée simple était posée, je pouvais raconter comment ma génération, celle des « filles de daronnes » avait à son tour dû poursuivre ce combat face à des difficultés nouvelles et probablement plus complexes que nos mères. Il a fallu poursuivre ce combat pour la liberté et y ajouter nos luttes spécifiques pour l’égalité. Les générations qui suivent héritent des deux, mais on le voit avec le contexte hyper tendu, qu’elles ont en plus à défendre la fraternité. Sur trois générations, on boucle la boucle : liberté, égalité, fraternité.

C. L. : Pour écrire cet ouvrage, avez-vous procédé à une enquête en interrogeant auprès de vous les différents témoins de cette époque, votre famille, les personnes qui ont croisé votre chemin ?
B. A. :
Non, c’était davantage un travail d’introspection pour aller décortiquer d’abord ce lien si particulier avec ma mère et puis de tisser les grands moments historiques avec le récit de ma vie. Nous ne sommes que des êtres en interaction avec notre milieu depuis notre famille, notre mère, notre cité, l’école et plus globalement la société. Tout cela est déterminant dans notre construction émotionnelle, psychique et intellectuelle. Le tout c’est qu’aucun ne devienne un déterminisme.

C. L. : Votre livre est aussi un dialogue entre générations féminines, puisqu’il est question de votre mère et il se conclut sur un message adressé à votre fille : en quoi se distingue ou non ce que vous voulez transmettre à votre fille de ce que vous avez vous-même reçu de votre mère ?
B. A. :
De ma mère j’ai reçu un langage quasi non verbal. Il a fallu presque toute une vie de réflexion et d’enquêtes pour tenter de mettre en lumière ses luttes invisibles et les comprendre.
Ma fille Sakina n’a que 11 ans et avant le film et le livre, elle ignorait quasiment tout de mon histoire, donc de son histoire. Elle a pleuré à chaudes larmes quand elle a appris avec une scène du film que sa grand-mère, ma mère, avait été privée d’école. Elle a pleuré les mêmes larmes lorsqu’à la fin du livre elle a découvert la lettre ouverte que je lui ai écrit. Mes enfants ont découvert ma vie dans ce livre. J’ai gardé ce trait culturel ou la première des pudeurs c’est de taire les histoires intimes. Pour l’avoir enduré, je sais comme il est difficile de se construire et plus encore de se construire en tant que femme quand on n’a pas conscience des batailles menées génération après génération pour arracher des droits.
De ma mère j’ai reçu une expérience empirique du féminisme qui ne s’est jamais objectée dans des discours, mais des actes forts et des postures.
Raconter des histoires au travers de films ou de livres, c’est une manière de restaurer notre mémoire collective. Nous avons perdu la transmission et nous contribuons par nos silences à créer des générations « d’immémorants », des générations sans Histoire, sans passé et à l’avenir incertain.
Il faut exhumer nos histoires de l’oubli, restaurer notre mémoire collective. Ce que je veux transmettre à ma fille et aux jeunes générations, ça n’est pas une idéologie, mais simplement des pistes pour forger leur esprit critique. C’est d’autant plus urgent que la bataille contre l’intégrisme religieux ne peut se gagner que sur le terrain de l’éducation et de la mémoire.

C. L. : Le titre même de votre ouvrage rappelle avec concision les luttes que vous avez dû mener, aussi bien contre le racisme que contre la misogynie : qu'est-ce qui vous a permis de ne pas courber l'échine et rester vous-même au fil de ce long chemin tortueux ?
B. A. :
Comme on le comprend très vite au début de mon livre, j’ai été élevée par une mère au caractère bien trempé ! Au « Bled », même les hommes de son village la redoutent parce qu’elle est franc du collier, honnête et surtout égalitariste ! Tout le monde la surnomme la « démocrate ». Je l’ai vue tout au long de sa vie payer cher sa rectitude. Je crois comme elle, qu’il faut toujours garder ses objectifs en tête et maintenir le cap, même si la tempête gronde. On ne décide jamais de l’issue du chemin, on ne sait pas à quel moment la halte arrive, mais on avance les yeux fermés, guidé par nos convictions chevillées au corps. Il faut avoir confiance, j’ai confiance. Je sais que je ne suis pas porteuse d’un discours clivant. Je suis dans la mesure et je mène avec cohérence mon combat pour l’émancipation. Je refuse et je continuerai de refuser les discours à l’emporte pièce, les discours faciles, faibles, paresseux et populistes qui ne permettent ni d’avancer ni de résoudre les problèmes de fond. Il y a deux camps qui vont définitivement se dessiner, celui des bonimenteurs, les vendeurs d’élixir et ceux qui comme les « Justes » hier, continueront de se battre pour ne rien brader ni bafouer des valeurs de la République.

C. L. : Au fil de la chronologie que vous faites défiler, les années 1980 avec l’arrivée du PS de Mitterrand au pouvoir en France apparaissent comme un tournant irrévocable : cela marque-t-il pour vous à l’époque le début d’une prise de conscience de l’exercice politique des hommes au pouvoir ?
B. A. :
Je suis encore jeune en 1980 pour pouvoir vraiment prendre conscience de l’exercice politique des hommes de pouvoir. Je me rends juste compte que des décisions politiques ont une incidence terrible dans mon quotidien. J’observais mois après mois, année après année, que la régularisation massive de 1981 impactait nos vies d’enfants d’immigrés, puis nos vies de jeunes femmes. Tout à coup, il y a une rupture dans ce long processus d’intégration... La leçon que j’ai retenue c’est que les actes et de surcroît les décisions politiques ont des conséquences qu’on mesure pendant des décennies.
Tout ce mépris qu’on a eu à l’égard des anciennes colonies et en particulier de l’évolution du monde arabe postcolonial, nous le payons encore aujourd’hui. On n’a pas pris en compte que la génération de nos parents était culturellement, politiquement, idéologiquement très différente des immigrés plus jeunes qui venaient à partir des années 1980. C’est parmi ces jeunes qu’on va trouver les premiers militants politico-religieux, avec des revendications qui n’existaient pas chez nos parents.
On a mis tout le monde dans le même sac, comme aujourd’hui on met tous les musulmans dans le même panier.

C. L. : Vous rappelez que lorsque vous et d’autres jeunes femmes décidez de porter le voile dans les années 1980, c’est moins une décision religieuse qu’une rébellion contre la tradition des mariages arrangés : pouvez-vous expliquer cette décision ?
B. A. :
Comme je le disais, la régularisation massive de 1981 apporte un flot d’une génération nouvelle d’immigrés. Des militants politiques très loin de l’esprit de « soumission » de nos parents. Parmi ces immigrés postcoloniaux, des marxistes, des socialistes et des islamistes. Les derniers vont s’intéresser de près aux banlieues en pleine crise identitaire. Ils ont inscrit leur dynamique émancipatrice dans un nationalisme religieux capable de fédérer le monde arabo-musulman. Ils ont apporté avec eux l’idée du retour aux sources, aux traditions authentiques autrement dit le « salafisme ».
Dans le même temps, la régularisation massive a créé un appel d’air, si bien que de nombreux clandestins ont continué de venir en France, trouvant un point de chute dans les quartiers. Jusque-là, les mariages suivaient un cours normal, on épousait le plus souvent une fille du quartier avec qui on avait grandi. Les « clandos » ont perturbé cet équilibre. Face au désir d’émancipation des filles vis-à-vis de leur famille, les parents ont vu comme une opportunité les demandes en mariage des clandestins. Tout le monde y trouvait son compte, la régularisation pour les uns, l’honneur sauf pour les autres.
Paradoxalement, les religieux ont fait avancer l’idée que les mariages forcés étaient contraires à la religion, mieux encore, une musulmane pouvait épouser n’importe quel musulman, alors que les musulmans avaient le droit d’épouser n’importe quelle croyante ! une idée assez révolutionnaire quand on sait que les problèmes politiques entre l’Algérie et le Maroc rendaient les mariages intercommunautaires difficiles et quasi impossibles les mariages de leurs filles avec des Français.
Si le prix à payer pour ouvrir une brèche de liberté était le port du voile, cela ne posait pas tellement de problème, d’autant plus que nos parents voyaient ça d’un très mauvais œil. On ne se rendait pas compte au milieu des années 1980 qu’on participait à éradiquer l’islam traditionnel et historique de nos familles, souvent rattachées à des confréries de tradition soufie, comme c’était le cas dans ma famille. Me concernant, le port du voile était un choix assez surprenant, parce que je n’étais pas du tout concernée par les mariages forcés ou arrangés. Mon père était libéral et ma mère, sévère, certes, mais dans un objectif de réussite scolaire.
Il est vrai que beaucoup de filles ont commencé à imposer leur mari à leur famille. Grâce aux mariages religieux petit à petit la mixité est devenue presque une norme. De ce point de vue, l’approche des religieux est devenue très vite une proposition attractive y compris pour les garçons qui eux aussi étaient victimes des mêmes traditions et de mariages arrangés, même si on n’en parle jamais. Néanmoins, je pense que ce qui a réellement favorisé l’emprise de l’Islam politico-religieux c’est notre profonde souffrance face à une société qui nous rejetait et de grandes difficultés à trouver au sein de nos familles le réconfort et la compréhension à nos crises existentielles. On était dans un entre deux. Les islamistes nous offraient une « solution », une identité claire, une Histoire rattachée à une grande civilisation, une estime de nous.

C. L. : S’il est important de remettre sur la place publique les efforts peu médiatisés du féminisme populaire, est-ce aussi reconnaître que la majorité des mouvements féministes des années 1960 et 1970 ont défendu avant tout les droits de leur propre classe sociale plutôt que la situation des femmes en général ?
B. A. :
Un des slogans de l’époque était : « plus inconnue que le soldat inconnu sa femme », j’ajouterai « plus inconnue encore que sa femme, les femmes immigrées ou issues de l’immigration ».
C’est un fait. Mais pour autant, il ne faut pas oublier que Gisèle Halimi a permis de venir à bout de la pénalisation de l’avortement en défendant Marie-Claire et sa mère qui étaient des femmes des classes populaires. Ce combat a profité à toutes les femmes quelles que soient leurs classes sociales ou leurs origines. Les premières bénéficiaires de la loi Veil sont les femmes des classes populaires qui étaient nombreuses à mourir des suites d’avortements clandestins, quand les femmes plus aisées partaient à l’étranger.
On voit bien que ça n’a pas tellement de sens de penser que les bourgeoises se sont battues pour elles. Au contraire, je pense que les « 343 salopes » se sont battues pour que les millions d’anonymes profitent des avancées.
Pour nos mères, la question est davantage une question d’origine que de conditions sociales. Bien sûr que c’est regrettable et dommage. Elles ont été le point aveugle de la société et donc des luttes féministes. Cela s’explique en partie du fait que le statut d’immigrées économiques était à part. Dans les années 1970, il y avait un grouillement de mouvements féministes portés par des étudiantes tunisiennes, marocaines, algériennes. Souvent des femmes issues de classes aisées et qui menaient des combats politiques et pas forcément exclusivement féministes. La plupart sont retournées au pays une fois leurs études terminées. Nos mères n’avaient pas la capacité de se fédérer en groupe social et donc de porter leurs luttes spécifiques de femmes à la fois immigrées et issues des classes populaires.
Mon travail d’auteure et de réalisatrice consiste à mettre en lumière ces luttes ignorées, passées sous silence. Je me sens héritière de ces femmes et c’est notre responsabilité à nous toutes, leurs filles, de dessiner les contours de nos luttes.
Pour autant, il n’y a qu’un féminisme qui se décline en fonction des contraintes auquel il doit faire face.
Maintenant qu’avec Nos mères nos daronnes nous avons mis en évidence le combat de nos mères, il est plus facile de faire reconnaître ce « féminisme populaire », dont elles font partie. Je ne dis pas un féminisme racialisé, ni même postcolonial, je dis « populaire » et je l’assume, parce qu’après 50 ans de vie dans un quartier, nos mères ne sont plus des femmes immigrées mais bien des femmes des quartiers populaires. Et nous leurs filles nous sommes des citoyennes françaises issues des classes populaires.

C. L. : Vous dites dans votre livre et en post face que c’est le lien à votre mère qui vous a sauvé d’une certaine « radicalité » religieuse : en quoi jugez-vous que vous avez été « radicale » ?
B. A. :
Dès lors que ma démarche religieuse sortait du champ de la tradition familiale et donc d’une pratique où s’équilibrent notre culture, notre approche religieuse et notre rapport à la société, cela devient une posture radicale. La première mise à distance avec la société c’est l’apparence. Ma tenue vestimentaire était devenue totalement austère, je m’habillais tout en noir de la tête aux pieds. Ma mère était furieuse, elle ne supportait pas cet habit de deuil. Elle me le reprochait constamment. Malgré sa très grande exigence et sévérité, jamais elle n’aurait eu l’idée, comme toutes les mères de cette génération de nous demander de nous voiler. Le voile n’était pas du tout une recommandation religieuse de nos parents. Le ramadan l’était davantage, par exemple. En principe ce sont vos parents qui vous transmettent votre éducation religieuse et vos valeurs morales. Avec l’Islam des banlieues on est sorti de la tradition ancestrale. Ça a été un drame pour nos parents qui avaient déjà dû rompre avec beaucoup de ce qu’ils étaient en migrant. La radicalité religieuse qu’on leur imposait était vraiment vécue comme un déni de leur autorité naturelle. C’était comme s’il devait partager leur parentalité avec une puissance invisible.
Le pacte scellé depuis l’enfance avec ma mère à découvrir dans le livre, m’a permis de sortir de cette radicalité pour revenir à une relation apaisée, et avec mes parents et avec la société. En fait, on en voulait aux uns de nous avoir imposé de grandir en pays étranger et aux autres de ne pas nous reconnaître comme enfants de la Nation. Mon cheminement chaotique m’a permis de résoudre cette meurtrière question identitaire de qui je suis ? Je suis Républicaine de souche !!

C. L. : Vous considérez-vous aujourd’hui la « daronne » de vos enfants ?
B. A. :
Non ! je ne crois pas que je sois pour mes enfants la « daronne ».
« Daronne » c’est une mère bien spécifique, celle qui est venue en France au milieu des années 1960 et au début des années 1970. C’est presque un concept sociologique né en même temps que nos quartiers populaires.
En revanche avec mes amies, il m’arrive de dire que je suis en mode « daronne » ! ça veut dire que tu as activé ta fonction « wonder woman », tu gères tout à l’arrache, ton rôle de mère, le boulot, les tâches ménagères, les courses, les emmerdes du quotidien ! Mes journées « off » tranchent radicalement avec ce que les gens peuvent s’imaginer en lisant cette interview, où on parle de « film » de « livre », où on intellectualise le « féminisme populaire ». Le plus clair de mon temps, je le passe à trouver des solutions à mes problèmes parce que mon travail d’auteure ne me fait pas gagner ma vie.
Je me vois plus comme une mère pareille à beaucoup de mères des quartiers pop’, où le système « D » est mon quotidien et la réussite de mes enfants une obsession tant le déterminisme social est une réalité presque incontournable.

C. L. : En post face de votre livre, il est dit que « les femmes sont la grande chance des quartiers populaires contre le radicalisme et le terrorisme. » Ceci signifie-t-il que le terrorisme est directement issu d’un monde exclusivement masculin qui s’est refermé sur lui-même, refusant dans une vision suicidaire de la société, une place égale entre femmes et hommes ?
B. A. :
Je crois en effet que les femmes sont et seront les actrices de la transformation des quartiers. Elles ont toujours fait face aux problèmes qui se sont dressés devant elles. « Nos daronnes » ont renversé le poids de la culpabilité face aux avortements quand à leur époque il n’existait pas de moyens de contraception fiables. « Les filles de daronnes » dont je suis, nous avons fait évoluer les modus vivendi au sein de nos familles pour faire avancer le principe d’égalité au-delà de la simple question du racisme et de la citoyenneté. Aujourd’hui face à la montée du radicalisme ce seront encore les femmes aux premières lignes prêtes à remettre en question le détournement de l’Islam à des fins au mieux sectaires au pire meurtrières. Je ne dis pas que les hommes ne sont pas sensibles à ces questions, mais il y aura toujours une limite qu’ils ne franchiront pas.
Au-delà des questions sociétales, elles continuent de mener le long et interminable combat pour leur émancipation. Quelles que soient les conditions économiques, sociales, politiques, inlassablement elles mettent en place des dynamiques de progrès et de changement, avec les moyens du bord.
Elles emportent dans leur sillon l’ensemble des quartiers. Sans elles, dans beaucoup d’endroit les situations seraient bien plus dramatiques.
Pour avoir fait un tour de France avec le film, je sens que la mobilisation des femmes commence à prendre une dimension politique, parce qu’elles ont compris que face aux enjeux actuels, il fallait entrer dans un rapport de force avec les politiques pour être entendues et soutenues.

 

 

 

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Fille de daronne et fière de l’être
de Bouchera Azzouz

Nombre de pages : 224
Date de sortie (France) : 12 mai 2016
Éditeur : Plon

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