La misogynie : une asphyxie sociale

Niloofar, 35 ans, vit seule avec sa mère à Téhéran. Lorsque celle-ci est hospitalisée, toute la famille décide d'un commun accord que ce sera Niloofar, femme sans enfants, qui quittera la ville afin de s'occuper de sa mère. Niloofar, menant sa vie indépendamment de sa famille, n'est guère disposée à accepter cette décision.

 

"Un vent de liberté" de Behnam Behzadi © Diaphana "Un vent de liberté" de Behnam Behzadi © Diaphana

Sortie nationale (France) du 19 juillet 2017 : Un vent de liberté de Behnam Behzadi

Plus d'un an après sa présentation au festival de Cannes de 2016 en section « Un certain regard », le film de Behnam Behzadi apparaît sur les écrans des salles de cinéma en France. Problématique incontournable et d'ores et déjà bien développée dans le cinéma iranien diffusé en France, Behnam Behzadi s'attache tout particulièrement à l'émancipation d'une femme trentenaire, célibataire, sans enfants et chef d'entreprise dans la société actuelle de Téhéran. Loin de l'image touristique solaire de Téhéran, la ville est ici étouffante, oppressante en raison de la concentration de la pollution, où la vie est devenue insoutenable pour la santé fragile de la mère du personnage principal. Ici se trouve le parti pris du cinéaste d'utiliser la métaphore de la ville densément polluée pour illustrer l'oppression sociale d'une famille sur l'un de ses propres membres, implicitement condamné en tant que femme indépendante. Cependant, la ville est aussi le moyen pour Niloofar, le personnage principal, d'assurer son indépendance économique et de tenir ainsi tête à la fois à sa famille et aux sollicitations de son prétendant. Pour cette raison, Niloofar ne peut être en révolte totale contre l'ensemble de l'organisation sociale résolument misogyne. Il lui faut batailler patiemment et avec ténacité pour conserver son intégrité et faire face aux personnes qui sont sensées la soutenir en protégeant sa place dans la société. La force du film se trouve dans ce patient et humble combat d'un individu face à sa famille. Même si le film aurait gagné à poursuivre sa métaphore avec la pollution de la ville et développer davantage la tension des scènes familiales à la manière d'une direction d'acteurs signée Maurice Pialat, John Cassavetes ou Sepideh Farsi, il n'en reste pas moins que le sujet est totalement pertinent.

 

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Un vent de liberté
Varoonegi
de Behnam Behzadi
Fiction
84 minutes. Iran, 2016.
Couleur
Langue originale : perse

 

Avec : Sahar Dowlatshahi (Niloofar), Ali Mosaffa (Farhad), Ali Reza Aghakhani (Soheil), Setareh Pesyani (Soudabeh), Roya Javidnia (Homa), Shirin Yazdanbakhsh (la mère), Setareh Hosseini (Saba), Toufan Mehrdadian (Majid), Mojtaba Nam Nabat (Reza), Payam Yazdani (Dr. Rahnama), Ebad Karimi (Mohseni), Yazdan Akhoondi (Arash)
Scénario : Behnam Behzadi avec la collaboration d'Hassan Shahsavari
Images : Bahram Badakhshani
Assistant réalisation : Afshin Rezaei
Montage : Meysam Molaei
Musique : Sahar Sakhaei
Son : Rashid Daneshmand
Maquillage : Soudabeh Khosravani
Décors et costumes : Babak Karimi-Tari
Production : Behnam Behzadi
Directeur de production : Ebrahim Zahedifar
Distributeur (France) : Diaphana

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