Cinemed 2020 : "Gaza mon amour" d’Arab et Tarzan Nasser

Un pêcheur célibataire d’une soixantaine d’années à Gaza, est secrètement amoureux d’une femme couturière dans le marché où il la croise régulièrement. Un jour, la pêche inattendue d’une statue d’Apollon le conduit dans une histoire rocambolesque aux prises avec les autorités locales.

"Gaza mon amour" d’Arab et Tarzan Nasser © Sophie Dulac Distribution "Gaza mon amour" d’Arab et Tarzan Nasser © Sophie Dulac Distribution

Film en compétition long métrage de fiction lors de la 42e édition de Cinemed, Festival de cinéma méditerranéen de Montpellier

Après leur huis clos Dégradé (2015), Arab et Tarzan Nasser poursuivent l’exploration de la réalité sociale et politique de la Palestine en saisissant au vol une histoire d’amour entre deux solitudes, tricotée avec l’adaptation d’un fait divers : la découverte d’une statue antique d’Apollon qui fut en outre l’objet du documentaire de Nicolas Wadimoff L’Apollon de Gaza (2018). L’association de ces deux récits pourrait paraître surprenante mais elle offre l’opportunité aux frères Nasser d’aller à la fois sur la sphère de l’histoire intime et du politique avec cette statue qui met en avant la gestion idéologique et intéressée des autorités palestiniennes. En usant de l’humanité attendrissante des personnages incarnés avec tendresse et délicatesse par Salim Daw et Hiam Abbass, le film se suit avec la simplicité d’une belle histoire. Comme ils ont pu le démontrer avec force dans leur premier long métrage, les frères Nasser sont d’excellents directeurs d’acteurs, plaçant ces derniers avec soin dans un décor qui leur permet de révéler au mieux leurs singularités. Ainsi, partout où passent les personnages, ils sont définis par le milieu où ils s’inscrivent, dressant un portrait pétri d’humanité de Gaza à l’époque actuelle, où l’on peut rire et envisager d’aimer sans que le conflit israélo-palestinien étouffe nécessairement le goût de vivre au quotidien. Cela n’empêche pas non plus de présenter dans ce film avec une réelle ironie la fierté des Palestiniens de disposer de leur propre missile comparé au phallus d’une statue grecque. Le ton privilégie l’humanité des personnages en même temps qu’un portrait chargé d’amour de la ville natale des frères jumeaux cinéastes. La peinture a beau privilégier des couleurs grises, le quotidien n’en est pas moins chaleureux, porté par l’espoir de belles rencontres où tout est possible à l’instar de l’histoire de la rencontre entre Issa et Siham.

 

 

Gaza mon amour
d’Arab et Tarzan Nasser

Fiction
87 minutes. Palestine, France, Allemagne, Portugal, Qatar, 2020.
Couleur
Langue originale : arabe
Sortie cinéma (France) : 14 avril 2021

Avec : Salim Daw (Issa), Hiam Abbass (Siham), Maisa Abd Elhadi (Leila), George Iskandar (Samir), Hitham Al Omai (Ali), Manal Awad (Manal)
Scénario : Tarzan Nasser, Arab Nasser avec la collaboration de Fadette Drouard
Images : Christophe Graillot
Montage : Véronique Lange
Musique : Andre Matthias
Son : Tim Stephan, Roland Vajs, Pedro Góis
Décors : Arab et Tarzan Nasser
Costumes : Hamada Atallah
Production : Les Films du Tambour (Rani Massalha, Marie Legrand), Riva Filmproduktion (Michael Eckelt), Ukbar Filmes (Pandora da Cunha Telles, Pablo Iraola), Made in Palestine Project (Rashid Abdelhamid), Jordan Pioneers (Khaled Haddad)
Producteurs : Rani Massalha, Marie Legrand, Michael Eckelt, Pandora da Cunha Telles, Pablo Iraola, Rashid Abdelhamid, Khaled Haddad
Distributeur (France) : Sophie Dulac Distribution

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