© Xavier Lahache © Xavier Lahache

Ainsi s’est terminé le déjeuner informel entre Sophie Tedeschi, artiste peintre, et Marie Christine Blandin, sénatrice du Nord et présidente de la commission de la Culture.

Dans son récent Manifeste des Arts Visuels, la Maison des Artistes affirme, en premier point, qu’il faut replacer l’artiste au cœur de l’expertise.

Un message, une invitation claire pour notre prochain ministre de la culture.

Sa première exposition au Musée des Beaux-Arts de Pékin date de 1994. Sophie Tedeschi a exposé depuis à quinze reprises son travail dans les musées les plus prestigieux du pays, Shanghai, Shenzhen, Zhuhai, Dongguan,Yantai, Qingdao, Shunde, Whuhan, Lai Yang… elle a animé neuf conférences à travers différents instituts et universités chinoises, répondu aux invitations de la presse et de la télévision, où elle a peint à l’encre en direct (ça paraît anecdotique, mais imaginez le ici, sur France Télévision, en prime time !).

«En Chine, les grands directeurs de Musées sont des peintres, faut-il le souligner. Les associations de peintres sont très puissantes dans le pays. Elles soutiennent leurs artistes en leur donnant accès à des expositions. Les peintres sont des conseillers, des acteurs à part entière de la vie culturelle chinoise.

Qu’en est-il en France ?  Y a t-il un peintre conseiller auprès du gouvernement, à la culture ? En France une exposition dure en moyenne trois mois. Le temps d’attente, si vous avez la prétention d’exposer, et si l’on vous reçoit, est de deux à cinq ans ! Des sommes considérables sont dépensées pour des installations. Mais quelle est la part accordée à la peinture vivante, à la création de nos contemporains ? En Chine, le temps d’une exposition est de trois semaines. C’est presque une leçon. Il faut donner aux artistes de la reconnaissance, des lieux d’exposition, les moyens de développer leurs œuvres. En France l’opposition est forte entre « intellectuels » et artistes. Il y a trop d’administratif.»

Le souhait de Sophie Tedeschi: la victoire d’une alchimie entre le cœur et l’esprit. La curiosité, la prise de risques et la découverte de nouveaux talents doivent l’emporter sur le confort d’une peinture consacrée.

Pour voir enfin, écrit en toutes lettres et partout, pour l’amour du beau et de l’esprit : Attention, ici, peinture vivante

 

 © Xavier Lahache © Xavier Lahache

 

A voir

 

© Sébastien Brochot







A lire :

Yuan Fen, Insondable soumission, 2008. Tu joues avec le feu, 2010. Aux éditions You-Feng

 

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Tous les commentaires

« Replacer les artistes au cœur de l'expertise » : que signifie ce jargon technocratique ? Et voilà que maintenant on cherche de manière bien française un « modèle », en Chine cette fois. On la bêtise s'arrêtera-t-elle ?

 Et je découvre ceci aujourd'hui, écrit il y a trente ans par un  très grand artiste.  Les choses n'ont pu qu'empirer…

« Nous avons plus d'une douzaine d'écoles en Allemagne Fédérale. Elles sont parasitées par les pires artistes allemands qui alimentent leur coterie grâce à un système incestueux et ennuyeux. Ces prétendus artistes, incapables de gagner leur croûte, y sont nommés professeurs, dotés d'ateliers, avec tout le prestige et l'argent que cela implique. Ils ne se contentent pas de cultiver et de répandre la sottise, d'en rebattre les oreilles aux étudiants, ils s'arrangent pour que chaque élève et tout nouveau collègue stagne en deçà du niveau le plus bas. Ils peuvent ainsi rester eux-mêmes dans leur moisissure confinée sans être mis en danger. » (in Notes, 08/06/1983)

 

Gerhard Richter