La transition passe par Cancon

Remettons les pieds sur terre à l'heure des négociations sur le changement climatique et allons voir comment pourrait se traduire concrètement une transition écologique et sociale.   

Remettons les pieds sur terre à l'heure des négociations sur le changement climatique et allons voir comment pourrait se traduire concrètement une transition écologique et sociale.

 

 

 

La Via Campesina a appelé à l'organisation de « 1000 Cancun » visant à poursuivre la construction d'un mouvement citoyen international, appuyé sur les initiatives locales, qui puisse peser sur les négociations en cours.

En effet, si le sommet de Copenhague s'est traduit par un échec des négociations onusiennes, un contre-forum avait réuni 50 000 personnes et de nombreuses manifestations de rue avaient eu lieu. En avril dernier, ce sont 30 000 personnes qui ont convergé vers Cochabamba en Bolivie pour un sommet des peuples. Sommet qui a abouti à un texte qui formule les exigences indispensables à un accord international sur le climat juste, ambitieux et véritablement contraignant et qui font désormais partie de la négociation.

 

Nouvelle étape décentralisée de la construction de ce mouvement citoyen international, Cancon. C'est dans ce village du Lot-et-Garonne que se sont réunies plus de 1000 personnes samedi à l'appel d'Attac, de la Confédération paysanne, des Amis de la Terre et de BIZI!. Le programme était largement consacré aux alternatives et aux résistances locales. Il cherchait à apporter des réponses aux questions que tout le monde se pose (« Et moi, qu'est-ce que je peux faire ? ») sans tomber dans un discours culpabilisant.

Les alternatives concrètes étaient donc à l'ordre du jour et ce dans tous les domaines : agriculture, transport, transition énergétique, éco-construction, etc...

Une table-ronde a fini de mettre en relation les alternatives locales et les enjeux globaux avant, qu'en duplex depuis Cancun, n'interviennent Geneviève Azam d'Attac (sur l'avancée des négociations) et Josie Riffaud de la Confédération Paysanne (sur les mobilisations).

 

Cette journée a donc été un succès ? Oui. Programme tenu, problèmes techniques résolus, verglas vaincu. Mais un succès qui tient à un fil. La mobilisation représente un effort, aller à Cancon un long périple et plus d'un se laisse décourager par la taille des enjeux. Sur le chemin du retour, j'ai eu largement le temps de lire le petit livre de Stéphane Hessel, Indignez-vous. « Certes, les raisons de s'indigner dans le monde complexe d'aujourd'hui peuvent paraître moins nettes qu'au temps du nazisme. Mais cherchez et vous trouverez » dit la 4ème de couverture.

 

Ce que nous avons laissé faire de notre planète en est une raison de s'indigner. L'écart grandissant entre les très riches et les très pauvres, la course au "toujours plus", à la compétition, la dictature des marchés financiers... en sont d'autres. Certes le temps est à l'indignation mais cela, Stéphane Hessel avait réagi par la résistance. Ne nous laissons pas abattre par les fausses solutions, l'immobilisme de nos dirigeants et entrons en résitance. Pour les particpants à cette journée de Cancon, la résistance passera par l'Urgence Climatique et la Justice Sociale.

 

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