Charles Conte
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

Laïcité

Suivi par 262 abonnés

Billet de blog 4 nov. 2010

Vers l'éducation sexualisée

Charles Conte
Chargé de mission à la Ligue de l'enseignement
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Un débat au Salon de l'Education le samedi 27 novembre.

La Ligue de l'enseignement organise chaque année le Salon de l'Education, porte de Versailles. On peut télécharger des entrées gratuites sur le site du Salon.

Le samedi 27 novembre, de 14h à 17h, se déroulera un débat autour du thème "De l’éducation à la sexualité à l’éducation sexualisée… vers une société égalitaire entre les femmes et les hommes", organisé par le Planning familial et la Ligue de l'enseignement.

L'opération "Rose, &, Shou", coordonnée par la Ligue de l'enseignement de Paris sera présentée par son animatrice, Noëlla Germain.

L'éducation sexualisée sera présentée par Françoise Toublet-Manjeon, du Planning familial.

Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du Planning familial a en fait l'objet d'un article paru dans le mensuel de la Ligue de l'enseignement "Idées en mouvement". Le voici ci-dessous:

Il n’existe pas de sexualité « naturelle » mais un construit social que Le Planning Familial veut questionner sous l’angle des rapports inégalitaires entre les femmes et les hommes.

Inscrite dans ses statuts et mise en pratique depuis ses débuts, l’éducation à la sexualité fait partie des fondamentaux du Planning Familial tout comme y est inscrit l’objectif de créer les conditions d’une sexualité vécue sans répression ni dépendance dans le respect des différences.
Si les textes, depuis la circulaire de 1973 (dite Fontanet), ne se limitent plus aux seules données scientifiques de la sexualité mais privilégient une éducation plus globale intégrant les dimensions sociales, relationnelles et culturelles de la sexualité, force est de constater que l’approche n’y interroge pas les rapports sociaux de sexes perpétuant les inégalités femmes/hommes.


Pas plus d’ailleurs que n’est travaillée la mixité. Or elle ne va pas de soi… Si pour Le Planning, cette mixité est un objectif, des temps non mixtes sont parfois nécessaires pour faire émerger les représentations et les questions que chacun se pose sur la sexualité de l’autre.
Simone Iff , en 1975, soulignait la nécessité « d’intégrer la sexualité dans tous les niveaux du quotidien (…), de ne plus parler d’éducation sexuelle mais d’éducation sexualisée dont le but serait la revalorisation de la personne dans son intégrité en dehors des rôles traditionnels ». Ainsi les personnes, quel que soit leur âge ou leur sexe sont influencées à la fois comme individu et comme être social aux assignations dévolues à chacun des sexes.
Chaque société a, en effet, construit autour des faits biologiques de l’accouplement et de la reproduction des règles et des discours basés sur la survie de l’espèce. Pour inculquer et faire respecter ces normes, des règles et des discours ont été construits sur la sexualité par la famille, le groupe, la médecine, le religieux ou l’Etat de façon initiatique, démonstrative, implicite ou répressive.
Un habitus social et familial est ainsi perpétré à travers l’ensemble des médias dont dispose une société dans l’ensemble des processus de sociabilisation de ses membres tout au long de leur vie : des jeux pour enfants en passant par la manière de les vêtir, des manuels scolaires, des magazines à la presse en général, de l’orientation scolaire aux tâches confiées à l’un ou l’autre sexe que ce soit à l’école, à l’université, dans le monde du travail ou des loisirs, dans l’espace public comme privé…
L’éducation sexualisée dépasse donc les seuls points de vue médicaux, hygiénistes et préventifs mais intègre l’ensemble des facteurs contextuels et sociaux et ce, de manière transversale. Aider à la construction d’une identité sexuée débarrassée des stéréotypes par une réflexion sur les rapports sociaux de sexes est une dimension fondamentale de l’accompagnement éducatif, et une étape nécessaire dans la marche vers l’égalité entre les femmes et les hommes dans la société. Dans cette perspective, c’est bien l’ensemble des acteurs de l’éducation qui est concerné, bien au-delà des seules séances prévues (mais non réalisées) par les textes.

Marie-Pierre Martinet, secrétaire générale du MFPF

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Violences sexuelles
Violences sexuelles : Damien Abad nommé ministre malgré un signalement adressé à LREM
L’ancien patron des députés LR, Damien Abad, a été nommé ministre des solidarités en dépit d'un signalement pour des faits présumés de viols adressé à LREM et LR par l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique. Deux femmes, dont Mediapart a recueilli les témoignages, l’accusent de viols, en 2010 et 2011. Il conteste les faits.
par Marine Turchi
Journal — Politique
Pap Ndiaye fait déjà face au cyclone raciste
La nomination de Pap Ndiaye au ministère de l’éducation nationale a fait remonter à la surface le racisme structurel de la société française et de sa classe politique, une vague qui charrie avec elle la condition noire et la question coloniale. La réaction de l’exécutif, Emmanuel Macron en tête, donnera une première indication sur la tonalité du quinquennat.
par Ilyes Ramdani
Journal
En Italie, la post-fasciste Giorgia Meloni cherche à faire oublier ses racines
Elle espère devenir l’an prochain la première femme à présider le Conseil en Italie. Héritière d’un parti post-fasciste, ancienne ministre de Berlusconi, Giorgia Meloni se démène pour bâtir un parti conservateur plus respectable, en courtisant l’électorat de Matteo Salvini. Une tentative périlleuse de « dédiabolisation ».
par Ludovic Lamant
Journal
Mario Vargas Llosa, Nobel de l’indécence
L’écrivain péruvien de 86 ans, entré à l’Académie française en fin d’année dernière, vient de déclarer sa préférence pour Bolsonaro face à Lula. Cette nouvelle prise de position politique reflète un parcours intellectuel de plus en plus contesté, marqué par des soutiens à des figures d’extrême droite en Amérique mais aussi de la droite dure en Espagne. Une enquête du n° 20 de la « Revue du Crieur », disponible en librairie. 
par Ludovic Lamant

La sélection du Club

Billet de blog
Rapport Meadows 11 : est-il encore temps ?
Est-il encore temps, ou a-t-on déjà dépassé les limites ? C'est la question qui s'impose à la suite des lourds bilans dressés dans les précédents épisodes. Écoutons ce qu'a à nous dire sur le sujet le spécialiste en sciences et génie de l'environnement Aurélien Boutaud,
par Pierre Sassier
Billet de blog
Villages morts, villes vivantes
Nouvelle édition de « Printemps silencieux » (Wildproject). La biologiste américaine Rachel Carson avait raison bien avant tout le monde. Dans de nombreux villages de France, les oiseaux sont morts. Carson nous dessille les yeux au moment où une nouvelle équipe ministérielle veut accélérer la transition écologique. (Gilles Fumey)
par Géographies en mouvement
Billet de blog
Le stade grotesque (la langue du néolibéralisme)
[Rediffusion] Récemment, je suis tombée sur une citation de la ministre déléguée à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher... Il y a beaucoup de façons de caractériser le capitalisme actuel. À toutes définitions politiques et économiques, je propose d'ajouter la notion de grotesque.
par leslie kaplan
Billet de blog
Quand Macron inventait « l'écologie de production » pour disqualifier les pensées écologistes
[Rediffusion] Au cours de son allocution télévisée du 12 juillet 2021, Emmanuel Macron a affirmé vouloir « réconcilier la croissance et l'écologie de production ». Innovation sémantique dénuée de sens, ce terme vise à disqualifier les pensées écologistes qui veulent au contraire poser des limites, sociales et écologiques, à la production. Macron, qui veut sauver la croissance quoi qu'il en coûte, n'en veut pas.
par Maxime Combes