Rock sans papiers, c'est ce soir

L'écho des Petits Papiers de Régine entonnés le 4 septembre sous les fenêtres du ministre de l'immigration Eric Besson résonnera de plus belle le 18 septembre à Bercy à l'occasion du concert Rock sans papiers
L'écho des Petits Papiers de Régine entonnés le 4 septembre sous les fenêtres du ministre de l'immigration Eric Besson résonnera de plus belle le 18 septembre à Bercy à l'occasion du concert Rock sans papiers (dont Mediapart est partenaire).

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Quatorze jours auparavant, des rassemblements destinés à dénoncer la «xénophobie d'Etat» étaient organisés partout en France à l'appel d'une cinquantaine d'associations, de syndicats et de partis politique de gauche. «Une action qui a eu un certain retentissement médiatique», affirme Sylvain Mustaki. «Mais c'est une étape parmi l'ensemble des luttes en France. On veut apporter notre contribution en toute modestie.»

Sylvain Mustaki est coutumier de ce genre d'événements. Il est un des organisateurs de la première fête de SOS racisme en 1985, a produit le concert de Renaud «Ça suffat comme si» en 1989 en réaction au G7 présent à Paris, a organisé un concert à Dreux (Eure-et-Loire) contre l'arrivée du Front national aux élections municipales de 1983 ou encore «Rire contre le racisme» en 2004.

«Faire des actions de ce type, c'est utiliser ce que je sais faire et travailler pour des causes qui me tiennent à cœur», dit-il pour résumer son engagement. Parrain d'une famille dans le Réseau éducation sans frontières (RESF), il a également été l'agent de musiciens engagés comme le groupe marocain Nass El Ghiwane et le Sud-Africain Johnny Clegg connu pour ses textes contre les injustices de l'apartheid dans les années 80. Son engagement? «Intuitif et viscéral.» Pourtant, il s'empresse de tempérer: «Je ne me considère pas comme engagé. Je le suis à certains moments mais je n'ai pas consacré ma vie à cela. J'admire ceux qui le font

Au programme d'une soirée qui s'annonce riche en moments forts, une scène d'artistes engagés, avec entre autres: Jeanne Cherhal, Oxmo Puccino, Agnès Jaoui, Emily Loizeau, Jacques Higelin, Jane Birkin, Clarika, Abd Al Malik, Les Têtes raides, Tryo, Sinsemilia, Cali, Les Wampas. Diverses interventions sont prévues dont la lecture de l'Appel du 18 septembre en «solidarité avec des milliers de sans-papiers qui grandissent, étudient, et vivent à nos côtés dans notre pays».

Pendant six heures de concert, Bercy sera le théâtre de cette mobilisation «contre le projet de loi Besson qui risque encore de durcir les conditions de vie des sans-papiers». Le choix de la plus grande salle de Paris n'est pas anodin, explique Sylvain Mustaki: «C'est un symbole, un choix pour montrer qu'une partie importante de la population n'est pas d'accord.» Et de conclure: «C'est un moment grave et joyeux pour se retrouver pour influer sur le discours du gouvernement mais ce n'est pas un meeting politique. J'espère que ça sera un instant inoubliable et fort. Participer à Rock sans papiers, c'est affirmer que même si vous n'attendez rien de très bon dans un avenir proche, vous allez quand même vous battre pour une société plus juste et plus fraternelle

Depuis le début de l'année, des initiatives d'envergure ont eu lieu en faveur des sans-papiers :

- Après les déclarations de Nicolas Sarkozy stigmatisant les Français «d'origine étrangère», le constitutionnaliste Olivier Duhamel et quatre autres signataires ont lancé un appel solennel «Nous sommes tous français», quia recueilli plus de 37.000 signatures. Ils appellent le Président de la République «à apprendre les leçons du passé et à renoncer sans attendre à la mise en œuvre d'une régression aussi contraire aux principes fondamentaux de la République».

- Retrouver l'interview d'Olivier Duhamel, «créer l'opposition» aux dérives xénophobes

- Retrouver le film-manifeste pour la régularisation des travailleurs sans papiers, On bosse ici! On vit ici! On reste ici!

 

 

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