Universités: consultation de Lionel Collet (président de la CPU)

 

Lionel COLLET, Président de la CPU, considère que la crise que nous connaissons actuellement relève de quatre dossiers majeurs :

  • L’emploi dans l’enseignement supérieur ;

  • La modification du décret de 1984 relatif aux enseignants chercheurs ;

  • La réforme de la formation des maîtres ;

  • La question globale de la recherche.

La crise a pris de l’ampleur pour plusieurs raisons :

  • Un mauvais calendrier et un mauvais timing ;

  • Une absence caractérisée d’écoute des interlocuteurs et des métiers ;

  • L’idée selon laquelle la loi LRU risque de conduire à un désengagement de l’Etat ;

  • Enfin, l’annonce de la suppression de 225 emplois dans les universités, initiative malheureusement symbolique.

 

À partir d’un tel contexte, nous avons assisté à une inflation de revendications et au développement d’une situation tendue et grave. Cette situation est en même temps circonscrite à un certain nombre d’universités et donc hétérogène sur le territoire. A noter que les étudiants sont relativement peu engagés dans le mouvement qui est d’abord celui des personnels et des différents corps de métiers au sein de l’université.

 

Lionel COLLET indique que sa première initiative de nouveau président de la CPU a consisté à alerter directement le Président de la République dès le 5 janvier de la gravité et de l’ampleur du mouvement en gestation.

 

Aujourd’hui, la situation paraît relativement bloquée, même si des négociations sont engagées sur la modification du décret de 1984 qu’il faut dépasser, ainsi que sur la réforme de la formation des maîtres. La CPU estime que l’idée de réformer de toute urgence les conditions de formation des maîtres n’était pas indispensable et que tout s’est fait dans une précipitation inutile. En revanche, la Conférence des Présidents d’Universités considère que le décret de 1984 doit être profondément transformé, car le métier a réellement changé.

 

Interrogé sur son sentiment concernant la loi LRU de l’été 2007, Lionel COLLET estime que le noyau dur de cette loi, fondée sur la déconcentration de la gestion des universités, doit être préservé. En revanche, il se dit ouvert à de profondes évolutions du modèle de gouvernance des établissements qui, selon lui, n’est pas satisfaisant. En tous les cas, il se déclare prêt à des évolutions de la loi LRU dans ce domaine particulier, proposant par exemple que chaque président d’université ne soit en charge que de l’administration de celle-ci.

 

Sur un autre plan, Lionel COLLET estime qu’il faut dépasser progressivement la dualité universités/grandes écoles. Il suggère la constitution d’ensembles, ménageant naturellement l’autonomie et la spécificité de chacun c’est-à-dire, UFR d’une part, et grandes écoles de l’autre. La perspective d’une intégration des classes préparatoires dans les universités semble en revanche davantage possible à moyen terme.

 

Enfin, interrogé sur la carte universitaire, le président de la CPU indique qu’il n’est pas favorable à la suppression de petites universités et que la permanence de 83 universités lui semble crédible. En revanche, il suggère une meilleure coopération entre les différentes universités et l’intensification d’un fonctionnement en réseaux. Il redoute, enfin, que le mouvement, qui en est à sa huitième semaine, ne favorise, dès la rentrée prochaine, l’attractivité et donc la place des grandes écoles au détriment de l’université.

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