frederic.degournay
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

© 

Lionel COLLET, Président de la CPU, considère que la crise que nous connaissons actuellement relève de quatre dossiers majeurs :

  • L’emploi dans l’enseignement supérieur ;

  • La modification du décret de 1984 relatif aux enseignants chercheurs ;

  • La réforme de la formation des maîtres ;

  • La question globale de la recherche.

La crise a pris de l’ampleur pour plusieurs raisons :

  • Un mauvais calendrier et un mauvais timing ;

  • Une absence caractérisée d’écoute des interlocuteurs et des métiers ;

  • L’idée selon laquelle la loi LRU risque de conduire à un désengagement de l’Etat ;

  • Enfin, l’annonce de la suppression de 225 emplois dans les universités, initiative malheureusement symbolique.

À partir d’un tel contexte, nous avons assisté à une inflation de revendications et au développement d’une situation tendue et grave. Cette situation est en même temps circonscrite à un certain nombre d’universités et donc hétérogène sur le territoire. A noter que les étudiants sont relativement peu engagés dans le mouvement qui est d’abord celui des personnels et des différents corps de métiers au sein de l’université.

Lionel COLLET indique que sa première initiative de nouveau président de la CPU a consisté à alerter directement le Président de la République dès le 5 janvier de la gravité et de l’ampleur du mouvement en gestation.

Aujourd’hui, la situation paraît relativement bloquée, même si des négociations sont engagées sur la modification du décret de 1984 qu’il faut dépasser, ainsi que sur la réforme de la formation des maîtres. La CPU estime que l’idée de réformer de toute urgence les conditions de formation des maîtres n’était pas indispensable et que tout s’est fait dans une précipitation inutile. En revanche, la Conférence des Présidents d’Universités considère que le décret de 1984 doit être profondément transformé, car le métier a réellement changé.

Interrogé sur son sentiment concernant la loi LRU de l’été 2007, Lionel COLLET estime que le noyau dur de cette loi, fondée sur la déconcentration de la gestion des universités, doit être préservé. En revanche, il se dit ouvert à de profondes évolutions du modèle de gouvernance des établissements qui, selon lui, n’est pas satisfaisant. En tous les cas, il se déclare prêt à des évolutions de la loi LRU dans ce domaine particulier, proposant par exemple que chaque président d’université ne soit en charge que de l’administration de celle-ci.

Sur un autre plan, Lionel COLLET estime qu’il faut dépasser progressivement la dualité universités/grandes écoles. Il suggère la constitution d’ensembles, ménageant naturellement l’autonomie et la spécificité de chacun c’est-à-dire, UFR d’une part, et grandes écoles de l’autre. La perspective d’une intégration des classes préparatoires dans les universités semble en revanche davantage possible à moyen terme.

Enfin, interrogé sur la carte universitaire, le président de la CPU indique qu’il n’est pas favorable à la suppression de petites universités et que la permanence de 83 universités lui semble crédible. En revanche, il suggère une meilleure coopération entre les différentes universités et l’intensification d’un fonctionnement en réseaux. Il redoute, enfin, que le mouvement, qui en est à sa huitième semaine, ne favorise, dès la rentrée prochaine, l’attractivité et donc la place des grandes écoles au détriment de l’université.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
« Il faut aider les Russes qui fuient, qui s’opposent »
Alors que Vladimir Poutine a lancé la Russie dans une fuite en avant en annonçant la mobilisation partielle des réservistes, et des référendums dans les régions ukrainiennes occupées, quelle réaction de la société civile, en Russie ou en exil ? La chercheuse Anna Colin Lebedev et trois exilées qui ont quitté le pays depuis l’invasion de l’Ukraine sont sur notre plateau.
par À l’air libre
Journal — Justice
Ce double condamné que Macron envoie représenter la France
À la demande d’Emmanuel Macron, Nicolas Sarkozy a représenté la France, mardi 27 septembre, aux obsèques de l’ancien premier ministre japonais. Le fait que Nicolas Sarkozy ait été condamné deux fois par la justice, notamment pour « corruption », et soit lourdement mis en examen dans l’affaire libyenne, notamment pour « association de malfaiteurs », ne change rien pour l’Élysée.
par Fabrice Arfi et Ilyes Ramdani
Journal
Logement social : Macron au pied du mur
Après cinq ans de purge, les bailleurs sociaux espèrent un changement de cap pour ce nouveau quinquennat, alors que deux millions de personnes sont en attente d’un logement social. Les éléments budgétaires présentés lundi n’ont guère rassuré.
par Lucie Delaporte
Journal — Budget
Le gouvernement veut trop vite tourner la page du « quoi qu’il en coûte »
Le prochain budget marquera la fin des mesures d’urgence pour l’économie et le système de santé qui dataient de la crise du Covid-19. Le clap de fin du « quoi qu’il en coûte » en somme, dont le gouvernement ne veut plus entendre parler pour résoudre la crise énergétique actuelle. Il pense qu’il pourra maîtriser les dépenses publiques sans pour autant risquer une récession. À tort. 
par Mathias Thépot

La sélection du Club

Billet de blog
Trop c’est trop
À tous ceux qui s’étonnent de la montée de l’extrême droite en Europe, il faudrait peut-être rappeler qu’elle ne descend pas du ciel.
par Michel Koutouzis
Billet de blog
Italie : il était une fois l’antifascisme
On peut tergiverser sur le sens de la victoire des Fratelli d'Italia. Entre la revendication d'un héritage fasciste et les propos qui se veulent rassurants sur l'avenir de la démocratie, une page se tourne. La constitution italienne basée sur l'antifascisme est de fait remise en cause.
par Hugues Le Paige
Billet de blog
Giorgia Meloni et ses post-fascistes Italiens au pouvoir !
À l’opposé de ce qui est arrivé aux autres « messies » (Salvini, Grillo…), Giorgia Meloni et ses Fratelli d’Italia semblent - malheureusement - bien armés pour durer. La situation est donc grave et la menace terrible.
par yorgos mitralias
Billet de blog
Interroger le résultat des législatives italiennes à travers le regard d'auteur·rices
À quelques jours du centenaire de l'arrivée au pouvoir de Mussolini, Giorgia Meloni arrive aux portes de la présidence du Conseil italien. Parfois l'Histoire à de drôles de manières de se rappeler à nous... Nous vous proposons une plongée dans la société italienne et son rapport conflictuel au fascisme en trois films, dont Grano Amaro, un film soutenu par Tënk et Médiapart.
par Tënk