Disparition de Christophe Bertrand, jeune compositeur

Nous l'avons appris lundi dernier, sur l'antenne de France Musique, par la voix amie et émue de Jean-Pierre Derrien : le compositeur Christophe Bertrand, étoile montante de la scène contemporaine française, nous a quitté vendredi 17 septembre à l'âge de 29 ans. Artiste écorché, mais non sans humour, élève de Ivan Fedele au CNSM de Paris (il a également suivi les enseignements de Philippe Hurel, Tristan Murail, Brian Ferneyhough et Jonathan Harvey), ami de Bruno Mantovani et ancien pensionnaire de la Villa Médicis à Rome, Christophe Bertrand avait commencé la musique dans sa ville de Strasbourg, et s'était très tôt engagé dans la défense de la musique de son temps, notamment en tant que pianiste de l'ensemble Accroche Note.

Ce jeune homme à la fois ténébreux et taciturne, mais dont le rire restera dans nos mémoires, était indéniablement attachant. Agitée et délicate, sombre et colorée, magnifiquement déchirée, sa musique se refusait délibérément à se conformer au moule préétabli du petit milieu de la musique contemporaine. Révélé voilà dix ans par le festival Musica de Strasbourg, remarqué par le grand Pierre Boulez, qui créa quelques unes de ses partitions, il s'est très vite vu commander de nombreuses oeuvres, par diverses institutions musicales et de nombreux musiciens qui en ont assuré la création. Citons parmi eux Garth Knox, le quatuor Arditti, Hidéki Nagano, Marc Coppey, Juliette Hurel, Claire-Marie Le Guay et bien d'autres...

Aujourd'hui, si les hommages se multiplient, nous donnant l'espoir que la postérité donnera à son oeuvre la place qu'elle mérite, c'est la tristesse qui domine. Un ami nous a quitté — et les amis nous quittent toujours trop tôt.

 

Vous pouvez réécouter l'hommage de Jean-Pierre Derrien ici

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