La spoliation des terres du Sud, par Alfredo Bini

Au marché d'Addis-Abeba. Un marchand de primeurs dont l'activité est aujourd'hui menacée. © Alfredo Bini/Cosmos Au marché d'Addis-Abeba. Un marchand de primeurs dont l'activité est aujourd'hui menacée. © Alfredo Bini/Cosmos

L'accaparement des terres du Sud par des multinationales et des Etats est un sujet régulièrement traité sur Mediapart (voir ici le dossier rassemblant nos reportages, analyses, interview...). Les 20 photos d'Alfredo Bini proposées dans notre portfolio viennent témoigner de la destruction radicale des pratiques agricoles, entrainant pauvreté, famine et épuisement des sols.

Après la crise des denrées alimentaires en 2007-2008, entrainant notamment des émeutes de la faim dans les pays du Sud, les États de la péninsule arabe, ont naturellement porté leur regard vers l'Ethiopie, un des pays les plus impliqués dans la «location de terres».
Profitant des concessions garanties par le gouvernement du Premier ministre éthiopien Meles Zenawi et les divers programmes d'aide et de financement de la Banque mondiale et du FMI, le gouvernement éthiopien et de nombreux investisseurs privés se sont lancés dans des entreprises agricoles. Dans les latifundia, loués principalement par le biais de négociations privées («La terre est vierge et vide», affirme le gouvernement), la production alimentaire et de bio-carburant destinée aux pays développés fait l'objet d'une vaste planification de développement des monocultures. Des milliers de serres produisent aussi des fruits et légumes exportés quotidiennement pour les hôtels et restaurants élégants des Emirats arabes unis.

Mais ce commerce est fait au mépris des populations locales: ces pratiques réduisent les ressources en eau, anéantissent des modes de culture et d'élevage ancestraux, appauvrissent les paysans et désormais la population ne peut survivre que grâce à la nourriture des programmes d'aide internationaux.

A noter: ce reportage d’Alfredo Bini est que le premier volet d’un projet beaucoup plus vaste sur l’accaparement de terres dans le monde. Son prochain reportage est prévu en Argentine, s’il arrive à trouver les financements nécessaires. Si des lecteurs de Mediapart sont intéressés à le soutenir, ils peuvent se mettre en contact avec lui sur ses comptes Facebook et Twitter (@alfredobini75)

Voir le portfolio sur Mediapart en cliquant ici.

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