Misha Friedman «dans le mouroir des tuberculeux»

Russie. Une infirmière trie les dossiers des patients morts récemment. © Misha Friedman/Cosmos Russie. Une infirmière trie les dossiers des patients morts récemment. © Misha Friedman/Cosmos

Les 20 photos que proposent Mediapart et l'agence Cosmos dans ce portfolio sont un travail mené sur cinq ans par le photographe Misha Friedman pour documenter la tuberculose dans l'ex-Union soviétique.

Dans ces photos en noir et blanc, prises en Ouzbékistan, Ukraine et Russie, se glissent des présences fantomatiques. «La plupart des gens que vous voyez ici sont morts», expliquait Misha Friedman au New York Times, en février 2012. «Mes photos ne leur ont pas été d'un grand secours, mais peut-être vont-elles aider les gens dans le futur. Peut-être vont-elles aider à la collecte de fonds.» Elles permettent en tout cas de prendre conscience de l'indigence des soins et des conditions de vie plus que misérables que subissent les personnes atteintes de tuberculose.

Andrei, 46 ans, toxicomane pendant de nombreuses années, vient de mourir. © Misha Friedman/Cosmos Andrei, 46 ans, toxicomane pendant de nombreuses années, vient de mourir. © Misha Friedman/Cosmos
La dix-neuvième photo du portfolio, celle de de la mort d'Andrei, 46 ans, toxicomane, a une histoire particulière. Un peu plus tôt, Misha Friedman avait longuement discuté avec le malade, qui avait accepté qu'il revienne le photographier. Quand soudain les médecins se précipitèrent au chevet de l'homme, le photographe a suivi. Andrei venait de mourir, le médecin en posant sa main doucement sur le visage de l'homme, cherche une ultime trace de vie. «C'est parce qu'Andrei m'avait donné la permission de le photographier quand il était vivant» que Misha a sorti son appareil numérique Leica M8.

Avant d'être photo reporter, Misha Friedman a longtemps travaillé avec les équipes de Médecins sans frontières. Il était alors logisticien. Et c'est en amateur qu'il a commencé à photographier, en 2005 au Darfour. Et c'est en 2008, en Tchétchénie, qu'il s'est décidé à franchir le pas et à faire du photojournalisme son métier. On peut voir son travail sur le site de l'agence Cosmos (cliquer ici)

Pour voir le portfolio sur Mediapart, cliquer ici

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