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Billet de blog 5 oct. 2012

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Les trois jours noirs des Indignés espagnols

En Grèce, les manifestations contre l'autérité sont quotidiennes. En Espagne, après trois jours d'affrontement entre les forces de l'ordre et le mouvement des Indignés, un nouveau rassemblement est prévu le 13 octobre. Notre photoreporter Sylvain Cherkaoui a vécu ces journées de violence et ce sont 18 de ses photos que nous vous proposons aujourd'hui, en collaboration avec Mediapart (voir le portfolio ici)

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En Grèce, les manifestations contre l'autérité sont quotidiennes. En Espagne, après trois jours d'affrontement entre les forces de l'ordre et le mouvement des Indignés, un nouveau rassemblement est prévu le 13 octobre. Notre photoreporter Sylvain Cherkaoui a vécu ces journées de violence et ce sont 18 de ses photos que nous vous proposons aujourd'hui, en collaboration avec Mediapart (voir le portfolio ici)

Madrid, le 25 septembre 2012. Manifestation des Indignés contre l'autérité. © Sylvain Cherkaoui / Cosmos

Né en France en 1978, Sylvain Cherkaoui est photographe depuis 2001. Il a commencé sa carrière à Paris en collaborant avec des magazines et journaux généralistes.
En 2004, il s'installe à Madrid, et pendant cinq ans il photographie pour le journal national espagnol ADN  tout en collaborant avec d'autres médias nationaux et internationaux, comme l'Irish Times, Le Courrier International, et Time Magazine.
Il est actuellement basé à Dakar en tant que photographe freelance, et concentre son travail sur l'actualité en Afrique de l'Ouest. Il est représenté par l'agence Cosmos Photo.

Voici son récit des trois jours de manifestations et de répression.

« Madrid, le 25 septembre 2012. Des Indignados venus de toute l’Espagne se réunissent près du Parlement. Ils se révoltent contre la politique d’austérité du gouvernement Rajoy. Un seul mot d’ordre : encercler symboliquement le bâtiment pour demander la dissolution de l’assemblée.

Des milliers d’Espagnols de tous âges se réunissent pacifiquement sur la place Neptune. Au fil des heures, l’ambiance est de plus en plus tendue à cause de la forte présence policière, perçue comme une provocation et qui génère de la frustration parmi les Indignés. Une poignée de manifestants, qui seraient, selon certains témoins, des policiers infiltrés, forcent les barrières installées par les autorités.

La réaction de la police ne se fait pas attendre, et les représailles sont violentes. Dans la panique, les coups de matraque pleuvent sans distinction : manifestants, cameramen, passants… Tout le monde reçoit des coups. Quelques bouteilles volent.

Des Indignados se réfugient alors dans un bar proche de la place. La police tente d’y pénétrer, mais un des serveurs les en empêche en faisant barrière de son corps. Il sera érigé en héros par certains médias. D’autres manifestants fuient dans les couloirs du métro Atocha. Les forces de l’ordre les poursuivent et tirent des balles en caoutchouc. Les agents de sécurité du métro, rangés aux côtés des policiers, distribuent eux aussi des coups de matraque.

Bilan de la soirée : 64 blessés, dont 27 seraient des policiers. 34 manifestants sont arrêtés. Tous devront répondre du même chef d’accusation : ils sont suspectés de délit contre les institutions. 

La réponse des Indignados ne tarde pas. Dès le lendemain, il y aura un nouveau rassemblement, ainsi que le samedi 29 septembre. Le mot d’ordre reste le même : la dissolution du Parlement et la démission du gouvernement. A cela s’ajoute la demande de libération des détenus arrêtés le 25.

Durant les deux manifestations suivantes, la participation sera légèrement inférieure à celle du 25 septembre. Les charges policières se solderont par trois mises en détention le 26 septembre, et par 12 blessés légers et deux arrestations le 29.

Le 13 octobre prochain aura lieu une nouvelle manifestation contre le sauvetage des banques grâce au Fond d’Etat espagnol, autrement dit les contribuables. Le nouveau mot d’ordre sera : “On ne doit rien, on ne paie rien”. »

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