Alors, ça sert à quoi un journaliste ?

A quoi sert un journaliste ? Qui est-il ? Ce sont les questions que se posent les 2emes Assises du journalisme à Lille.

 

Je vous livre ce que j'en pense : un journaliste n'est pas du tout, mais alors pas du tout ce que Patrick Eveno dit dans son billet édité sur le site des Assises http://assisesdujournalisme.com/index.php?option=com_content&task=view&id=296&Itemid=298. Patrick Eveno est provocateur, par habitude, mais comme d'habitude il est pessimiste et pense que les journalistes ne sont que des gens intéressés par le pouvoir ou du moins la proximité avec le pouvoir.

 

Attention : proximité ne signifie pas complaisance, ou pas systématiquement. La proximité est une des clés de notre métier.

 

A quoi sert un journaliste ? à porter la plume là où ça fait mal, c'est ainsi depuis Théophraste Renaudot et Albert Londres, l'erreur serait de faire mourir cet idéal ('illusion' diront certains) car nous devons faire preuve de vigilance, de critique constructive constante.

Nous devons faire la critique constructive de ce qui nous entoure, expliquer, faire comprendre, montrer que ce que l'on nous dit n'est pas la vérité nue mais UNE vérité marquée par les intérêts de la personne ou de l'institution qui les porte.

 

Nous devons sans cesse nous remettre en question afin que nous-mêmes puissions remettre en question ce que nos sources nous disent. Par principe d'indépendance, un journaliste ne doit pas servir les intérêts des puissances économiques, financières, politiques, sociales.

 

Un journaliste est une vigie, un avertisseur. Il doit être vigilant par essence pour que ses lecteurs ou auditeurs puissent prendre conscience de ce qui se passe -quand ils n'ont pas les moyens d'en prendre conscience seuls.

Il doit faire le tri entre les milliers d'infos qui lui parviennent, c'est un rôle qui prend un sens aigu à l'heure de l'Internet et de la divulgation de rumeurs et de ballons d'essais.

 

Enfin, un journaliste sert "les intérêts des valeurs" qu'il a en lui ou qu'il estime justes pour faire avancer la société. Il n'est pas neutre. Il peut et a même le devoir de faire avancer la société en promouvant le respect d'autrui (et de ses croyances, modes de vie, moeurs ou idées), l'ouverture d'esprit, la liberté de penser, l'égalité entre les gens, la fraternité, le respect de l'environnement, et même la désobéissance civile.

Un journaliste conservateur voire réactionnaire ne sert à mon avis que les intérêts de la classe à laquelle il appartient, et il ne sert pas à grand-chose, sur le plan de la progression de la société j'entends.

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