Il était une fois ... Paulette Nardal

Il était une fois ... Paulette Nardal ...

Il était une fois Paulette NARDAL

Femme fondamentale de l’éveil de la conscience « nègre »

 

Félix Jeanne Paule Nardal dit « Paulette Nardal » est née au François en Martinique, le 12 Octobre 1896 et est décédée le 16 Février 1985 à l'âge de 89 ans. Son père Paul NARDAL, est le premier ingénieur d’origines africaines qui devint directeur des « Ponts et Chaussées », ancêtres des « Travaux Publics » transformés par la suite en Direction de l’Équipement (Il a construit le pont de l'Alma) et sa mère Louise Marceline Mérope ACHILLE, est une pianiste de talent, très pieuse et très impliquée socialement. 

Pendant toute son enfance et son adolescence, Paulette baigne, avec ses six sœurs dont elle est l'aînée, dans une conception élevée du service sociale et dans l’atmosphère éclairée par la foi, la beauté intérieure, musicale et poétique de ses parents. 

Après des études classiques à Fort de France, elle part en 1920  à Paris pour obtenir un diplôme d'Études Supérieures de Langues. C’est tout naturellement par tradition familiale que Paulette en médiatrice interculturelle avant-gardiste, reçoit chez elle dans son salon de Clamart, de nombreux jeunes gens de la diaspora africaine dont René Maran, Claude Mc Kay, Langston Hughes, Jean Price Mars, Richard Wright, Marian Anderson, Marcus Garvey, Nicolas Guillen, Léopold Sédar Senghor, Léon-Gontran Damas, Gerty Archimède, Jenny Alpha, Suzanne et Aimé Césaire, et bien d’autres, … 

Paulette Nardal fonde avec entre autres Félix Éboué dans les années 30 « La Revue du monde noir ». Elle est l'une des premières étudiantes de descendance africaine à étudier à la Sorbonne (où elle présente sa thèse sur Harriet BEECHER STOWE, femme de lettres et abolitionniste américaine, auteure de « La case de l’Oncle Tom »), à fréquenter « Le Bal Nègres » et autres grands lieux branchés de Paris. Paulette est considérée comme l’inspiratrice du mouvement littéraire de la « Négritude ». 

Se sentant proche de l’Afrique et des Africains, Paulette se rend au Sénégal en 1937 sur invitation de son ami Léopold Sédar Senghor (qui l’honore  quelques années plus tard de la médaille Grand-Croix de l’Ordre National) et s’engage politiquement contre l’invasion de l’Éthiopie par l’Italie fasciste de Mussolini en 1938.

L’année suivante, alors qu’elle rentre de Martinique en bateau, son navire est coulé par un sous-marin allemand. Paulette parvient à se sauver en se jetant dans un canot de sauvetage, mais se fracture les deux rotules dans la chute ; elle en restera infirme à vie. Dès sa sortie de l’hôpital anglais où elle est soignée, elle retourne vivre en Martinique où en dissidente motivée, elle donne clandestinement des cours d’anglais à des jeunes désireux de rejoindre Charles de Gaulle à Londres. 

Après la guerre, à la demande de Ralph Bunche 1er afro-américain Prix Nobel de la Paix, ami de Martin Luther King, elle part à New York pour travailler au Secrétariat de I'ONU, mais son handicap l’a contraint à revenir plus tôt en Martinique. 

Les graves infirmités qui découlent du naufrage Bretagne ne l’empêcheront pas de militer à travers son « rassemblement féminin » qu’elle fonde en 1945 ou sa revue "La femme dans la cité", pour l’entrée des femmes, notamment antillaises, en politique, et pour l’obtention du droit de vote, (une demande aboutira en 1946). Elle collabore également aux journaux : « La Paix » et « L'Information » et s’affilie à « l'Union Féminine Civile et Sociale » dont le rôle était de permettre aux femmes de couleurs qui venaient d'accéder au droit de vote, de se préparer à leur rôle civique et social....

 

Dans la continuité des expressions humanistes et universelles de nos aîné(e)s, l'Edition "de la Négritude à la Féminitude" vous proposent de participer à l'histoire d'un avenir à construire ensemble ... 

Autour de sa vie, son œuvre et d’itinéraires croisés …  

Voilà comment l’Organisation de la Médiation Culturelle Maritime et ses partenaires émettent leurs invitations au voyage : www.mkreol.eu

Paulette Nardal n’a pas été que la co-fondatrice de « La Revue du Monde Noir » et l’inspiratrice du mouvement intellectuel et poétique de la « Négritude ». Elle a été une citoyenne médiatrice interculturelle,  journaliste engagée,  dissidente attentive à chaque progrès de la libération des femmes, femme fondamentale de l’éveil de la conscience « nègre » et de la pensée « Kréol » universelle. 

Mais après « La Revue du Monde Noir » et celle de « La Femme dans la Cité » comment s’expriment aujourd’hui les Femmes en Dissidence, les Femmes en Négritude, …, les Femmes du Tout Monde ?   

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