Il faut une loi pour garantir le pouvoir d’achat

Les biens de consommation invendus sont partout massivement détruits…

Par manque de pouvoir d’achat, la misère s’étend.

Dans cette société de gaspillage, le problème n’est donc pas économique, il est juridique.

Il faut une loi pour garantir le pouvoir d’achat

L’exclusion aurait pour cause une crise « économique ». Or, une crise est économique lorsque les magasins sont vides par manque de matières

premières, d’énergie, de main-d’œuvre, de savoirs et de technologie. Lors d’une crise économique, même avec de l’argent, on ne peut quasiment rien acheter par pénurie de production.

La science économique, c’est la gestion de la pénurie des biens et des services. C’est la gestion de la rareté.

Or, malgré les quotas qui limitent les productions, malgré les soldes, on détruit massivement les invendus tels que les produits de consommation courante. Un exemple, chaque année, on détruit 50% des fruits et légumes. La destruction contredit la gestion de la rareté des richesses.

Si le problème n’est pas économique, quel est-il ?

Le problème numéro un, c’est, pour beaucoup, une pénurie de pouvoir d’achat. Dans un monde d’abondance, des gens sombrent dans la misère par insuffisance de pouvoir d’achat. Qu’est-ce que le pouvoir d’achat ? C’est de l’argent qui vient des revenus qui, eux-mêmes, proviennent des investissements. Et les investisseurs trouvent cet argent dans un seul et unique endroit, la banque. Le problème, c’est qu’ils achètent cet argent contre intérêts. Mais ces intérêts, les intermédiaires s’en débarrassent en les répercutant sur les prix à la consommation. Résultat, nous payons, en moyenne, pour un produit acheté, 30% d’intérêts.

Ces intérêts abaissent donc le pouvoir d’achat de 30%. Une goutte d’eau pour les riches, une charge insupportable pour les bas revenus.

Situation d’autant plus scandaleuse, quand on sait que l’argent en circulation est électronique à plus de 90%, sa création est quasiment gratuite, des chiffres et des lettres sur un disque dur d’ordinateur. Conséquence, toute production de richesses provoque un nouvel endettement. Avec obligation de travailler toujours plus au-delà de nos besoins, produire n’importe quoi dans n’importe quelle condition, au nom du seul paiement des intérêts. Et ce supplément de travail va créer des richesses provoquant inexorablement un nouvel endettement, et ce, jusqu’à la fin des temps…

On entretient cette croyance fausse que l’argent vient des profits réalisés par les entreprises. La réalité est radicalement différente, d’un côté, les richesses produites dans les entreprises (biens ou services) et, de l’autre, l’argent créé dans les banques. Deux origines totalement différentes. La rencontre des richesses et de l’argent se faisant uniquement au moment de l’achat. D’ailleurs, si ma monnaie venait des richesses marchandes, les salariés les responsables d’entreprises iraient tous en prison en tant que faux-monnayeurs ! Seules, les banques ont le droit de créer de la monnaie. Pas un centime n’est créé en dehors d’un organisme bancaire. Et pourtant, on nous fait croire qu’on peut faire travailler l’argent.

A l’origine, le banquier, par la monnaie, donnait un droit, celui de prendre (acheter). Ce droit ne se vendait pas. La monnaie, inventée pour dépasser les conflits provoqués par le troc, avait pour fonction de pacifier les relations humaines. Payer vient du latin « pacare » qui signifie « faire la paix..» Les intérêts, en transformant la monnaie en marchandise, sont à l’origine d’un système générateur d’inégalités et d’exclusion. D’intègre, le banquier s’est transformé en juge corrompu. Il faut que la monnaie soit créée, non pas en fonction d’intérêts privés, mais uniquement en quantité équivalente aux richesses produites.

Dénoncer les causes qui entraînent les gens vers la misère sous toutes ses formes, c’est affirmer haut et fort que le pouvoir d’achat (l’argent en l’occurrence) n’est pas un problème d’ordre économique, n’est pas un problème de production. Que l’attribution de la monnaie pour le pouvoir d’achat relève du domaine de la justice, et donc du droit. Le droit appelant un positionnement législatif.

Le groupe « Libérons La Monnaie » agit pour que les parlementaires votent une loi redonnant aux Etats le contrôle d’une monnaie publique et sans intérêts.

 

 

 

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