Capitalisme ou Financiarisme

Peut-on encore aujourd'hui parler de capitalisme tel qu'il a été théorisé il y a plus d'un siècle et demi maintenant.

 

Tous les jours qui passent nous alertent sur un système bancaire déficient, aux abois, aux conséquences graves mais surtout imprécises. Les journeaux télés, radios, presses ecrites nous abreuvent d'interviews de spécialistes, de responsables, d'acteurs du milieu bancaire et financier qui veulent nous rassurer ou nous inquiéter. Pourtant, y-a-t-il réellement quelqu'un qui comprenne quelque chose à l'effervescence ambiante autour des guichets et des back-offices de toutes les places financières mondiales? On peut raisonnablement croire que non !

 

Moi le premier, pas financier ni économiste pour deux sous, je ne peux bien entendu absolument pas eclairer si peut soit-il la moindre lanterne ni même le moindre lampion du plus petit acteur de ces jeux du cirque des temps modernes. Une chose est néammoins certaine, la banque et sa finance ont fini par detruire le fameux capitalisme que l'on nous présentait encore, au lendemain de l'effondrement du bloc communiste, comme le seul système viable pour l'humanité. Au siècle dernier et jusqu'au début des années 90, le capitalisme classique, sous son habit vertueux, promettait à tout un chacun un avenir meilleur. Oh ! Pas une corne d'abondance mais deux ambitions bien réelles.

 

La première : une valorisation par le travail de son niveau de vie. Un petit plus, une toute petite folie dans la vie un jour par-ci par là et surtout, la promesse d'un futur bienveillant et meilleur pour sa descendance. La plupart des salariés, employés, petits ou moyens, parvenaient encore et toujours à croire à des lendemains qui, sans chanter à tue-tête, fredonnaient tout de même quelques ritournelles d'espoir. L'homme et la femme, à leur travail, ne se contentaientt pas, pour la majeure partie d'entre eux de survivre, mais avaient bel et bien la sensation de se construire une vie et surtout un avenir.

 

La deuxième : La réelle espérance pour quelques nouveaux aventuriers, de pouvoir se hisser au sommet de pyramide des enrichis, qui par l'exploitation d'une idée, qui par celle d'une découverte et tous par une vie entièrement vouée au travail jusqu'à ce que réussite s'en suive. Un espoir parfois déçu mais au moins, toujours vivace dans les esprits de ceux qui se sentaient comme des pionniers et des défricheurs. La réussite de quelques uns ne faisant qu'entaîner et dynamiser encore plus la rage et le désir de vaincre de ces entrepreneurs en herbe.

 

Voilà qu'aujourd'hui, les fortunes ne sont font plus du tout au travail. Que ce soit en travaillant soi-même ou en faisant travailler les autres. Le patron du siècle dernier, s'il ne succombe pas aux affres de la finance et des placements à tous crins, se verra racheter, ratiboiser, globaliser par ce que l'on appelle encore aujourd'hui symboliquement " les fonds de pension".

 

Le capitalisme a définitivement tourné la page de l'humanisme qu'il voulait représenter, la plupart du temps teintée de paternalisme, pour s'engouffrer dans la brêche de l'impersonnelle, de l'individualisme et du non-respect de ses propres valeurs fondatrices. On a l'impression d'un hydre prêt à dévoré ses propres enfants, à les sacrifier sur l'autel de la finance. Qu'une entreprise fasse des bénéfices n'est plus rien, si ses bénéfices ne sont pas le fruit da financiarisation. La preuve en est que toutes les entreprises bien portantes et réalisant des bénéfices substanciels n'ont que deux idées en tête : Réduire les coups salariaux en licenciant la où le travail est trop chère pour l'implanter la où la main-d'ouevre est plus économique. Ou bien, englober son rival afin de gagner parts de marché et projets tout en réduisant les frais inhérents à la bonne marche de deux entreprises qui ne feront plus qu'une. Les fameuses fusions-acquisitions qui ont toutes, sans exception, été une catastrophe pour l'emploi et la pérennisation du travail.

 

Le Capitalisme a tenu 1 siècle et demi, bon an mal an, il me paraît illusoire de penser que son excroissance, le financiarisme, puisse survivre à plus de 3 ou 4 décénnies. Et Après

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