Lucie Eple
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Editer au Maghreb

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Billet de blog 20 déc. 2011

Exploration collective de deux maisons d’édition du Maghreb

Libfly.com est unréseau social de passionnés de lecture. Soucieux d’ancrer son animation littéraire dans l’actualité contemporaine inédite constituée des mouvements politiques et sociaux dans les pays arabes, le site diffuse en ce moment plus de 200 livres des éditions tunisienne Elyzad et algérienne Barzakh à ses membres.

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Libfly.com est unréseau social de passionnés de lecture. Soucieux d’ancrer son animation littéraire dans l’actualité contemporaine inédite constituée des mouvements politiques et sociaux dans les pays arabes, le site diffuse en ce moment plus de 200 livres des éditions tunisienne Elyzad et algérienne Barzakh à ses membres.

Nous proposons aujourd’hui aux contributeurs de Mediapart de rejoindre les lecteurs de Libfly et de recevoir des livres des deux maisons d'édition contre des chroniques de lecture.

La découverte à l’été 2011 du bel article de Christine Marcandier sur Mediapart, nous a en effet incités à faire la part belle à l’édition maghrébine. Le désir permanent de valoriser des productions éditoriales de qualité nous a naturellement conduits vers ces deux maisons d’édition, dont les deux pays ont à la fois une grande proximité géographique et deux destins contemporains sensiblement différents. Ceci constituant des éléments de réflexions supplémentaires pour une mise en perspective de nos lectures.

Elyzad existe depuis 2005 en Tunisie et Barzakh depuis 11 ans en Algérie. Il s’agit de deux éditeurs majeurs au Maghreb, mais également en France où leurs titres sont largement diffusés, parfois via des coéditions, notamment avec Actes Sud. Mues par la volonté de refléter le métissage de leurs pays et plus largement des littératures méditerranéennes, ces maisons ont relevé des défis propres aux conditions socio-politiques locales et internationales, et sont aujourd’hui plus que jamais aux prises avec une actualité mouvementée.

Elisabeth Daldoul, fondatrice des éditions Elyzad, aime rappeler une anecdote édifiante à ce propos : Au moment des événements en Libye, les Libyens sont venus massivement en Tunisie. Dans une clinique de la ville, une vieille femme tunisienne, institutrice à qui nous avions offert "La compagnie des Tripolitaines", s'est retrouvée dans la même chambre qu'une malade libyenne. Comme partout dans le monde, entre voisins nous ne sommes pas tendres ! Et bien cette femme âgée a osé parler à sa voisine de chambre parce qu'elle avait lu ce livre, qui l’avait beaucoup émue. Le miracle de la littérature ! Faire tomber les a priori, les clichés, ouvrir les esprits !

Essais (L’image de la femme au Maghreb, ouvrage collectif dirigé par Khadija Mohsen-Finan, Derrida à Alger, dirigé par Mustapha Chérif ainsi que Les médias en Méditerranée…), beaux-livres (Une nation en exil, poèmes de Mahmoud Darwich illustrés par Rachid Koraïchi, Cinq fragments du désert de Rachid Boudjedra), romans (Mon cher fils de Leila Sebbar, Le paradis des femmes d’Ali Bécheur, Tunis par hasard d’Anne-Christine Tinel, Dedans, Dehors, de Sophie Bessis, La prière du Maure, roman policier d’Adlène Meddi, Nos silences de Wahiba Khiari…), recueil de nouvelles (Le Minotaure 504, Vingt ans pour plus tard…) Témoignages (Enfances tunisiennes)… C’est toute la diversité des deux éditions que nous vous proposons de découvrir.

Ce sera, nous l’espérons, l’occasion d’engager des discussions, de publier des retours de lecture, de proposer d’autres approches, d’approfondir et d’enrichir notre connaissance du Maghreb et de sa littérature, à quelques mois de l’anniversaire de la révolution de Jasmin et du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie.

« Nul ne peut fuir ses responsabilités, ni au « Nord » ni au « Sud », en prenant prétexte des crimes de l’autre, cherchant par-là à faire diversion. Derrida rappelait à chacun ce qui est requis, le droit à la critique de l’autre, certes, mais aussi le devoir d’autocritique, associé néanmoins au souci de l’hospitalité, de l’exemplarité du témoignage et du bien commun. D’autant qu’il est permis de se demander si parler encore d’ « Occident » ou d’ « Orient » ou de « Nord » et de « Sud » fait réellement sens, non seulement à cause du passé Judéo-islamo-chrétien étroitement imbriqué, mais parce que la vérité d’aujourd’hui est celle d’un mode de vie mondialisé […] et que ce fonctionnement […] expérimente actuellement ses propres limites, acculé à une impasse, une forme de déshumanisation où la sauvagerie reprend ses droits. Dès lors, plutôt que d’évoquer des divisions, voire des affrontements, il devient urgent de penser à ce qui, désormais, nous concerne tous, à partir, et en prévision, d’un destin commun. »

Mustaphâ Chérif – Ouverture de Derrida à Alger – Barzakh/Actes Sud -2008.

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