Idée didactique

Rappel: la didactique est l'art de transformer un savoir-faire, un savoir, un savoir-être en "objets d'enseignement". J'ai déjà évoqué la transgression des règles d'une activité, pour en rendre l'accès plus facile ; ou pour mettre en évidence des aspects négligés par la pratique "sur le tas".. Aujourd'hui,  : imaginer des situations de désadaptation modérée pour faciliter l'initiation, ou franchir un obstacle affectif..

1/la fille préado d'une amie, à la piscine, nage sur le dos, en partant toujours de l'échelle. "Josée, tu ne nages pas sur le ventre?" "Non, Gilbert, je ne peux pas. :je suis très cambrée, j'ai un creux dans les reins, et si je me mets sur le ventre, il se remplit et me fait couler." Remarquable "rationalisation" de la crainte de plonger le visage...

Je lui propose d'aller jouer avec elle dans le petit bassin, pour s'amuser un peu.Là, elle s'aperçout qu'elle peut "faire des bulles" en comptant lentement jusqu'à 30, accroupie dans l'eau (appuis solides, visage immergé verticalement). Et puis, voir si on peut  prendre toutes sortes d'attitudes, et se relever "en mettant les pieds au fond en dernier". Dans le grand bassin, descndre l'échelle au plus profond et essayer de toucher le fond avec le pied, une main accrochée au dernier échelon ;puis, poser la main. Dans le petit bassin "puisqu'on sait se relever" et que je suis là, essayer de se mettre au fond sur le ventre :impossible...Moins d'une heure aptès, elle effectuait une "coulée" avec appui des pieds au mur, et "battait son record de distance" ...sur le ventre.

2/ activité "combat" proposée à un geroupe mixte de 12-13 ans (des filles déjà pubères, ou pré).Equipés d'un judogi ("kimono"), jeu : l'un des deux s'allonge sur le dos ; l'autre le saisit comme il veut, à condition de ne tenir que le vêtement. Si celui "en dessous" arrive à se mettre sur le ventre , ou dépasser une "frontière" tracée sur le tapis, en moins de 30sec, il (ou elle) a gagné. On commence garçons entre eux, filles entre elles. Puis onsonstitue des paires mixtes. Une seule fille  a,visiblerment ,été perturbée par le fait d'être coincée sur le dos par un garçon. Puis, ensuiote,  a pris part au jeu sans retenue.(j'avais choisi ses partenaires, et lui avais donné d'abord le rôle de "tenir l'autre")

3/Ski. Jeu en gymnase. On sait qu'on va partir le mois prochain à la montagne. Personne n'a jamais fait de ski., mais on a déjà essayé ses chaiussures, et matché un peu avec, sur des tapis brosses de gym  On montre comment  accrocher les chauissures aux skis.  On a installé , au milieu de la largeur de la salle, un "chemin "de tapis-brosses("tapis de chute "de gym). Les paires de skis sont dressées le long du mur d'en face(les réglages des fixations ont été faits hors temps, sans les gamins).les chaussures sont sur le chemin, chacun face à sa paire.mais une main au mur. Course :au signal, chacun doit se débrouiller pour parvenir à être debout, skis aux pieds, bras en l'air, sur les tapis. Ensuite, on va se pensher en avant de plus en plus :on ne tombe pas!.Puis, on s'accroupit et on s'asseoit à côté de ses skis. Premier debout!.

A la neige, première séance  : sur le plat damé, équipes de trois. "Course", jusqu'à la ligne d'arrivée (corde noire à 20m de la ligne de départ.. On a le droit de soutenir, rattraper, aider à se relever un équipier, mais l'équipe entière doit passer la ligne d'arrivée. On n'a démontré aucun geste, demandé aucune attitude. Après quatre courses, on va , seul, aller jusqu'à un fanion, tourner autour, et revenir au départ.

Je laisse au lecteur le soin de juger quels obstacles corporels ou psychologiques ces activités visent à franchir. Mais on peut noter qu'il n'y a pas été question de "technique" :il y a transgression, non pas des règles, mais des modes de pratique les plus courants. "Le geste du champion" est inaccessible au débutant :ce n'est pas en forgeant qu'on devient forgeron...

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