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Billet de blog 16 juin 2020

Maître Joseph avocat des opposants à Linky

Plus de 200 usagers ont assigné Enedis devant le tribunal judiciaire de Tarbes le 2 juin 2020 pour protester contre la mise en place des compteurs « intelligents » Linky. Le jugement a été mis en délibéré pour le mois de septembre. Nous avons rencontré Maître Jean-Pierre Joseph, leur avocat.

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Journaliste. Secrétaire national de l'ACO.
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Quel était l’objet de cette audience devant le Tribunal judiciaire de Tarbes ?

Plus de 200 particuliers ont saisi la justice dans cette affaire. Ils étaient répartis en deux catégories. Ceux qui n’avaient pas encore le compteur Linky et à qui on a dit qu’on allait leur installer, or ils n’en voulaient pas. Et ceux chez lesquels on avait déjà installé le compteur Linky et qui n’en voulaient plus. De son côté, Enedis estime que ce compteur est obligatoire et ne voit pas ce qui pose problème aux usagers avec cette installation.

Quels arguments avez-vous développés pour soutenir les opposants à Linky ?

Tout d’abord, il n’existe aucune obligation pour le particulier de recevoir ce compteur. Les gens ne viennent pas faire du « tourisme judiciaire ». Ce n’est pas un hasard si 200 personnes s’en plaignent. Alors que précédemment, personne ne s’était plaint du compteur gris électronique, ni du compteur bleu, des années en arrière, ni dans l’ancien compteur noir avec la roue qui tournait. Or, quand le compteur Linky a été installé, de nombreux problèmes sont apparus immédiatement. Beaucoup d’appareils électroménagers ont grillé dès la mise en service du compteur. Certaines installations électriques disjonctaient fréquemment. Des particuliers ont même vu leur compteur prendre feu. Plusieurs se sont plaints aussi d’une augmentation des factures car l’on passait du Kilowatt/heure au Kilowatt/ampère. Enfin, de nombreuses personnes ont dénoncé des atteintes à leur santé : insomnie, tachychardie, démangeaisons, maux de tête, etc. Ces particuliers, en comparant leur expérience avec celle d’autres personnes, ont découvert que le point commun était Linky.

Maître Joseph avocat des opposants à Linky © JF Courtille

Est-ce la première fois que vous plaidez dans une affaire concernant les compteurs Linky ?

Non. C’est la première fois que je plaide sur le fond de l’affaire. Mais à plusieurs reprises, j’ai déjà accompagné des particuliers devant le juge des référés. Et alors, je demandais en urgence l’interdiction de poser un compteur Linky. J’ai obtenu gain de cause dans certains cas, pas dans d’autres. Les jugements ont été différents. Mais en référé, nous avons une marge de manœuvre très réduite : nous ne pouvons invoquer que l’urgence.

Qu’est-ce qui vous a motivé pour accompagner cette affaire contre Enedis, alors qu’il est souvent difficile de faire reconnaître cette cause par la justice ?

C’est le cas de toutes les causes sanitaires. Les parties adverses se recroquevillent toujours derrière cet argument obsessionnel du « scientifiquement prouvé ». Cela explique pourquoi il y a eu autant de victimes du distilbène, de la thalidomide, de l’amiante, du vioxx, du mediator, de la statine, de la depakine, du nuage de Tchernobyl, etc. Tant que cela n’est pas « scientifiquement prouvé », on attribue toutes les victimes à la simple coïncidence. J’ai rattaché ce débat à l’actuel débat sanitaire où le professeur Raoult se voit opposer l’absence de preuve scientifique aux méthodes qu’il expérimente alors que les malades témoignent qu’ils en sont guéris.

Serez-vous amené à plaider dans d’autres affaires concernant les compteurs Linky dans d’autres régions de France au cours des prochains mois ?

J’ai une affaire en cours à Perpignan qui sera bientôt plaidée, je n’ai pas encore la date. Et je vais lancer une autre affaire sur Bordeaux où ils seront 600 plaignants.

Existe-t-il des exemples où la justice a donné raison aux opposants à Linky ?

Oui. Des juges de référés, à Toulouse et Bordeaux, ont donné raison à des personnes opposées à l’installation des compteurs Linky en raison de leur hyperélectrosensibilité. Il s’agit d’une affection qui grandit et va toucher de plus en plus de gens.

Plusieurs opposants à Linky le jour du procès à Tarbes © JF Courtille

Maître Joseph, vous avez une autre corde à votre arc : la chanson. Vous mettez en ligne via You Tube des chansons reprenant des airs connus du répertoire français, à l’appui des causes que vous défendez …

J’ai mis en ligne par exemple un clip qui s’appelle On est foutu on paye trop, sur une mélodie d’Alain Souchon. Il concerne la situation des commerçants et artisans qui souffrent beaucoup en ce moment. Sur une musique célèbre de Charles Aznavour, j’ai mis en ligne une chanson consacrée à la crise sanitaire actuelle et intitulée Elle va mourir la Liberta. A propos du compteur Linky, j’ai aussi mis en ligne une chanson, sur une mélodie de Johnny, qui s’appelle Qu’on me donne le linky pour devenir bien soumis. You Tube est un moyen de communiquer très efficace. Un internaute a par exemple mis en ligne une conférence que j’ai consacrée au thème de la vaccination : elle a recueilli près de 30 000 vues.

Comment avez-vous vécu, en tant qu’avocat, cette période de confinement ?

J’ai continué de travailler. J’ai un petit cabinet avec une secrétaire que j’ai dû mettre en chômage partiel pour la sécuriser. Mais nous étions bien conscients d’être victimes d’une arnaque que nous découvrirons petit à petit. Quelque chose sonne faux dans cette histoire de pandémie. Par exemple, l’inauguration, il y a deux ans, d’un laboratoire à Wuhan par le Premier ministre français, en présence du mari de Madame Buzyn, cela fait un peu désordre. Ou encore, cette grande réunion de la fondation Bill Gates aux Etats-Unis en octobre 2019 où l’on met en scène une simulation de pandémie avec un coronavirus. Je me demande si l’on ne nous prend pas pour des imbéciles …

Vous êtes particulièrement motivé pour plaider dans des affaires qui concernent des questions sanitaires, et pas seulement Linky ?

Oui. La santé me semble aujourd’hui menacée par des fléaux très divers. Je pense aux boissons de type soda, aux composés chocolatés, aux hamburgers. Une manière de consommer qui est en train de diminuer l’espérance de vie. Beaucoup de personnes arrivent aujourd’hui à l’âge de la retraite en mauvaise santé, ce qui n’était pas le cas autrefois. Il faudra se poser les bonnes questions avant qu’il ne soit trop tard. La médecine occidentale qui s’enorgueillit de tout savoir n’a que deux siècles d’existence. Alors que la médecine traditionnelle chinoise qui a soigné tout un continent avec efficacité a plus de 5000 ans !

Propos recueillis par Jean-François Courtille - Publié aussi dans Horizon Pyrénées 52.

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