Libérez Abdallah !

Georges Ibrahim Abdallah, prisonnier libanais, est détenu depuis 37 ans dans les prisons françaises. Libérable depuis 1999, il est pourtant toujours incarcéré à la Centrale de Lannemezan. Une soirée de soutien est organisée ce vendredi 25 juin à Tarbes avec la projection du film Fedayin.

Manifestation de soutien à Abdallah en octobre 2018 © Jean-François Courtille Manifestation de soutien à Abdallah en octobre 2018 © Jean-François Courtille

 

« Dans les vieilles geôles françaises / Y’avait y’avait un prisonnier / Plus de 30 ans à Dieu ne plaise / Derrière des barreaux enfermé / Qui me dira, qui me dira, qui me dira / Quand je ne chanterai plus pour Georges Ibrahim ? / Qui me dira, qui me dira, qui me dira / Quand je ne chanterai plus pour Georges Abdallah ? ».  Myriam, membre du Collectif bordelais de soutien à Abdallah, a composé cette chanson, sous son nom d’artiste, « m. », avec l’Orchestre Poétique d’Avant-guerre. Depuis 37 ans, le militant communiste libanais est enfermé dans les prisons françaises, pour sa participation supposée – et jamais formellement établie – à l’assassinat d’un membre de la CIA et d’un membre du Mossad. Libérable depuis 1999, il est aujourd’hui toujours détenu à la Centrale de Lannemezan. Ce déni de droit mobilise en sa faveur des groupes de tous horizons : Ligue des Droits de l’Homme, associations favorables à la Palestine, partis politiques de gauche, et simples citoyens, souvent regroupés au sein des « Collectifs de soutien à Georges Ibrahim Abdallah ».

 « Georges est toujours dans le même état d’esprit. Il continue à défendre son idéal de transformation du monde. C’est cela qui le fait tenir », confie Daniel Larregola, porte-parole du Collectif 65 de soutien à Abdallah. Cet élu d’Aureilhan rend visite plusieurs fois par mois au détenu libanais. « Georges est proche des détenus basques, qui se trouvent dans le même secteur de la Centrale. Il reçoit pas mal de visites et il prend soin d’entretenir sa forme en pratiquant la gymnastique ». Le collectif a recueilli des milliers de pétitions ces dernières années, transmises à la Préfecture des Hautes-Pyrénées. Toujours en vain. 65 chrétiens bigourdans ont même adressé, au début de l’année 2021, un courrier au Pape François pour attirer son attention sur le destin inique du militant libanais. Silence radio à ce jour. Inlassablement, les Comités de soutien à Georges Ibrahim Abdallah poursuivent leur action. Ils organisent chaque année en octobre une manifestation de soutien devant la Centrale de Lannemezan. Mais ils espèrent que ce ne sera pas nécessaire cette année et qu’une libération interviendra prochainement. En attendant ce jour, le Collectif bigourdan organise vendredi 25 juin 2021 à 18h30, Maison de quartier de Laubadère à Tarbes, la projection du film Fedayin, le combat de Georges Abdallah. Pour que le plus ancien prisonnier de France retrouve enfin le chemin de son beau pays des cèdres …

Jean-François Courtille

La chorale Résistances chante la Complainte d'Abdallah en février 2020 à Tarbes La chorale Résistances chante la Complainte d'Abdallah en février 2020 à Tarbes

La complainte de Georges Ibrahim Abdallah

Dans les vieilles geôles françaises
Y avait, y avait un prisonnier
Plus de 30 ans, à dieu ne plaise,
Derrière des barreaux enfermés.
C’est une zone de non-droit,
Un lieu qu’un seul homme parcourt,
Bien plus qu’une cage, un endroit
Où le temps a fini son cours.

Qui me dira, qui me dira, qui me dira
Quand je ne chanterai plus pour Georges Ibrahim ?
Qui me dira, qui me dira, qui me dira
Quand je ne chanterai plus pour Georges Abdallah ?

Que devient l’homme entre les murs ?
Rêve-t-il de Kobayat ?
Sent-il le vent comme un murmure
Sur la Plaine de la Bekaa ?
Voit-il, au-delà du grillage,
Beyrouth la belle ? Et dans l’effroi,
Pleure-t-il de tristesse et de rage
Sur les cendres de Chatila ?

Qui me dira, qui me dira, qui me dira
Quand je ne chanterai plus pour Georges Ibrahim ?
Qui me dira, qui me dira, qui me dira
Quand je ne chanterai plus pour Georges Abdallah ?

L’homme est là et toujours se dresse,
L’homme est là et toujours se bat !
La liberté n’a pas de laisse,
La lumière ne vient pas d’en bas.
Quand la dictature le retient
Et fait la guerre au monde entier,
Même enfermé, il se souvient
D’un drapeau rouge à empoigner !

Qui me dira, qui me dira, qui me dira
Quand je ne chanterai plus pour Georges Ibrahim ?
Qui me dira, qui me dira, qui me dira
Quand je ne chanterai plus pour Georges Abdallah ?

Vous qui voyez le temps qui file
Aux fenêtres des jours perdus,
Songez aux longues heures fébriles,
Songez aux allées et venues.
Quand se pavane l’injustice
Et lorsque vos yeux se détournent,
C’est bien un jour de plus qui glisse
Dans ce cachot où l’homme tourne.

Qui me dira, qui me dira, qui me dira
Quand je ne chanterai plus pour Georges Ibrahim ?
Qui me dira, qui me dira, qui me dira
Quand je ne chanterai plus pour Georges Abdallah ?

Qu’on lui ouvre grandes les portes,
Qu’il revienne à nous triomphant !
Que nos chants de victoire le portent
Aux pieds des cèdres du Liban !
Dans les vieilles geôles françaises
Y avait, y avait un prisonnier
Plus de 30 ans, à dieu ne plaise,
Derrière des barreaux enfermés.

Qui me dira, qui me dira, qui me dira
Quand je ne chanterai plus pour Georges Ibrahim ?
Qui me dira, qui me dira, qui me dira
Quand je ne chanterai plus pour Georges Abdallah ?

m. pour L’Orchestre Poétique d’Avant-guerre - O.P.A
Le 26 septembre 2014
Texte libre de droit diffusé sous licence libre Creative Commons 3.0

Une vidéo de la Chorale Résistances chantant la Complainte de Georges Ibrahim Abdallah sur le parvis de la préfecture des Hautes-Pyrénées.

https://www.youtube.com/watch?v=ionSxSpWf4M

 

 

 

 

 

 

 

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