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Billet de blog 29 sept. 2022

Pascal Pique
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Art & méditation : pour une écologie de l’esprit à l’abbaye de St. Sever-de-Rustan

Restaurer la vocation contemplative et méditative de l’abbaye de St. Sever-de-Rustan comme instance de connexion à la nature avec de l’art contemporain, tel est le pari de l’exposition qui a ouvert le parcours du projet Elixirs ART Ecologie en Val d’Adour. Elle s’articule en deux volets avec des œuvres des Frac Occitanie et Nouvelle-Aquitaine associées à des créations de Olivier Raud.

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L’œuvre de Virginie Barré qui introduit l’exposition Art & Méditation à l’abbaye de St. Sever de Rustan (Col. Les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse)

Il y a plus de vingt ans, la commune de Saint-Sever-de-Rustan a engagé un programme de réhabilitation de l’abbaye et de son cloître disparu. Une idée ancienne refait alors surface : réinstaller le cloître démantelé à la fin du XIXe siècle qui se trouve actuellement dans le jardin Massey à Tarbes. Ce projet de restauration est le point de départ du projet artistique d’Elixirs pour St. Sever-de-Rustan : réhabiliter le site de l’abbaye en partant du cloître avec un parcours d’œuvres contemporaines pour en réactiver certains principes constructifs fondés sur la symbolique, la géométrie et l’énergétique. Mais sans la présence physique du fameux cloître.

Rétablir les connexions terre-ciel

Comme une église, un cloître a une fonction bien particulière de connexion terre/ciel à laquelle le méditant procède par la contemplation et par la méditation dans un environnement spécifique. Cette fonction est activée par différents moyens et principes de constructions qui relèvent des mathématiques et des géométries sacrées (nombre d’or), du symbolisme (arbre et fontaine de vie, alchimie de la transmutation), mais également de l’utilisation de certaines propriétés physiques des matériaux (bois, eau, pierre) ou de la géobiologie des lieux (flux et réseaux telluriques ou aquifères).

La sculpture tore de Olivier Raud installée dans le cloître de St. Sever de Rustan pour réactiver le site

La mise en œuvre de ces principes devait permettre, à une époque où l’être humain n’avait pas encore inhibé certaines perceptions et conceptions de la nature, d’établir des modalités de reliance aux différents niveaux de son environnement : depuis la terre jusqu’aux confins du cosmos.

Cela revenait à se connecter à son environnement direct et indirect pour y trouver sa juste place. Juste place qui a été perdue et qu’il est important de retrouver aujourd’hui. D’où l’utilité de revisiter certains aspects des cultures de l’Invisible et de l’immatériel, voir même des croyances et des spiritualités que les religions du livre ont prolongé, parfois en les neutralisant, dans leurs dogmes respectifs. C’est l’un des axes de la dimension transhistorique du projet Elixirs qui est préfiguré et expérimenté à St. Sever de Rustan.

Le plan de l’exposition Art & Méditation à l’abbaye de St Sever de Rustan avec le double parcours d’œuvres proposé à partir des collections des FRAC Occitanie et Nouvelle Aquitaine, associées à des créations de Olivier Raud

Réactiver la déambulation contemplative et méditative

Cette capacité de reliance aux forces et à l’énergétique naturelle est au cœur du travail de Olivier Raud, artiste et designer énergétique, qui a conçu le projet pour le cloître de Saint-Sever-de-Rustan.

Sa proposition de restaurer le cloître par un double geste sculptural et énergétique s’est étendue à d’autres parties du site de St. Sever, de manière à reconstituer un chemin de déambulation méditative à travers toute l’abbaye. Ce parcours relie le cloître à quatre salles du rez-de-chaussée, dont la magnifique salle des gypseries, ainsi que la grande galerie et l’église abbatiale où est présenté un choix d’œuvres des collections Les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse et Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA.

La grande galerie ou les visiteurs sont invités à méditer avec les œuvres

Cette déambulation méditative qui renoue avec l’esprit du lieu invite aussi à une autre pratique de l’art et de l’exposition.

Notamment, dans la grande galerie, où le public est invité à s’assoir le temps qu’il le souhaite devant les œuvres sur les plateaux polarisés de Olivier Raud qui peuvent être utilisés comme coussins de méditation. Le choix des œuvres s’est dirigé vers des œuvres géométriques et abstraites non représentatives et sans images.

De manière à occasionner un état de stase qui privilégie la perception des formes, des couleurs, des matières ou des textures. Voire même des fréquences et des sons.

Une visiteuse médite devant les esprits Mimih aborigènes et la sculpture vidéo de Laurent Chambert et Gilles Sivilotto

Art et méditation : une constante transhitorique

Nombre d’œuvres contemporaines ont pour origine une forme de méditation, qu’elle soit dédiée à la nature, à une idée, à une image, à un son ou à un objet, voire au cosmos, à un dieu ou à rien de particulier. Toute l’histoire de l’art est d’ailleurs jalonée, pour ne pas dire constituée, d’œuvres qui sont à la fois le résultat et le support d’une pratique méditative.

La gravure Mélancholia de Dürer (1514)

Et ceci depuis les périodes les plus reculées de l’histoire de l’art jusqu’à sa modernité la plus avant-gardiste, en passant par Dürer au début de la renaissance ou Gaspar David Friedrich au XIXe siècle romantique, qui ont produit des icônes de l’histoire de l’art mondial en renvoyant directement aux pratiques méditatives et contemplatives. Ou plus récemment avec Rudolph Steiner, Yves Klein ou Joseph Beuys qui ont ravivé la dimension énergétique de l’art en réinterprétant certaine principes des cultures de l’alchimie, pour fonder l’art contemporain.

Le célèbre « Voyageur contemplant une mer de nuage » du peintre allemend romantique Gaspard David Friedrich (1818)

 Pour autant, une vision et une pratique énergétique de l’art restent trop peu répandues et agissantes. Ceci est dû à l’approche occidentale de l’art qui est plus intellectuelle et visuelle que sensitive et énergétique. Un autre facteur est lié aux conventions mêmes de l’exposition à travers les modalités d’accrochages des œuvres qui ne favorisent guère l’approche contemplatives et méditative. Une étude récente a indiqué qu’un visiteur passerait seulement 23 secondes en moyenne devant une œuvre dans un parcours d’exposition. Ce qui est peu pour entrer en extase.

Le saut dans le vide de Yves Klein, qui pratiquait les arts martiaux et la méditation (1960)

En hommage à Walter Benjamin

Intitulée « Hic et nunc », le premier volet de l’exposition rassemblant les œuvres des collections des Frac Occitanie et Nouvelle Aquitaine est dédiée à Walter Benjamin.

Les partis pris de l’exposition (œuvres géométrique, accrochage épuré, harmonisation par la symétrie) confère aux œuvres un régime de présence et d’immanence qui peut favoriser des états de perception et de conscience très développés de « l’ici et du maintenant ». C’est ce que Walter Benjamin nomme le « hic et nunc» de l’art, c’est-à-dire «l’unicité de son existence au lieu où elle se trouve1. »

Walter benjamin est également celui qui a énoncé en 1939 l’idée de la perte d’aura de l’œuvre d’art à l’ère de la reproductibilité technique. Une déperdition occasionnée selon lui par la fin progressive de l’unicité de l’œuvre et de son lieu due à l’industrialisation par la technologie.

Walter Benjamin (1892-1940)

Un lieu à considérer au sens élargi, depuis le site (sacré ou non), où elle se trouve, jusqu’au lieu de l’humain lui-même. Un humain qui s’est effectivement engagé dans un processus de déconnexion à son environnement en même temps qu’il s’est imposé comme nouvelle centralité. Ce qui est considéré par d’aucun comme l’un des travers de l’humanisme. Un phénomène non sans rapport avec le double emballement technologique et climatique auquel nous assistons aujourd’hui.

Une petite suite alchimique

Le « hic et nunc » de Walter Benjamin est une formule qui renvoie également à la culture de l’alchimie où la méditation est liée à une double transmutation matérielle et spirituelle.

On trouve plusieurs signes et symboles de la culture alchimique sur le site de l’abbaye qui curieusement, ont fait réusrgence à plusieurs niveaux de l’exposition. Sans que cela n’ait été envisagé à ce point dans la conception du projet. Comme si leur aura était toujours active aujourd’hui.

Le dragon vert de Saint-Sever de Rustan

En particulier à travers la figure du dragon vert qui orne la « piscine lithurgique » désactivée aujourd’hui, où les officiant venaient se régénérer avant et après les offices.

Le visiteur contemporain est invité à reproduire ce geste en suivant le parcours de l’exposition Comme dans un pèlerinage de Compostelle, souvent comparé à un parcours de transmutation individuelle, qui aurait été transposé à l’échelle réduite du site de l’abbaye de St. Sever.

Si bien que l’on peut considérer l’exposition comme une sorte de « suite alchimique » qui se déroulerait depuis le cloître, en passant par la grande galerie les salles adjacentes, jusqu’à l’épiphanie de la vierge jaune présentée dans l’abbatiale.

La "piscine lithurgique" du dragon vert, point d'eau purificatrice entre l'église et la sacristie de St. Sever

Le souffle du dragon vert

Certains visiteurs disent même avoir ressenti le souffle ou la présence du dragon vert en visitant l’exposition.

Dans la culture alchimique le dragon représente le chaos-monde et symbolise l’énergie primordiale. Ce sont les forces que l’alchimiste cherche à canaliser, à reproduire et à transformer pour parachever le grand projet de la nature elle-même, grâce à la pierre philosophale que l’on nomme aussi la panacée. Tout en s’inscrivant dans une perspective de soin et d’entretien de l’ordre du cosmos.

Une visiteuse devant l’œuvre de François Bouillon

Dans l’exposition l’esprit du dragon vert souffle de manière troublante à travers plusieurs œuvres. Notamment celle de François Bouillon intitulée justement OK-KO (ou ok chaos) qui incarne dans sa double flèche de cuivre qui pointe la terre et le ciel, la fameuse formule « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut », autre crédo de l’alchimie.

Le dragon vert est aussi associé à la pierre philosophale, le but ultime des alchimistes, dont il est à la fois le signe avant-coureur et le gardien. Une pierre que l’on peut voir dans l’exposition à travers l’œuvre de François Boulard qui reprend le célèbre polyèdre de la gravure Mélancholia de Dürer, l’une des œuvres les plus énigmatique de l’histoire de l’art figurant un ange méditant devant une forme géométrique mystérieuse.

L’œuvre de Nicolas Boulard reprenant le polyèdre de Dürer (col. Frac Nouvelle-Aquitaine Meéca)

Une position dans laquelle se retrouve le visiteur contemporain qui est invité à méditer devant les œuvres en prenant place sur un petit siège. Cet écho inattendu à la gravure, qui n’avait nullement été prévu au départ, relève d’une forme de synchronicité symbolique, posturale et temporelle.

Pour une écologie de l’esprit …

Rien d’étonnant si l’on considère que l’art, la contemplation et la méditation sont intimement liés depuis la nuit des temps. Et que leur expérience conjointe permet d’ajuster notre présence au monde pour accéder à une autre forme de connaissance.

Cela serait dû à une perception active qui relie l’individu à son environnement en le canalisant et en le raccordant aux forces naturelles qui nous régissent. C’est pourquoi pour d’aucuns, art, contemplation et méditation ont une fonction organique et réparatrice.

atelier polarité avec connexion à l'arbre

Pour certains penseurs, comme Arne Naes dans les années 60, relayé dans les année 70 et 80 par Gregory Bateson puis Felix Guattari, ce travail de reconnexion participe d’une véritable « écologie de l’esprit », comme préalable indispensable à la mise en place d’une double écologie sociale et environnementale.

L’exposition « art & méditation » a pour but de faire percevoir concrètement et au plus grand nombre de visiteurs ces dimensions pas toujours évidentes à percevoir. Par exemple, en faisant l’expérience, à travers le ressenti des œuvres d’art et du site, des énergies que l’abbaye avait pour fonction première de cristalliser et de redistribuer. Un tout autre paysage de la création, de la conscience et de la nature se dévoile alors sous nos yeux.

 … un art et une spiritualité décolonisés

Pour Felix Guattari, l’art et certaines formes culturelles, dont la spiritualité, fussent-elles composites comme on les pratique de plus en plus aujourd’hui, participent d’une l’écologie de l’esprit. Ce sont les lieux où s’inventent des habitus nouveaux qui recomposent en permanence nos subjectivité en les ajustant à leur environnement changeant. C’est également Guattari en tandem avec Deleuze qui parle de « décolonisation de l’esprit par l’imagination créatrice ».

La fin du parcours art et méditation avec la vierge jaune de Katarina Fristch dans le cœur de l’abbatiale de St Sever qui dialogue avec la chamane amérindienne exposée à l’entrée de l’église.

L’exposition « Art & Méditation » s’inscrit dans cette trajectoire, dans la mesure où elle revisite certains rituels pour en inventer de nouveaux, dans une sorte de parcours métaphysique contemporain à l’échelle de l’abbaye.

A l’image du pélerinage de Compostelle qui a pour fonction de régénérer les âmes et les corps en convergeant vers un « cabo finistera », qui est à la fois « une fin de monde connu » et un promontoir ouvert sur les océans de la planète et du cosmos.

bénédiction de la sculpture de la chamane amériendienne

Le rituel du vernissage d’Elixirs et de l’exposition Art & méditation à St. Sever a d’ailleurs été marqué par un moment très particulier avec la bénédiction par le curé de la paroisse des œuvres et des artistes. Ne bénit-on pas les voiture et les bateaux ?

En particulier aux deux moments de grâce rendue à la sculpture de la chamane amérindienne à l’entrée de l’église puis à la vierge de Lourdes jaune au fond de l’abside.

Ce qui s’est exposé à ce moment précis, avec le vis-à-vis de ces deux figures essentielles d’une spiritualité mondiale décolonisée qui dialoguent à travers toute l’église, a participé d’un hommage rendu au féminin sacré pour compenser la perte d’aura qui caractériserait nos civilisations.

Pascal Pique
Directeur artistique Elixirs ART Ecologie en Val d’Adour.

Avec les œuvres de : Stéphane Calais, Roxana Borujerdi, Nicolas Boulard, Nicolas Sanhes, François Bouillon, Jean-Gabriel Coignet, Maria Loboda, Laurent Chambert, Crusoe Kurddal et Stephen Kawurlkku, Virginie Barré, Katarina Fritsch, Olivier Raud, Isabelle Peru.
Collections
Les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse, et Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA

L’exposition « Art & méditation » sera prolongée par un second volet plus pictural proposé par le Musée de l’Invisible à Topographie de l’art à Paris du 19 novembre 2022 au 14 janvier.

Exposition Art & médition
Abbaye de Saint-Sever-de-Rustan du 19 juin au 13 novembre :
- Samedi et dimanche de 14 à 18h : du 19 juin au 19 septembre
- Tous les jours de 14h à 18h du 15 juillet au 15 août
- Sur réservation (groupe 15 personnes) du 20 septembre au 13 novembre Tarifs entrée:
Plein tarif : 3.50  /Tarifs réduit : 2.50  (jeunes – 16 ans, groupes 15 pers) Gratuit : – de 10 ans. T : 06.07.79.25.22, melanie.lamarque@adour-madiran.fr

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