Inoculer

Introduire dans l’organisme les germes d’une maladie.

Du latin « inoculare » (in=dans / oculus=oeil) : insérer une partie d’une plante dans une autre.

L’usage du verbe inoculer est attesté en France depuis le 15ème siècle, où il signifiait greffer, comme son origine latine. Il était utilisé en botanique en référence à la méthode de greffe en écusson qui consiste en l’insertion d’un bourgeon (plus exactement un oeil, terme utilisé pour désigner le stade du bourgeon naissant) sur un support de greffe taillé de sorte à former un écusson lors de la mise en place du greffon pour que la sève puisse circuler entre les deux parties.

Il a par la suite évolué vers son sens actuel, à la suite de l’usage anglais, attesté depuis 1722, au sens de « transmettre artificiellement la variole à un sujet sain dans le but de le rendre résistant à cette maladie ». On parlait aussi de variolisation. Après une association à la petite vérole (inoculer la petite vérole), le mot a ensuite été associé à la vaccine (inoculer la vaccine), puis au paludisme (inoculer le paludisme), la vaccine étant un virus provoquant la variole de la vache.

Si la variolisation fut l’objet de controverses car les résultats étaient aléatoires et risqués (la contamination « de bras à bras » pouvant facilement déclencher la maladie et s’accompagnant souvent d’autres contaminations, de type nosocomial), elle connut cependant un bel effet de mode parmi l’élite aristocratique au cours du 18ème siècle, jusqu’à atteindre le roi lui-même, avec l'inoculation variolique de Louis XVI en 1774.

De nos jours, le mot a élargi sa signification et l’inoculation se dit de tout agent pathogène introduit dans un organisme (poison, venin, bactérie, virus...) de façon volontaire ou non, avec ou sans visée thérapeutique. On parle même d’inoculation psychologique pour les pratiques qui consistent à renforcer la résistance à certaines idées après avoir introduit les contre-arguments à ces idées auprès du sujet.

De là à rêver qu’on puisse inoculer l’idée de la vaccination ...

Gardons l’oeil ouvert, au cas où.

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