Une rupture historique

Coup de théâtre hier à Berlin – les Verts ont, dans les faits, quitté la «gauche» allemande. Après avoir terminé pendant la nuit précédente les négociations avec la CDU/CSU, invoquant des «différences trop importantes» dans différents dossiers (impôts, transition énergétique, salaire minimum), tout en soulignant le côté sympathique et même cordial de ces entretiens, le président des Verts Cem Özdemir a tiré un coup méchant dans le dos du SPD.

Coup de théâtre hier à Berlin – les Verts ont, dans les faits, quitté la «gauche» allemande. Après avoir terminé pendant la nuit précédente les négociations avec la CDU/CSU, invoquant des «différences trop importantes» dans différents dossiers (impôts, transition énergétique, salaire minimum), tout en soulignant le côté sympathique et même cordial de ces entretiens, le président des Verts Cem Özdemir a tiré un coup méchant dans le dos du SPD.

Cem Özdemir. © Grüne Baden-Württemberg / Wiki Commons Cem Özdemir. © Grüne Baden-Württemberg / Wiki Commons
Le SPD, lui, continue aujourd’hui ses discussions avec la CDU/CSU, mais dans une position franchement affaiblie. Car après la fin de négociations avec la CDU/CSU, Özedmir avait expliqué plus tard dans la journée que «les portes n’ont pas été fermées à clous», indiquant qu'en cas d'échèc des négociations entre SPD et CDU/CSU, les Verts se tenaient prêts pour reprendre les discussions avec la CDU/CSU, affaiblissant ainsi sensiblement la position du SPD. Si, pendant quelques heures, il semblait à ce que la chancelière soit obligée de négocier dur avec son seul partenaire potentiel restant, le SPD, l'annonce de Cem Özedmir lui ouvre une voie de secours.

Raison suffisante pour Horst Seehofer, le chef de la CSU bavaroise, de se présenter devant la presse pour dire : «Les portes n’ont pas été fermées à clous» - en reprenant exactement les termes utilisés par Özdemir. Etrange – cette métaphore ne fait pas partie des expressions allemandes. La position de force du SPD s’est brusquement effondrée - si le SPD ne joue pas le jeu de la chancelière, elle pourrait retourner voir avec les Verts.

Cette attitude des Verts met un terme à une sorte d’alliance «naturelle» entre le SPD et les Verts. Cette tournure des choses risque également d’affecter le Bade-Wurtemberg, actuellement dirigé par une coalition Verts-SPD. Comment peuvent-ils continuer à partager le lit de la coalition après une telle trahison ?

Cem Özdemir, avant de devoir probablement céder son poste de chef des Verts à Simone Peter, aura frappé un dernier coup dans tous les sens. En coupant l’herbe sous les pieds du SPD, en proposant ses services de troupe auxiliaire à Angela Merkel, les Verts de Cem Özdemir ont quitté la gauche. Le SPD, parti vieux de 150 ans cette année, a une mémoire d’éléphant et n’oubliera pas ce coup dans le dos.

Est-ce que les Verts ont décidé de devenir le nouveau FDP ? Si tel était le cas, ils pourraient tout autant disparaître du paysage politique allemand.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.