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Billet de blog 21 sept. 2013

Berlin, la veille des élections

(Berlin, KL) – « Quelles élections ? », demande José, un touriste espagnol rencontré le soir avant les élections législatives en Allemagne sur la Potsdamer Platz, et comme lui, personne ne semble trop se soucier des élections qui ont lieu ce dimanche. «De toute manière, rien ne changera…», soupire Gernot, un Berlinois qui se joint à la discussion. C’est presque un peu décevant – la capitale allemande ne dégage aucune excitation en cette veille des élections, comme si ce dimanche 22 septembre allait être un dimanche comme les autres.

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(Berlin, KL) – « Quelles élections ? », demande José, un touriste espagnol rencontré le soir avant les élections législatives en Allemagne sur la Potsdamer Platz, et comme lui, personne ne semble trop se soucier des élections qui ont lieu ce dimanche. «De toute manière, rien ne changera…», soupire Gernot, un Berlinois qui se joint à la discussion. C’est presque un peu décevant – la capitale allemande ne dégage aucune excitation en cette veille des élections, comme si ce dimanche 22 septembre allait être un dimanche comme les autres.

Seuls les Verts n'auront pas dormi cette nuit... © KL / eurojournal

La scène change un peu dans l’ancien centre ouest de la capitale allemande – devant la Gedächtniskirche, les Verts ont installé une coupole en plastique transparent où ils organisent leur «72 heures de veille», comprendre, des militants y répondent pas internet aux questions que les électeurs et électrices peuvent poser sur le web. Mais visiblement, ils veulent seulement discuter entre eux, le vigil musclé à l’entrée de cette coupole ne se laisse même pas impressionner par la carte presse. Tant pis. Au moins, ça fait un peu campagne électorale. L’intérêt des passants reste faible, ce samedi soir, ils préfèrent flâner, puisqu’il fait doux et on peut même s’asseoir dans les cafés et bars autour du Kurfürstendamm.

Dans les cafés, même son de cloche – personne n’a envie de discuter des élections qui pourtant, détermineront le prochain gouvernement allemand et des questions aussi importantes que le salaire minimum, la mise en œuvre de la transition énergétique et la position allemande par rapport à l’Europe et l’Euro. «On ne va pas s’emm… un samedi soir avec la politique», c’est la réaction type. En effet, personne ne veut discuter de ces élections.

Changement de décor. Devant le QG de la CDU, une chancelière géante sourit majestueusement depuis une affiche qui doit faire 20 x 30 mètres. Seul indice de ce qui va s’y passer aujourd’hui, une file interminable de camions de transmission télé, affichant les logos de quasiment toutes les grandes chaînes internationales. Mais personne à la ronde.

Est-ce l’attitude blasée d’une capitale qui se veut être une capitale de la culture ? Est-ce que les gens se sont lassés de la politique tout court ? Retour à la Potsdamer Platz, accoster des gens. «Mais t’as vu cette campagne ?», demande Jutta, une étudiante en communication à l’Université Libre de Berlin. «Je n’arrive vraiment pas à m’exciter pour Angela Merkel, mais pas non plus pour Peer Steinbrück ou les autres…» Est-ce qu’elle va quand même aller voter ? «Oui, pour empêcher l’AfD d’entrer au Bundestag. Ils me font peur…»

Donc, la capitale allemande attend tranquillement les premières estimations qui tomberont à 18 heures. Si à 18 heures, il s’agira encore d’un pronostic basé sur des sondages à la sortie des bureaux de vote, les premières estimations, plus précises, seront publiées dans la première demi-heure après la fermeture des bureaux de vote à 18 heures. Et malgré le manque d’intérêt pour ces élections dans la capitale, il reste beaucoup de suspense. La soirée électorale risque d’être longue…

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