(2) Les 30 ans de la chute du Mur – 30 Jahre Mauerfall

Les photos d’événements historiques montrent toujours de courts instants isolés de l'Histoire. Mais est-ce que ce ne sont pas ces instants qui forment ce qui deviendra plus tard l'Histoire ? / Bilder von historischen Ereignissen zeigen immer kurze, einzelne Momente der Geschichte. Aber sind es nicht diese Momente, aus denen sich die Geschichte erst zusammenfügen lässt?

Une manifestation historique / eine historische Demonstration... © Michael Magercord / ROPI Une manifestation historique / eine historische Demonstration... © Michael Magercord / ROPI
 (De / von Michael Magercord – KL / MC) - Cette série-photos commence par une manifestation – et celle-ci n'est pas une démonstration du pouvoir, mais de l'esprit / Die Fotoserie beginnt mit einer Demonstration - und es ist keine der Stärke der Macht, sondern des Geistes.

Le 4 novembre 1989, dans les brumes matinales, les premiers manifestants passaient devant le Palais de la République à Berlin-Est. Le cortège se dirigea vers l'Alexanderplatz où, lorsque le ciel s'éclaircit, des centaines de milliers de personnes, peut-être, selon certains sources, un million de manifestants se sont rassemblés. Tout le monde avait droit à la parole : les cadres du Parti, les représentants de l'opposition, des ouvrier, acteurs et même le chef du service de défense contre l'espionnage de la RDA. Et des auteurs – et on garde cette phrase de Stefan Heym : C'est comme si quelqu'un avait ouvert les fenêtres !

Au mois de novembre 1989, on ne courait plus de risque pour sa vie et sa liberté en allant manifester dans la rue en RDA, ce qui n'était pas le cas au mois d'octobre à Leipzig. Et les observateurs curieux de l'Ouest se demandaient comment il était possible qu'une manifestation tellement civilisée et pleine d'esprit pouvait avoir un effet aussi important. L'expérience des sociétés libres montre pourtant que généralement, tout le monde s'en fiche lorsque les gens vont manifester paisiblement pour leurs objectifs. Et là, c'était tout le contraire : la manifestation restait paisible et pourtant, elle allait changer le destin de tout un pays – avec cette remarque que ce 4 novembre 1989 ne marquait pas le début de cette culture de manifestations, mais son apogée.

Que les manifestants individuels en étaient conscients ou non : ensemble, ils faisaient manifestaient la haute culture du pluralisme intellectuel qui ne peut fonctionner que lorsque toutes les parties impliquées le prennent au sérieux – les puissants, ceux qui se prennent pour des puissants et ceux qui paraissent sans pouvoir. Est-ce que cet esprit ne règne que pendant de courts instants de bonheur, dans l'Histoire ? Tout restait paisible jusqu'à la fin de la phase de transition – et ce n'était certainement pas dû à cette blague qui circulait alors : « Des cocktails Molotov, ce n'est pas possible – toutes les bouteilles était consignées... ».

Parlons de pluralisme : Stefan Heym, qui, en tant que juif, avait dû quitter l'Allemagne pour s'installer après la guerre en RDA et qui allait devenir l'un des leaders spirituels de l'opposition, était élu en 1994 au Bundestag, comme élu du PDS qui est devenu Die Linke aujourd'hui. En tant que doyen des députés, il prononça le discours d'ouverture de la nouvelle législature – et à la fin de son discours, la CDU/CSU refusait d'applaudir ce discours...

Am 4. November, noch im Morgennebel, zogen erste Demonstranten vor dem Palast der Republik vorbei. Der Zug bewegte sich zum Alexanderplatz, wo sich, als der Himmel aufklarte, Hunderttausende, manche Quellen sprechen gar von einer Million Menschen, versammelten. Alle kommen zu Wort: Kader der Partei, Vertreter der Opposition, Arbeiter, Schauspieler oder der Spionageabwehrchef der DDR. Und Schriftsteller – und von Stefan Heym bleibt der Satz: Es ist, als habe einer die Fenster aufgestoßen!

Im November 1989 war es in der DDR nicht mehr mit einer Gefahr für Leib und Leben verbunden, auf die Straße zu gehen, wie noch Anfang Oktober in Leipzig. Und für den Neugierigen aus dem Westen stellte sich die Frage, wie eine so zivilisierte und vor allem geistreiche Demonstration eine so große Wirkung erzielen konnte? Die Erfahrung aus der freien Gesellschaft zeigt eher, dass es kaum jemanden schert, wenn man friedlich für seine Ziele auf die Straße geht. Und hier nun das Gegenteil: alles blieb friedlich und doch veränderte sie ein ganzes Land – wobei dieser 4. November nicht mehr den Beginn dieser Demonstrationskultur markierte, sondern ihren Höhepunkt.

Ob es die Absicht der einzelnen Teilnehmer war oder nicht: Gemeinsam zeigten und demonstrierten sie für die hohe Kultur des geistigen Pluralismus, die sich nur aufrechterhalten lässt, wenn alle Seiten sie ernst nehmen: die Mächtigen, die Scheinmächtigen und die scheinbar Machtlosen. Herrscht dieser Geist nur in diesen kurzen Glücksmomenten der Geschichte? Friedlich blieb es bis zum Ende der Übergangsphase – und das lag nicht nur daran, wie es in dieser alte Witz nahelegt: Molotow-Cocktail ging ja nich’, war’n alles Pfandflaschen...

Apropos Pluralismus: Stefan Heym, der als Jude Deutschland verlassen musste und sich später in der DDR niederließ, um schließlich zum Oppositionellen zu werden, zog 1994 für die PDS, die Linke also, in den Bundestag und hielt als Alterspräsident die Eröffnungsrede – die CDU/CSU verweigerte ihm den Schlussapplaus.

Un million de manifestants / Eine Million Demontranten... © Michael Magercord / ROPI Un million de manifestants / Eine Million Demontranten... © Michael Magercord / ROPI

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