Nuit debout – à Berlin aussi

Pendant que la France bouillonne, le mouvement «Nuit debout» arrive aussi en Allemagne. Peu étonnant que le premier rassemblement «Nuit debout» allemand ait eu lieu à Berlin.

Le premier rassemblement "Nuit debout" a eu lieu à Berlin. Mercredi, ça continue... © Billy Margueron Le premier rassemblement "Nuit debout" a eu lieu à Berlin. Mercredi, ça continue... © Billy Margueron
(KL) – Le 40 mars aura été aussi célébré en Allemagne, à Berlin plus précisément. En raison de la faible couverture de ce mouvement par les médias allemands, les participants n’étaient pas trop nombreux, mais ils étaient aussi engagés et motivés qu’en France. Et comme en France, il se pose la question de l’objectif de ce mouvement dont le côté démocratique, non-violent, positif attire un nombre croissant de jeunes qui ne veulent plus rester immobiles face à un monde composé de guerres, d’exploitation social, d’inégalités ahurissantes et de corruption. A Berlin, le 40 mars n’était qu’un début – «Nuit debout» à Berlin est déterminé à continuer.

Quel magnifique élan de solidarité européenne – Berlin, Bruxelles, des villes en Espagne et dans d’autres pays européens - on a l’impression que la jeunesse européenne se réveille à un moment où la société a baissé les bras devant des crises que l’on ne maîtrise plus ! Force est de constater que l’Europe a largement échouée dans la plupart des sujets brûlants de notre époque et face à cette impuissance politique, il ne peut être que salutaire que des jeunes réinventent une démocratie à l’instar de l’ancienne Grèce où les citoyens se sont retrouvés sur des places publiques (agora) pour débattre des sujets qui les concernaient. Dans un respect mutuel, en cherchant des réponses aux questions importantes.

Lorsque les idées traversent les frontières, lorsque la démocratie refuse de s’arrêter aux frontières, on arrive presque à la grande époque de l‘Humanisme Rhénan, lorsque des idées nouvelles circulaient à travers toute l’Europe, où l’illumination des esprits s’avérait être quelque chose de plus puissant que des systèmes politiques.

Le rassemblement «Nuit debout» de Berlin constitue la plus belle marque de solidarité transfrontalière que l’on puisse imaginer. Il s’agit d’un message à la jeunesse française «vous n’êtes pas seuls !» et ceux qui connaissent la dynamique berlinois, prévoient déjà une extension de ce mouvement vers d’autres villes allemandes. En Allemagne, ce n’est pas différent qu’en France – si en France, la plupart des choses commencent à Paris, en Allemagne, tout changement prend ses origines à Berlin. Ainsi, la naissance de «Nuit débout» à Berlin est un signe que ce mouvement ne se limitera pas à la seule France, qu’il dépasse de loin les protestations contre la loi «El-Khomri», qu’il s’agit d’un cri de la jeunesse française et européenne de changer d’urgence les mécanismes des sociétés en Europe.

Bien entendu, de nombreux dangers guettent ce mouvement – ce qui prouve aussi à quel point l’establishment politique le prend au sérieux. Il sera important que «Nuit debout» se structure, trouve un fil d’action, se fasse force de proposition, comme c’est déjà l’orientation de différents groupes ND dans les villes françaises. Le fait que l’establishment politique reproche déjà à ce mouvement d’être «téléguidé», «récupéré», ne constitue que la preuve que ces jeunes font peur. Ils font peur à ceux qui se sont si bien arrangés avec un système qui lui, est basé sur la corruption, l’inégalité sociale, l’exploitation systématique et un grand mépris des valeurs humanistes.

A Berlin, le rassemblement «Nuit debout» n’était qu’un début et non pas une manifestation ponctuelle. Mercredi et samedi prochains, «Nuit debout Berlin» se retrouvera à nouveau et si ce mouvement pouvait réussir à s’organiser au niveau européen, à trouver des actions communes et une orientation politique, il pourrait avoir de beaux jours devant lui. A suivre. Et on suivra.

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