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Billet de blog 16 août 2015

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Il faut sauver l’avocat Biram Dah Abeid

Cette semaine s’ouvre le procès en appel contre Biram Dah Abeid en Mauritanie. L’avocat, lauréat du Prix des Droits de l'Homme des Nations Unies, se bat contre l’esclavage toujours répandu en Mauritanie.

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Pour briser les chaînes, il faut se faire entendre. © 

Cette semaine s’ouvre le procès en appel contre Biram Dah Abeid en Mauritanie. L’avocat, lauréat du Prix des Droits de l'Homme des Nations Unies, se bat contre l’esclavage toujours répandu en Mauritanie.

(KL) - La plate-forme «Avaaz» a lancé une pétition, en collaboration avec un ancien «esclave» mauritanien, Haby mint Rabah, pour demander la libération de l’avocat Biram Dah Abeid qui compte parmi les défenseurs des Droits de l’Homme les plus courageux. Condamné le 15 janvier 2015 avec deux autres militants pour «incitation à la haine» et «adhésion à une organisation illégale» (IRA, l’Initiative pour la Résurgence du Mouvement Abolitionniste fondée, entre autres, par Biram Dah Abeid), Biram Dah Abeid ne doit pas rester en prison. Vous pourrez signer la pétition (lien en fin de cet article) comme déjà 350.000 autres personnes dans le monde entier, demandant sa libération.

La Mauritanie est le dernier pays à avoir officiellement aboli l’esclavage, et n’a criminalisé cette pratique qu’en 2007. Bien que cela soit illégal, qu’une loi et un plan d’action pour éradiquer l’esclavage aient été adoptés, et que le parlement vienne tout juste d’adopter une loi qualifiant l’esclavage de «crime contre l’humanité», à ce jour un seul maître d’esclaves a été condamné par la justice. Et l’esclavage fait toujours partie des réalités en Maurétanie.

Le témoignage de Haby mint Rabah est clair : «Je suis devenue esclave à l’âge de 5 ans. Chaque jour, je devais m’occuper du troupeau. Chaque nuit, j’étais violée par mon maître. J’ai toujours cru, sans vraiment comprendre, que c’était normal.

En Mauritanie, d’où je viens, des centaines de milliers de personnes sont encore réduites en esclavage aujourd’hui. Mais j’ai eu de la chance. Mon frère a pu échapper à ses maîtres et a rejoint une organisation anti-esclavagiste. Ils sont venus me libérer. Au début, j’ai refusé de les suivre. Je ne pouvais pas imaginer une vie sans mes maîtres, moi qui n’avais connu qu’une vie de travail perpétuel, même enceinte, même sur le point d’accoucher.

L’homme qui est venu me chercher, et qui a consacré sa vie à libérer des centaines de personnes comme moi, croupit aujourd’hui en prison pour avoir osé s’exprimer publiquement contre l’esclavage. Mais dans cinq jours s’ouvre son procès en appel et il pourrait être libéré. Si les voix de centaines de milliers de personnes du monde entier s’élèvent pour soutenir Biram Dah Abeid, nous pouvons briser ses chaînes afin qu’il continue à aider d’autres esclaves à briser les leurs. Rejoignez-moi maintenant.»

La voix de la communauté internationale pourrait peser dans ce procès en appel qui commence cette semaine. Il est inadmissible qu’une organisation qui lutte contre ce fléau qui est l‘esclavage encore dans plusieurs pays du monde, soit qualifiée d‘«organisation illégale» - il faut que Biram Dah Abeid, lauréat en 2013 du Prix des Droits de l’Homme des Nations Unies, soit immédiatement libéré.

Vous pourrez signer cette pétition si vous CLIQUEZ ICI - faites le maintenant, aujourd’hui, pour que cette protestation internationale soit entendue en Maurétanie !

Crédit photo : AVAAZ

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