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Billet de blog 19 sept. 2019

Titi est passé par là…

Le livre La Claque et le Bonbon de Philippe Loubry plonge le lecteur dans l'ambiance en noir et blanc des années 50 à 70 à Montmartre. Un plaisir de lecture rare.

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Un merveilleux livre à recommander sans modération ! © Auteur

(KL) – Difficile de coller une étiquette sur le livre La Claque et le Bonbon de Philippe Loubry – est-ce une autobiographie ? Un peu, mais pas vraiment. Un hommage à ce merveilleux personnage d’Elise, sa grand-mère ? Oui, mais pas seulement. Une description d’une époque effervescente à Montmartre, quartier parisien débordant de vie, la vraie ? Sans doute aussi. Un roman littéraire ? En partie, c’est certain. Un guide des vraies valeurs de la vie, sans maquillage et de fausses prétentions ? Aussi. Un hommage littéraire à l’argot ? Oui, il y a de ça aussi. Et au fur et à mesure que le lecteur avale les pages, il se rend compte que ce livre formidable n’a pas besoin d’étiquette. Il est. C’est tout. Affaire classée.

Grandir dans le quartier de Montmartre dans les années 50 et 60 n’était pas évident pour le jeune Philippe Loubry, et il le dit avec une distance presque pudique qui traduit ce malaise de l’adolescent assoiffé de vie qui ne trouve pas sa place dans une famille où on ne le comprend pas, où indifférence et violence font partie du quotidien. A tel point qu’un jour, Philippe « divorce » de sa famille ; et c’est la grand-mère Elise qui l’accueille chez elle. Le lecteur fait alors connaissance d’une grande dame, une Parisienne exceptionnelle.

Avec une plume d’une fluidité et d’une légèreté superbes, Philippe Loubry emmène le lecteur dans ce monde d’Elise, une dame authentique qui dit : « Il y a deux sortes de grand-mères : les unes qui savent faire des confitures, les autres qui savent tailler des pipes. Je n’ai jamais appris à faire des confitures… ».

A cette époque, à Montmartre, les stars et les ouvriers se côtoyaient, le respect s’adressait aux personnages et non au statut social ; et le gamin Philippe buvait son chocolat chaud chez Dalida, la voisine, dans ce quartier où une gentille fille de joie était plus respectée que le journaliste-vedette bourré aux as que personne ne pouvait blairer.

Au-dessus de tout trônait Elise, l’incarnation de tout ce qui faisait de Montmartre un quartier pas comme les autres. Enormes, les descriptions de scènes de vie que peint Philippe Loubry. Lorsque Elise sort un peignoir en soie de son placard (il y a toute une histoire concernant ces peignoirs…), le lecteur sent son parfum dans cette pièce d’un appartement parisien, la fumée froide (il ne fallait pas adresser la parole à Elise avant ses premiers cafés et cigarettes…), l’odeur des boules anti-mites dans l’armoire ; il entend le grincement des dalles en bois lorsque Elise traverse la pièce. La force des images qu’évoque Philippe Loubry est incroyable.

Philippe grandit dans ce monde où le Commissaire Broussard est surnommé « tête de c.. » et où la mort de Mesrine sera pleurée un peu plus tard, où se côtoient le monde de la nuit et les ouvriers du jour aux mains lourdes et marquées par une vie de travail, où règne une moralité certes propre à ce monde, mais une vraie moralité avec de vraies valeurs, et avec chaque page que l’on tourne, on prend davantage plaisir à accompagner Philippe Loubry dans son voyage dans ses souvenirs d’une vie dans ce quartier où ces vraies valeurs, simples et justes, avaient encore cours.

On ne voit pas les années passer dans ce récit d’une sensibilité hors du commun, bien cachée derrière une repartie crue, parfois brutale – Titi est passé par là. C’est Elise qui apprend à vivre au jeune Philippe et on verra plus tard qu’il a absorbé toutes les leçons, comme une éponge.

Vient le jour où Elise, cette grande dame qu’on aurait tous aimé rencontrer, quitte ce monde ; et la vie ne sera plus la même pour Philippe. Dans la vie comme dans ce merveilleux livre. La fluidité romanesque cède la place à une deuxième partie de ce livre qui se détache de plus en plus de cette belle narration de la vie de ce quartier de Montmartre.

Cette deuxième partie du livre est, elle aussi, partagée en deux sous-parties. Philippe Loubry poursuit d’abord avec des considérations sur les grands concepts de la vie, par de courts textes sur la mort, la vie, les valeurs, l’amour. Ceux qui ont lu attentivement la partie romanesque de ce livre y retrouvent les leçons données par Elise, d’une profondeur surprenante, d’une force incroyable. Et vers la fin, Philippe Loubry termine sur une série de plus de 400 aphorismes, des phrases d’une sagesse et d’une sensibilité immenses, des citations, le condensé de la sagesse d’une femme et d’un quartier ayant survécu à deux guerres mondiales, aux drames humains, à la richesse comme à la pauvreté et qui, grâce aux personnages comme Elise, survivra aussi aux tempêtes de l’avenir.

La Claque et le bonbon est un livre vrai, superbement écrit, un voyage qui évoque ce Paris d’Arletty, de Jean Gabin, d’Edith Piaf (pas vraiment la préférée d’Elise…), et aussi la jeunesse d’un homme qui, à travers ce livre et malgré cette attitude très « Titi », dévoile une sensibilité et un romantisme urbain qui vaut le coup d’être découvert. Sincèrement, à recommander sans retenue !

Vous pouvez commander ce livre directement chez l’auteur en le contactant en cliquant sur CE LIEN !

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