Enfin!

Le Land Bade-Wurtemberg, en la personne de son ministre-président Winfried Kretschmann (Verts) a décidé de venir en aide aux hôpitaux saturés en Alsace. Espérons que son appel sera suivi !

Le Bade-Wurtemberg propose d'accueillir des patients français. © 4028mdk09 / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 3.0 Le Bade-Wurtemberg propose d'accueillir des patients français. © 4028mdk09 / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 3.0
 (KL) – Il était temps : l'Allemagne, et plus particulièrement, le Land Bade-Wurtemberg se sont souvenus d'une idée ancienne qui s'appelle « l'Europe » et même d'une deuxième qui, elle, est nommée « coopération franco-allemande ». Pour venir en aide aux hôpitaux alsaciens qui sont déjà totalement débordés, le gouvernement du Bade-Wurtemberg a envoyé un courrier à tous les hôpitaux du Land en leur demandant de mettre à disposition des malades alsaciens les plus graves, des lits équipés d'appareils respiratoires. Après toutes les maladresses des dernières semaines, enfin un signal solidaire en provenance de l'autre rive du Rhin !

Ce sera le Regierungspräsidium de Freiburg qui sera en charge de la coordination entre les hôpitaux pouvant accueillir quelques patients et les hôpitaux alsaciens qui doivent impérativement libérer des lits pour pouvoir accueillir d'autres patients. La Deutsches Rotes Kreuz, la Croix Rouge allemande, a déjà annoncé son soutien pour cette opération, et ce soutien risque d'être extrêmement important, déjà pour un transport sécurisé depuis les hôpitaux alsaciens et les hôpitaux allemands qui accepteraient d'accueillir des patients français.

Cette offre généreuse ne vient pas de nulle part. Après les dernières semaines où l'Allemagne avait pris unilatéralement et sans concertation bon nombre de mesures, comme celle de la fermeture des frontières, les relations franco-allemandes sont au plus bas. Depuis le début de la semaine dernière, des contacts avaient été pris entre les administrations alsaciennes et leurs homologues du Bade-Wurtemberg pour voir ensemble dans quelle mesure on pouvait se soutenir mutuellement. Ce sont les départements, mais aussi d'autres collectivités qui avaient insisté auprès des partenaires allemands, considérant qu'il n'était pas possible d'évacuer des patients dans un état critique vers des hôpitaux aussi éloignés qu'à Toulon – et avant que les relations franco-allemandes ne soient endommagées pour des décennies, le ministre-président Winfried Kretschmann a donc réagi.

Vaut mieux tard que jamais. Le Ministère de la Santé et de l'Environnement à Stuttgart nous a envoyé cette belle phrase que nous partageons volontiers avec vous : « Même si nous, dans le Bade-Wurtemberg, ne disposons que de capacités limitées, et même si nous connaissons déjà également quelques goulots d'étranglement, nous souhaitons aider nos voisins français autant que possible ».

Maintenant, on attend que le Regierungspräsidium dispatche les premier patients alsaciens sur des hôpitaux dans le Land – mais déjà, il convient d'applaudir des deux mains le changement d'attitude du Land et de son ministre-président Winfried Kretschmann. Avec ce geste dont on se souviendra plus tard, Kretschmann a initié le sauvetage de la coopération franco-allemande. Un mot – merci !

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