Kai Littmann
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

Eurojournalist(e)

Suivi par 181 abonnés

Billet de blog 22 juin 2021

Paula et Laurent

L’histoire de Paula et de Laurent aurait pu être une belle histoire. Amour, intégration réussie, perspectives familiales. Mais l’administration française en a décidé autrement.

Kai Littmann
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Paula Triana doit quitter la France le 11 juillet 2021. Seul le monde politique peut encore stopper cette folie administrative. © © Nicolas Roses

(KL) – En principe, l’histoire de Paula Triana et de Laurent Pavolini fait partie de ces histoires que l’on aime écrire et lire. Une jeune Colombienne arrive en France, fait des études brillantes à l’ENA et à Sciences Po à Strasbourg, tombe amoureuse d’un jeune Français qui est avocat et les deux projettent un avenir familial commun. Beau – intégration réussie, belle histoire d’amour, de brillantes perspectives professionnelles et familiales. Une belle histoire, jusqu’à ce que l’administration française s’en mêle.

Paula Triana, 28 ans, hautement diplômée, demande donc un titre de séjour « Vie privée et famille » – logique, puisqu’elle mène sa vie privée à Strasbourg et elle veut y fonder une famille avec l’homme avec lequel elle est pacsée. Quel autre titre aurait-elle pu demander ? Résultat de cette démarche administrative : un ordre de quitter la France le 11 juillet 2021. L’expulsion, alors que la Colombie connaît depuis plusieurs mois un regain de violences qui alarment ONG et organisations internationales.

La raison : malgré les preuves produites de leur communauté de vie (témoignages, photos, billets d’avion, correspondance avec la belle famille, etc.) ainsi que d’intégration en France de Paula, qui est notamment activement engagée dans une association strasbourgeoise d´aide à l’insertion professionnelle des jeunes, la Préfecture estime que ces éléments sont insuffisants, sans expliquer pourquoi, ni ce qu’il faudrait prouver de plus !

Le fait que Paula ait rendu visite à ses parents en Colombie (pour Noël !), est par ailleurs considéré comme une « preuve » que son centre de vie ne se trouve pas en France. Incroyable.

Mais où va la France si elle souhaite se défaire d’éléments aussi brillants que cette jeune Colombienne qui détient un Master 2 en Droit, Economie et Gestion de Science Po, l’une des meilleures écoles du domaine en France ? Qui est pacsée avec un Français en situation stable, en couple, avec des projets professionnels et privés ? Comment est-ce qu’une administration peut faire preuve d’aussi peu de flexibilité pour ordonner à cette jeune femme de quitter le pays, en prenant même le risque de briser un couple ?

Puisque l’administration se montre intraitable, le monde politique a été saisi et il doit intervenir rapidement. Car maintenant, c’est la course contre la montre. Une course qui oppose le bon sens à la française à la rigidité administrative à la française. Mais pour Paula Triana et Laurent Pavolini, il ne s’agit pas d’une course, mais de leur projet de vie. Espérons que cette histoire se termine bien pour Paula et Laurent et que ce cauchemar administratif puisse cesser…

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Gauche(s)
Parlement : ce que peut espérer la Nupes
Et si la gauche devenait la première force d’opposition au Palais-Bourbon en juin prochain ? Un scénario plausible qui pourrait, dans une certaine mesure, transformer le paysage politique, explique Olivier Rozenberg, spécialiste de la vie parlementaire.
par Pauline Graulle
Journal
Ukraine : divisé, le monde occidental peine à dessiner une issue
Alors que le spectre d’un conflit long se précise, faut-il continuer, et jusqu’à quand, à livrer des armes à Kyiv ? Est-il encore possible de ménager une « porte de sortie » à Vladimir Poutine pour faciliter de futures négociations de paix ? Aux États-Unis comme en Europe, des dissensions commencent à affleurer sur ces sujets clés.
par Ludovic Lamant
Journal — Migrations
La guerre a déplacé des milliers d’orphelins et d’enfants placés
Les enfants représentent, avec les femmes, la majeure partie des déplacés internes et des réfugiés ukrainiens. Dans l’ouest de l’Ukraine, des orphelins de la guerre et des enfants placés tentent de se reconstruire une vie, loin de leur maison et de leurs habitudes.
par Nejma Brahim
Journal
Législatives : des candidats de la majorité préfèrent s’afficher sans Macron
Contrairement à 2017, où la plupart des candidats macronistes avaient accolé la photo du président de la République à côté de la leur, nombre d’entre eux ont décidé cette année de mener campagne sur leur propre nom. Face à la gauche et à l’extrême droite, certains veulent éviter d’agiter « le chiffon rouge ».
par Ellen Salvi

La sélection du Club

Billet de blog
Bifurquer, c'est tout le temps à refaire (et ça s'apprend)
Je suis diplômée ingénieure agronome depuis décembre 2019. On m'a envoyé mille fois la vidéo du discours des diplômés d’AgroParisTech qui appellent à bifurquer et refusent de travailler pour l’agro-industrie. Fantastique, et maintenant ? Deux ans après le diplôme, je me permets d'emprunter à Benoîte Groulte pour répondre : ça dure toute la vie, une bifurcation. C'est tout le temps à refaire.
par Mathilde Francois
Billet de blog
Remise des diplômes AgroParisTech : appel à déserter
Lors de leur cérémonie de remise de diplôme, huit jeunes ingénieur·es AgroParisTech ont appelé leurs camarades de promotion à déserter de leurs postes. « N'attendons pas le 12ème rapport du GIEC qui démontrera que les États et les multinationales n'ont jamais fait qu'aggraver les problèmes et qui placera ses derniers espoirs dans les révoltes populaires. Vous pouvez bifurquer maintenant. »
par Des agros qui bifurquent
Billet d’édition
Hebdo #123 : Parole à celles et ceux qui ont déjà bifurqué
À la suite du retentissant appel des jeunes diplômés d’AgroParisTech à déserter les postes dans l’agro-industrie, nous avons recueilli de nombreux témoignages d’anciens étudiants « en agro » devenus paysans, chercheurs, formateurs, etc. Ils racontent leur parcours, les embûches et leur espoir de changer le système. Bifurquer, c’est possible. Mais il faut s’organiser !
par Sabrina Kassa
Billet de blog
Prendre les chemins de traverse… mais à plusieurs !
Nous sommes un collectif d'une petite dizaine de personnes, qui avons décidé, à la fin de nos études en politiques locales, de prendre à bras le corps les questions climatiques, énergétiques, sociales de demain, pour y trouver des réponses radicales. Voilà l'histoire de notre parcours, depuis notre rencontre en 2018, sur les bancs de l'université.
par Collectif La Traverse