Un hommage à toutes les équipes soignantes

Le photographe Nicolas Rosès a pu se rendre à la Clinique de l'Orangerie à Strasbourg qui a été transformée dès le 21 mars en « unité dédiée aux confinés du Covid-19 ». Reportage.

Unité de soins à la Clinique de l'Orangerie à Strasbourg. © Nicolas Rosès Unité de soins à la Clinique de l'Orangerie à Strasbourg. © Nicolas Rosès
 (Nicolas Rosès / KL) – Les chiffres que l'on entend à la télévision ou à la radio sont une chose. La réalité dans les unités de soins cliniques en est une autre. Accueilli par le directeur de la Clinique de l'Orangerie Patrick Wisniewski et son assistante Valérie Fabre, Nicolas Rosès a pu prendre des informations de première main et photographier les réalités d’un un tel service.

C'est le 15 mars que la Clinique de l'Orangerie a reçu la demande de l'ARS et de la « Cellule de coordination territoriale de réanimation Covid-19 » d'augmenter le capacitaire de réanimation pour y accueillir des malades du Covid-19 de Strasbourg et environs. La réactivité de cette clinique privée était impressionnante : en seulement quelques jours, les activités habituelles de la clinique avaient été déprogrammées, les lits en unité de surveillance avaient été transformés en lits de réanimation avec tous les équipements nécessaires à la réanimation de malades du Covid-19, et le 21 mars, le premier patient Covid-19 a pu être accueilli.

Depuis, les équipes sauvent des vies, tournent avec un engagement exceptionnel et soutiennent activement la gestion de la situation particulièrement dramatique en Alsace. En journée, les kinésithérapeutes travaillent avec les patients, jour et nuit deux anesthésistes-réanimateurs sont sur place pour intervenir immédiatement lorsque cela est nécessaire. Mais il n'y a pas que les médecins, infirmières et aide-soignants qui s'occupent des patients ; le personnel assurant la propreté et la désinfection est tout autant sur le pont : chacun y a son rôle à tenir, et cette unité construite en l'espace de quelques jours ne peut fonctionner qu'à condition que tout un chacun s'engage de cette façon. « On a du réaffecter des personnels qualifiés rapidement », explique le directeur Patrick Wisniewski - et ceci n'a pas du être facile. Transformer en quelques jours une clinique où tous les ans, 100 médecins et 300 collaborateurs traitent 16000 patients en une unité de soin dédiée aux patients du Covid-19, ce n'est pas une mince affaire.

Arrivé sur place, Nicolas Rosès se déshabille pour revêtir une tenue de personnel soignant, obligatoire dans ces conditions sanitaires extrêmes. Ainsi vêtu, il a pu documenter le travail des équipes soignantes et la structure mise en place. Impressionnant ! « J'ai vu des équipes totalement concentrées, professionnelles et engagées. Tout le monde y était bien équipé, le personnel qui désinfectait les chambres des patients également. Je me demande comment la clinique a pu installer en si peu de temps tous ces équipements techniques et faire en sorte que du jour au lendemain, cette nouvelle unité puisse fonctionner ainsi. » Bien sûr, parmi les équipes, il y en a qui ont les yeux fatigués, à la fois à cause de la lourde charge de travail et bien entendu, aussi, par la tension psychologique qu’entraîne le fait d'évoluer au milieu d'une telle unité, où les patients se trouvent entre la vie et la mort. « La transparence de la direction de la clinique, l'accueil ouvert et sympathique par Monsieur Wisniewski et Madame Fabre qui ont tout de suite compris l'intérêt de ce reportage, cet hommage, au cœur... d'une telle structure. C'est ici que je me suis rendu compte à quel point l'intégralité du corps médical dans la région est mobilisée pour combattre ce virus et apporter des soins aux patients les plus gravement touchés », dit Nicolas Rosès. « Et plus que ça : hormis tous les aspects techniques où on se rend compte qu'une structure high-tech est mobilisée pour les patients, j'ai vu beaucoup de gestes très humains, malgré la pression qui règne dans une telle unité. Même par temps de catastrophe sanitaire, les soignants font toujours autant preuve d'altruisme et d'humanité ! »

Bien entendu, la Clinique de l'Orangerie n'est qu'un exemple pour la mobilisation du corps médical dans la région. « Ce sont des héros et en applaudissant à 20h tous les soirs, j'ai ces images en tête de personnes totalement dédiées à protéger la vie des patients, qui travaillent avec abnégation et professionnalisme. » Espérons qu'une fois cette pandémie sous contrôle, on n'oubliera pas qui aura sorti la France et le monde de cette crise. Espérons qu'on ne verra plus jamais de soignants se faire gazer lorsqu'ils demandent, à juste titre, des conditions de travail dignes de ce nom et une reconnaissance pour les métiers parmi les plus difficiles du monde.

Regardez cette vidéo qui nous montre les réalités du Covid-19, et vous comprendrez aussi que le respect des consignes de confinement et de la distanciation sociale n'est pas un luxe, mais un impératif absolu. Les patients et le personnel soignant ne font pas semblant. Il se battent pour la survie. Pour la vie, tout court.

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