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Billet de blog 23 avr. 2021

L’eSport et les JO : mariage possible ?

Est-ce que l’eSport aura un avenir olympique ? Les discussions vont de bon train – toutefois, ces discussions viennent trop tôt pour les Jeux Olympiques à Paris en 2024.

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Compétition eSport © Yrrah2 / Wikimedia Commons / CC-BY-SA 4.0int

(XP School) - L’eSport n’est pas un phénomène nouveau. Déjà, dans les années 70, on pouvait assister aux premières compétitions de jeux vidéo. Les « LAN Party », ces événements où les joueurs amènent leur propre ordinateur pour s’affronter nuit et jour, se font de plus en plus fréquents à la fin des années 90. En France, des événements comme la « Gamers Assembly » en 2000, rassemblent déjà des centaines de joueurs, néophytes ou aguerris. De son côté, l’ESWC, l’Electronic Sport World Cup, a organisé sa première compétition en 2003 au Futuroscope de Poitiers. En vue du grand succès des eSport au niveau mondial, le Comité International Olympique (CIO) réfléchit à voix haute quant à une possible intégration des eSports dans le programme olympique.

L’eSport ne se vit pas qu’en jouant aux jeux vidéo. Depuis quelques années, les plus grands événements se déroulent dans des salles de concert ou des stades, devant des milliers de spectateurs et des millions de téléspectateurs.

Selon une note de la banque d'investissement américaine Goldman Sachs datant d'octobre dernier, l'eSport atteindra les 300 millions de téléspectateurs en 2022, une audience comparable à celle de la NFL, la Ligue professionnelle de football américain.

Cette évolution spectaculaire a été rendue possible principalement grâce à la plateforme « Twitch », site web de streaming créé en 2011 et racheté par le géant Amazon en 2014, qui permet de diffuser dans le monde entier, les compétitions qui se déroulent chaque jour, touchant ainsi un large public.

La société Intel a annoncé récemment l’organisation d’un tournoi d’eSport qui aurait lieu en ouverture des Jeux Olympiques de Tokyo. A condition que ces Jeux, déjà reportés à cause de la Covid-19, puissent avoir lieu dans deux mois, ce qui semble fortement compromis. Les jeux choisis pour cette compétition sont « Street Fighter V » et « Rocket League ».

Ce ne sera pas la première fois que l’eSport aura fait son apparition dans le cadre d’une grande manifestation sportive. En effet, lors de la dernière édition des Jeux d'Asie du Sud-Est (SEA) en 2019, le Comité Olympique des Philippines avait déjà organisé une compétition d’eSport, déclinée en six épreuves, à savoir deux épreuves dans la catégorie Console, deux en PC et deux sur Mobile.

L’annonce de cette compétition en ouverture des JO à Tokyo a suscité de l'espoir chez les amateurs d'eSport. Si déjà le Président du Comité International Olympique Thomas Bach estime « qu’une intégration d’eSport dans le programme olympique ne serait qu’une question de temps, en vue de l’impact culturel et économique » de la discipline, on comprend que l’essor d’eSport ne se limite pas à l’Asie, mais concerne le monde entier.

Si pour les Jeux 2024 à Paris, le CIO a préféré le breakdance, le skateboard, le surf et l'escalade à l’eSport comme nouvelles disciplines olympiques, il y a de fortes chances à ce que l’eSport puisse faire son entrée dans le programme olympique lors des Jeux 2028 à Los Angeles.

Concernant une possible compétition d’eSport lors des JO 2024 à Paris, les décisions ne sont pas encore prises. En début de l’année prochaine, la Ville de Paris et le CIO reprendront leurs discussions à ce sujet. En attendant de connaître les résultats de cette concertation, certains observateurs n’hésitent pas à renverser la question : l’eSport a-t-il besoin des Jeux Olympiques ? Est-il vraiment intéressant de tenter un « mariage forcé » ? Même parmi les gamers, tout le monde n’est pas nécessairement enthousiaste de voir eSport faire partie de la « famille olympique ». Considérant que la croissance du marché du jeu compétitif semble inarrêtable, est-ce que l’eSport ne représente pas déjà un monde à part qui n’aurait pas besoin de la reconnaissance olympique pour exister ?

En principe, le Comité International Olympique est ouvert à l’intégration de l’eSport au programme des Jeux Olympiques. Est-ce que ce sera déjà à Tokyo ? A Paris ? A Los Angeles ? Si les décisions définitives ne sont pas encore prises, une chose est cependant claire – l’eSport a effectivement un avenir olympique qui l’attend !

Cet article a été rédigé et produit par les élèves de la XP School à Strasbourg. Ce travail collectif a été mené par Lyacine Boulakhras, Gurvann Chauvin, Florian Deullin–Treps, Clément Lazari, Nathan Maniwczak, Raphael Michelon, Paul Risch, Lucas Sobczak, Benjamin Thiery, Alexis Thorwarth et David Trinh.

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