L’Allemagne oublie ses enfants

Un rapport du « Kinderschutzbund » (DKSB, Fédération pour la protection des enfants) tire la sonnette d’alarme. Environ 4,4 millions d’enfants en Allemagne vivent dans la précarité.

Les époques changent, les problèmes restent les mêmes... © Nationaal Archief / Wikimedia Commons / PD Les époques changent, les problèmes restent les mêmes... © Nationaal Archief / Wikimedia Commons / PD
(KL) – C’est indigne pour un pays qui se présente partout comme exemplaire. Le « modèle allemand », fondé sur l’austérité et « les marchés », ne fonctionne pas – environ 4,4 millions d’enfants en Allemagne vivent en précarité avec toutes les conséquences que cela implique : difficultés dans la scolarité, maladies, problèmes sociaux. Le « Kinderschutzbund » (Fédération pour la protection des enfants, DKSB) demande au gouvernement fédéral de combattre la pauvreté d’enfants avec des mesures concrètes et des réformes administratives.

Jusqu’à aujourd’hui, on pensait que 3 millions d’enfants vivaient en pauvreté en Allemagne, ce qui est déjà un chiffre absolument indigne pour un pays aussi riche que l’Allemagne. Mais un nouveau rapport du DKSB fait état de 4,4 millions d’enfants, car environ 1,4 million d’enfants concernés vivent dans des familles qui échouent devant la complexité administrative pour demander des aides d’état auxquelles elles auraient droit et qui, par conséquent, n’apparaissaient pas dans les statistiques officiels.

Pour le DKSB, les raisons pour cette pauvreté d’enfants sont claires: « Souvent, les parents sont dépassés par les procédures administratives ou ne demandent pas les aides auxquelles ils ont droit parce qu’ils ont honte ». Lorsque les parents sont stigmatisés par la pauvreté, ce sont les enfants qui paient le prix fort.

Pour le DKSB, c’est au gouvernement d’agir et ce, rapidement. Ainsi, la fédération demande des réformes qui assureraient que les familles ayant droit à des prestations de l’état, puissent réellement et facilement toucher ces aides. Il convient donc d’alléger les procédures administratives au lieu de les compliquer sans cesse. Ensuite, le DKSB demande une augmentation des allocations concernant les fournitures scolaires en souhaitant que le gouvernement définisse un budget précis pour ça. Et, de manière plus générale, le DKSB et 13 autres organisations caritatives demandent la mise en œuvre d’une aide sociale pour enfants qui devrait être calculée sur les besoin réels.

Il est surprenant de voir que le pays qui a encore annoncé fièrement hier être le « champion du monde des exportations » ne sache pas s’occuper de ces enfants. Déjà sous pression dans une société vieillissante, l’Allemagne aurait tout intérêt d’assurer que les prochaines générations grandissent dans les meilleures conditions en ayant accès à toutes les offres en matière de formation et de formation professionnelle. On dépense un « pognon fou » pour tout et n’importe quoi, tout en privant une bonne partie des enfants des chances égales.

Le problème est toujours le même : on administre la pauvreté en inventant en permanence de nouvelles procédures de contrôle et de surveillance, de peur que quelqu’un puisse « abuser » des prestations de l’état. Mais il ne faut pas gérer la pauvreté, il faut la combattre. A une époque où on augmente les budgets de défense, où on claque de centaines de millions d’euros pour des sommets inutiles, où on baisse les impôts pour les plus fortunés, les chiffres de la pauvreté des enfants en Allemagne constituent tout simplement une honte. Le « modèle allemand » n’en est pas un – au contraire. Vous trouverez de plus amples informations (en langue allemande), si vous CLIQUEZ ICI !

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