Le Labour dans la tourmente des européennes

Alors que les Britanniques votent ce jeudi 4 juin pour élire leurs représentants au Parlement européen, la défaite du parti travailliste est déjà annoncée dans la plupart des journaux anglais. Plus qu'une défaite, c'est une véritable «raclée», que pourrait endurer le Labour à la sortie du scrutin. Plusieurs sondages lui prédisent un score situé entre 16% et 17% des voix. Avec un tel résultat, le Labour arriverait en troisième position, derrière l'UK independent party, un parti anti-européen, et le parti conservateur, annoncé à 30%.

 

Lors des précédentes élections européennes en 2004, le Labour avait enregistré un score de 22,5% des voix, alors que le parti conservateur engrangeait 26,7% des voix. A l'époque déjà, le Labour avait perdu six sièges. Si les sondages se confirment, les travaillistes pourraient également céder cette année six des dix-neuf sièges occupés actuellement à Strasbourg. Cette redistribution interviendrait alors que le nombre de sièges alloué pour le Royaume-Uni passe de 78 à 72, par rapport aux dernières élections, en raison de l'élargissement de la communauté européenne.

 

«Il n'y a rien d'aussi vivifiant qu'un bain de sang matinal» © Steve Bell for The Guardian, 2009 «Il n'y a rien d'aussi vivifiant qu'un bain de sang matinal» © Steve Bell for The Guardian, 2009

«Il n'y a rien d'aussi vivifiant qu'un bain de sang matinal.» Steve Bell, The Guardian.

 

 


Dans une proposition de loi enregistrée à l'Assemblée national le 19 mai dernier, c'est justement le caractère inconstitutionnel de ce décret qui est remis en cause par huit députés du parti socialiste et du Parti de gauche. Cette proposition de loi souligne que «ce principe à valeur constitutionnelle (…) s’impose donc au législateur et a fortiori au pouvoir réglementaire qui ne pouvait donc pas ratifier l’accord intervenu avec le Vatican sans avoir préalablement fait réviser la Constitution. Or tel n’a pas été le cas.». Les députés mettent en lumière également l'atteinte à la neutralité de l'Etat face aux religions: «la loi du 9 décembre 1905 [relative à la séparation de l'Eglise et de l'Etat], en imposant à l’État la neutralité religieuse, vise à établir une stricte égalité de traitement entre les cultes. Cette égalité est rompue, dès lors qu’un culte particulier voit reconnus publiquement les seuls diplômes, y compris « ecclésiastiques », qu’il délivre. On n’ose imaginer les revendications à venir, au nom d’autres religions.»

 

 

Aux questions posées par les parlementaires s'ajoutent les doutes de l'UNSA-éducation. Interrogée par Ouest-France lors de la signature de l'accord en décembre 2008, le syndicat a également remis en cause la démarche employée pour y parvenir: «Le ministre des Affaires étrangères aurait-il compétence pour gérer l'enseignement supérieur?»

 

 

L'ensemble de ces interrogations, à la fois sur la remise en cause de la laïcité et sur la légalité de la signature d'un tel accord, conduit aujourd'hui l'Union des familles laïques à étudier la possibilité d'un recours en annulation du décret d'application, auprès du Conseil d'Etat.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.