Les élections européennes chez les nouveaux adhérents

Taux d'abstention record, montée des extrêmes, répétition pour des élections nationales : des caractéristiques qui marqueraient le prochain scrutin chez les derniers adhérents à l'Union.

 

 

Abstention record en Pologne

 

Les Polonais voteront, comme les Français, le dimanche 7 juin, pour élire 50 députés européens. Les libéraux de la Plateforme civique au pouvoir actuellement sont donnés largement en tête par les sondages, avec 45% des intentions de vote. Mais la droite conservatrice pourrait aussi faire un bon score, dans un pays où la population est à 90% catholique et où les évêques ont appelé à voter pour défendre leurs positions. Il s'agit pour les Polonais du second scrutin européen depuis leur adhésion à l'Union; en 2004, seuls 21% d'entre eux se sont rendus au bureau de vote. Aujourd'hui, malgré «l'europhilie» des Polonais, les estimations leur confèrent le plus haut taux d'abstention, avec à peine 13% de participation au vote de dimanche prochain.

 

Voir : Un sondage sur les intentions de vote des Polonais
Voir : «Pologne : europhilie...et abstention eux européennes»
Voir : Une revue de presse sur les élections européennes en Pologne

 

 

«La Hongrie aux Hongrois»

 

Ces derniers mois, le parti d'extrême droite Jobbik a gagné du terrain, notamment grâce à un discours fondé sur l'amalgame entre chômage, violence et Roms. Pouvant espérer 10% des voix, ceux qui attisent la haine à l'égard d'une population déjà

 

Lourd emploi du temps électoral en Slovaquie

 

En 2004, pour sa première participation à des élections européennes, la Slovaquie a battu le record d'abstention avec seuls 2 Slovaques sur 10 ayant glissé leur bulletin dans l'urne. Le résultat du prochain scrutin laissant entrevoir une participation guère plus importante, le pays a lancé une campagne, financée par le Parlement européen, visant à encourager les jeunes à se rendre aux urnes. Le pays a d'ailleurs une emploi du temps électoral chargé cette année: les européennes sont restées dans l'ombre des élections présidentielle et régionales.
Le parti nationaliste, agitant comme une menace la présence d'une forte minorité hongroise sur le territoire, risque ici aussi d'obtenir des sièges au Parlement.

 

Voir : «Slovaquie-Hongrie : extrêmes tensions»

Voir : «Taux de participation aux élections européennes : la Slovaquie s’efforce de renverser la tendance»
Voir : Une revue de presse sur les élections européennes en Slovaquie

 

 

Un indicateur national en République tchèque

 

En pleine présidence de l'Union, le gouvernement libéral de Mirek Topolanek a été récemment démis par une motion de censure engagée par les sociaux-démocrates. Libéraux et socio-démocrates s'affrontent, chacun ayant des chances égales de gagner les élections, selon le quotidien Dnes. Enjeu national, le résultat du scrutin sera donc un indicateur de la façon dont se dérouleront les prochaines élections législatives. Mais l'euroscepticisme affiché du président Vaclav Klaus, qui juge les élections européennes «pas nécessaires», ne risque pas d'encourager les Tchèques à se déplacer. Pourtant, l'arrivée de leur pays à la tête de l'Union avait provoqué un certain regain d'intérêt pour l'Europe, qui a finalement perdue sa place sur la scène publique face aux querelles nationales. En parallèle des houleux affrontements entre les deux grands partis, les dérives populistes prospères. Le Parti des ouvriers, organisation d'extrême droite composée de néo-nazis et de skinheads, inquiète et multiplie les agressions envers des personnes roms ou issues de l'immigration.

 

Voir : «République tchèque et Union européenne : désamour toujours»
Voir : Une revue de presse sur les élections européennes en République chèque

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.