Marcopol
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Notre monde est malade, sérieusement malade. Les raisons de se résigner ou de désespérer ne manquent pas. Pour autant, faut-il cesser de croire que nous pouvons changer le monde ? N'existe-t-il pas au contraire des raisons d'espérer ?

  Diagnostic

 La description de la maladie et son diagnostic sont développés dans ces billets Que faire ? et Quel capitalisme ?

 Union des peuples

 Toute reconstruction commence par un renversement. On estimait généralement au 19ème et 20ème siècle que le moyen de renverser le capitalisme était le prolétariat parce que celui ci avait la motivation et la capacité de s'opposer au système par l'organisation (conférée notamment par une proximité géographique) et par la grève, le rendant ainsi apte à rassembler autour de lui le peuple tout entier.

 La situation du 21ème siècle diffère de celle du 19ème par plusieurs aspects:

  • le prolétariat est considérablement plus vaste, ayant absorbé quasiment toute la paysannerie,  soit 90% de la population de l'époque, et s'étant renforcé d'une branche féminine conséquente
  • bien que davantage dispersé en petites entreprises ou en divisions de grosses entreprises (éparpillées éventuellement dans plusieurs pays), le prolétariat dispose maintenant de moyens de communications qui recréent une certaine proximité. Il a atteint un niveau culturel sans précédent et beaucoup plus homogène que jamais dans le passé. 
  • avec l'accroissement inédit des différences de richesse, la base sociale du capitalisme se rétrécit au profit du prolétariat 
  • en raison des nouveaux moyens de communications et d'une plus grande concentration urbaine, il existe aujourd'hui des liens beaucoup plus serrés entre le prolétariat et les autres couches de la population (étudiants, artisans, retraités, chômeurs...). 
  • nous sommes plus riches d'une expérience historique qui nous apprend les écueils à éviter, les méthodes et la conduite à adopter, par exemple dans le processus de conquête du pouvoir. 
  • l'ampleur de la crise du capitalisme, l'évidence de sa nocivité, la compréhension de ses ravages (économiques, écologiques, humains) et de ses conséquences, suscite dans toutes les couches de la population, chez tous les peuples, une motivation que l'on n'a encore jamais vue dans l'histoire. Au travers des mouvements spontanés ça et là dans le monde (Indignados, révolutions arabes, Burkina Fasso ....), un immense besoin est en train de se dévoiler sous nos yeux à l’échelle planétaire : une soif de révolution.

Les peuples de la terre sont motivés et instruits, le prolétariat est immense, voilà les raisons d'espérer, dès l'instant que l'on comprend la nécessité urgente de s'organiser et s'unir. 

Conquête du pouvoir

Pour conquérir le pouvoir, il faut un parti dont la tâche sera de fédérer, d''organiser, d'élaborer un programme adapté aux différentes situations, de rassembler et de s’engager dans les actions offensives par la grève, par la rue, par les urnes, la communication, l’éducation populaire ... Le parti devra fonder son programme économique sur la primauté des besoins élémentaires (emploi, logement) pour tous.

 Ce parti se construira dans le processus de conquête, à partir de rien ou de partis existants. Ce parti doit grossir (par fusion, agglomération, captation...) par la vertu d'une ligne qui crée l'adhésion sans jamais faillir quand à l'objectif final, sur une plateforme (charte fondatrice) sans cesse consolidée et fédératrice.

Pour autant la prise du pouvoir au cours d’une révolution ne peut être celle d’un parti  seul, elle implique une mobilisation de l’ensemble de la population qui intervient directement sur la scène politique et prend ses affaires en main en bouleversant les institutions politiques et l’appareil d’état. Les premières mesures prises seront nécessairement une combinaison de mesures d’urgence visant à satisfaire les besoins immédiats de la population et de mesures transitoires qui jettent les bases de la société du futur.

Reconstruction

La grande Révolution Française nous éclaire de son modèle car elle a su bâtir une société nouvelle via une constituante. Voilà le chemin à suivre ! 

Plus que jamais les grands esprits et les volontés existent pour ces tâches. Elles ne peuvent être menées jusqu’au bout  dans un seul pays. Par contre qu’un peuple commence à les mettre en œuvre et l’effet d’entrainement sera d’autant plus fort que la crise du système le rend profondément instable.

Personne ne peut tracer à l’avance les étapes d’une révolution. Mais nous pouvons planter quelques poteaux indicateurs des objectifs à atteindre :

1°) La priorité des droits de la personne sur le droit de propriété, comme l’avait fait la constitution française de 93.

2°) La mise sous contrôle de la collectivité des grands moyens de production et d’échanges, avec autogestion des lieux de travail, d’étude et de vie.

3°) La limitation des inégalités économiques par la loi, avec une lutte constante contre toutes les discriminations et pour une réelle égalité sociale dans tous les actes de la vie.

4°) La démocratie politique la plus large, ce qui implique les droits d’expression, d’organisation et de manifestation, mais aussi la disparition des politiciens professionnels afin que chacun participe à la chose publique.

5°) La mise en place d’un mode de production tournée vers la satisfaction des besoins sociaux collectivement exprimés, tout en tenant compte des contraintes imposées par l’état de la planète et la survie des autres espèces. 

Rien de bien extraordinaire dans cette liste. Rien de contestable non plus. Ce sont des objectifs que les « hommes de bonne volonté » se fixent depuis les débuts de l’histoire et sans doute avant. Constatons que le capitalisme nous en éloigne de plus en plus. Il est temps de redresser le cap, c’est à dire d’affirmer clairement où nous voulons aller. C’est devenu une question de survie.

 Rédacteurs: Marcopol, Arjuna

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