Discours prononcé devant le congrès par le président de la République le 14 juillet 2014.

Mesdames et messieurs les députés et sénateurs, je viens m'adresser à vous aujourd'hui pour vous demander d'approuver le rattachement de la région wallonne à la nation française.

Mesdames et messieurs les députés et sénateurs, je viens m'adresser à vous aujourd'hui pour vous demander d'approuver le rattachement de la région wallonne à la nation française.

L'homme d'état que je suis arrive devant vous plein de l'émotion qui étonne les cœurs quand ils font face à l'Histoire. Alors, que l'histoire contemporaine est pleine de déchirements poignants, de séparations sanglantes, de révolutions guerrières, je suis fier de vous demander d'accueillir la Wallonie au sein de l'État français. Dès aujourd'hui.

Au cours des seize derniers siècles, le contour de la France –royaume ou république - a subi des modifications que les coups de butoir des guerres de conquêtes, des défaites, des replis et des partages, des colonisations et de décolonisation ont donné cette forme hexagonale augmentée des département et territoires d'outre-mer qui sont autant de couleurs vives dans le ciel de notre pays. Le sang, l'esclavage, la servitude donnèrent toujours le prix de la frontière. Chaque ville, chaque village, chaque champ, chaque montagne, chaque rivage porte les stigmates de ces luttes et les noms de ses morts résonnent en nos coeurs. Nous les pleurons encore. Il me semble que c'était hier.

Aujourd'hui est un autre jour. Les rondes collines des Ardennes et ses denses forêts, les plaines du Brabant et du Hainaut, la forteresse de Namur, les méandres de la Meuse qui roulent de Hastière à Visé, les plateaux du Luxembourg, les villes de Mouscron à Liège et de Torly à Bruxelles demandent à rejoindrent leurs voisins de Lille, de Valenciennes, de Maubeuge, de Sedan et de Charleville, leurs cousins de Nancy, de Metz, de Strasbourg, de Lyon, de Grenoble, de Nice, de Marseille, de Corte, de Perpignan, de Toulouse, de Bordeaux, de Nantes, de Brest, De Rouen, de Cayenne, de Pointe à Pitre, de Saint-Denis, de Saint-Pierre, de Pappete. Tous et toutes nous crient : nous sommes vous, vous êtes nous. Et nous vous avons entendu, pour qu'aujourd'hui soit un autre jour, aujourd'hui est notre grand jour.

Plus tard, quand nous serons très vieux et que nos arrières petits-enfants nous demanderons encore de raconter ce jour, alors nos faibles forces se décupleront et nous nous lèveront pour dire que nous y étions, ce jour d'aujourd'hui. Et ceux qui pleins de leur morosité et emplis de craintes qui n'auront pas su nous suivre irons boire leur tristesse pour avoir oublier d'être ici ce jour. Car, aujourd'hui est un autre jour.

En voisins, en amis, en parents, nous avons assisté à ce processus pénible et violent où tout l'espoir d'un futur d'un pays s'effiloche dans des ressentiments communautaires, laissant ses habitants penauds d'indignation, plein de larmes d'amertume et de soupirs de regrets. Toutefois, comme citoyens de l'Europe, vous avez sus vous forger rapidement un nouvel avenir en prenant l'initiative de vous tourner vers la France à travers un referendum populaire dont le résultat est sans ambiguité. Je ne crois pas me tromper en disant ce n'est plus une adhésion, mais une fusion que le peuple wallon attend. Et ce jour est là et c'est aujourd'hui.

Pour certains observateurs, ce ne fut pas une surprise, pour la plupart des français ce fut une révélation et pour tous au final c'est une joie. Vous étiez déjà des nôtres quand votre culture francophone venait s'intégrer et s'agréger à celle de la France. Il n'y a jamais eu de frontière pour les poètes Jacques Brel ou Emile Varharen, le grammairien Maurice Grevisse, les romanciers Georges Simenon ou Marguerite Yourcenar immortelle membre de l'Académie française, les savants Ernest Solvay ou Haroun Tazzieff, pour ne citer qu'eux. Nuls Alpes, nul Rhin, nul Pyrénées ne nous séparent et ne nous ont jamais séparés, vous avez été toujours des nôtres. Et aujourd'hui plus que toujours.

Au-delà de cette joie, chaque français est envahi d'une fierté habité par le sentiment d'une nouvelle responsabilité soutenant une exigence forte devant le travail à accomplir. Les enjeux de l'intégration ne sont pas neutres ni faciles. Il faudra arbitrer, soutenir, investir, structurer, fédérer. Mais, j'espère et j'aspire à ce que cette intégration soit empreinte de générosité, de partage et d'un volontarisme sans faille. C'est avec joie que nous vous embrassons, et cette joie est là pour vous faire oublier les vicissitudes des six années passées où vous avez vécu la douloureuse désagrégation de la Belgique… de ce pays qui était le vôtre.

Messieurs les députés et sénateurs de la région Wallonne, encore une fois (rires), nous vous accueillons sans retenue ni condition au sein de la République française. Sachez que vous ainsi que tous les citoyens français de wallonie aurez dès maintenant le soutien morale et économique de chaque français pour que vos espoirs d'avenir s'unissent aux nôtres. Vous comprendrez ce que "continuité territoriale" signifie pour vous et pour nous. Ensemble, nous serons plus forts, ensemble nous irons plus loin dans une Europe des peuples et nations.

Sachez qu'à l'issu de ce vote, vous ne serez plus nos sympathiques voisins belges, vous serez nos frères et sœurs wallons. Dès aujourd'hui, car aujourd'hui est un autre jour.

Mesdames et messieurs les députés et sénateurs, je vous demande de saluer avec chaleur et fraternité nos nouveaux compatriotes. Faisons que vos hélas d'hier deviennent des hourras d'aujourd'hui.

Vive la République,Vive le France.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.