« Je veux que tout le monde m’accepte »

Un couple homosexuel sur une affiche accrochée dans la salle de l'atelier

Un couple homosexuel sur une affiche accrochée dans la salle de l’atelier

Au Maghreb, l’homosexualité n’est pas encore reconnue voire elle est rejetée. Lors du FSM,  J.B a eu le courage de témoigner et de crier haut et fort son homosexualité, suscitant un vif débat.

Par Mouna Chebil

 

 

« Les homosexuels ont besoin de vivre leur différence  », déclare J.B.*, un homosexuel tunisien de vingt ans. Ce sont des êtres  humains  comme les autres, qui veulent qu’on respecte leur choix, qui revendiquent le droit d’être différent.  « Notre seule différence est sexuelle  », souligne  J.B.

Dans les pays musulmans, l’homosexualité est rejetée  par la société. Le mariage doit se faire entre personnes de sexe opposé. Si on enfreint ces règles, on commet un péché. C’est pourquoi beaucoup d’homosexuels  refusent de s’exprimer librement. Pour la plupart, ils subissent aussi des regards méprisants et préfèrent se taire, ne pas dévoiler leur secret.

Certains, par contre, sont très courageux et ne se préoccupent pas de ce que les gens pensent d’eux.C’est le cas de J.B. qui a accepté de témoigner lors d’un atelier organisé le jeudi 28 mars au Forum social mondial. « Je suis fier d’être homosexuel et je veux que tout le monde m’accepte, a-t-il proclamé. J’ai eu beaucoup de mal à convaincre mes parents puisque  notre culture  condamne fortement l’homosexualité. Mais aujourd’hui ma famille et mes ami(e)s me soutiennent. Ils ont pris l’habitude de me voir différent ».

Tout le monde ne partage pas cet avis dans l’atelier. Certains, notamment les Maghrébins, pensent que « l’homosexualité reste un sujet tabou. Il n’est pas question de ça  chez nous ». D’autres, sans être catégoriques, s’interrogent sur le futur des enfants qui pourraient naitre de cette union. Mohamed, un participant tunisien, considère que « l’homosexualité est une maladie psychologique et que les homosexuels doivent se soigner ».  Mourad, un participant marocain, explique que « le phénomène de l’homosexualité nuit aux équilibres humains ». Ahmed qui vient d’Algérie s’oppose à ce point de vue et proclame : «Qui sommes nous pour juger les autres ? L’homosexualité est un choix personnel qu’on doit respecter, on doit vivre ensemble et œuvrer pour un monde meilleur » .

* Tous les noms ont été changés.

 

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