5. Les apparences sont trompeuses...

...raison pourquoi il vaut mieux croire que l'habit fait le moine, sans pour cela être crédule.

Il y a longtemps, un certain Jean Calvin, né natif de Noyon (Picardie) le 10 juillet 1509, important réformateur, et pasteur emblématique de la Réforme protestante du XVIe siècle, et intelligence précoce (employé comme greffier par l'évêque de Noyon à 12 ans, nommé chapelain de l'autel Notre-Dame-de-la-Gésine de la cathédrale de Noyon le 10 mai 1521, inscrit à l'université d'Orléans en 1525 ou 1526 pour y étudier le droit), entre à l'université de Bourges en 1529.

Il y a longtemps, un certain Ignace de Loyola, né natif de Loiola (en basque, et Loyola en espagnol) en 1491, eut possiblement (eut assez probablement) une intelligence précoce, mais n'eut que tardivement et après une première vie déjà accomplie, une seconde vie, “intellectuelle”, à partir de laquelle il témoigne d'une vive intelligence non parce qu'elle naît là, vers 1520, mais parce qu'on n'en a pas témoignage auparavant/ Pour lui aussi la suite est rapide et il arrive à Paris vers 1525 pour entrer dans le collège de Montaigu, dont paraît-il Érasme et Rabelais ont un souvenir horrifié, ce qui n'est le cas ni de Calvin, ni de Loyola.

Dans la décennie 1530, les deux suivent des parcours parallèles, croisent les mêmes lieux et reçoivent les mêmes enseignements des mêmes maîtres. Puis les deux suivent des voies opposées, l'un sort de l'Église catholique à-peu-près au moment où l'autre sera un des fondateurs d'un ordre religieux très vite accepté et très protégé par les deux papes qui favorisent son développement dans ses premiers temps, faut dire, ils avaient des pratiques peu orthodoxes, au point d'être parfois nommés du sobriquet de «prêtres réformés», un nom qui sent un peu le soufre...

Ces deux-là, si proches au départ de leur parcours, seront deux figures prééminentes de la Réforme, et de la Contre-Réforme.

De là à supposer que l'une est l'image de l'autre en miroir, il n'y a pas loin. Intéressant de constater que, après une soixantaine de convergence, à partir du concile dit “Vatican II”, le premier pape issu de la Compagnie de Jésus est élu près de cinq siècles après la fondation de l'ordre, au moment même où les courants “réformé” et “contre-réformé” deviennent très difficiles à distinguer.

Les apparences sont parfois trompeuses, mais l'habit fait le moine.

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